Voir supra, p
l'A B C des doubles est de la même facture et de la même époque que le Temps recouvert de Vaillant. Ces acrobaties rimatoires nous font aujourd’hui l'effet d'amusettes douloureuses, mais il faut nous résigner à ne pas comprendre certaines puérilités des hommes d'autrefois, pas plus qu'ils ne comprendraient certains de nos enfantillages !. Au surplus ces rimes équivoqués de l’A B C des doubles ont quelque chose à nous dire sur la question même de Pathelin. En effet nous avons déjà signalé le luxe de la rime comme un trait distinctif de cette farce. Nous avons même attiré l'attention du lecteur sur la prodigalité des rimes dans les cinquante premiers vers de Pathelin, nous y avons vu la griffe ou marque de métier qu'un versificateur expert se serait plu à poser en tête de son œuvre. Dès lors il ne sera pas sans intérêt de montrer comme Pathelin rivalise de près avec ce tour de force rimé qui s’appelle l'A B C des doubles. Voici quelques uns seulement des exemples que nous pourrions citer :
Puis que point n'en eschapperons Laissons robbes et chapperons
Des robbes et des chapperons Se Dieu plaist nous eschaperons (Path., 37-39)
Ne soit nul en France ou Espaigne Comme le teigneux qui hait peigne (A B C, 485-86)
Autant que Charles en Espaigne
Que nous vault cecy ? Pas enpeigne (Path., 27-28)
S'aucun dit : Frere que faiz tu ?
Tu voiz en mon œil ung festu (A B C, 600-01)