ALTÉRATIONS SECONDAIRES
Les matières extractives sont relativement abondantes; le rapport de l’azote uréique à l’azote total est défectueux. Le point cryoscopique tend à s’éloigner de 0.
Bien faites pour expliquer les relations des tares digestives et des retards de la nutrition, ces constatations permettent de prévoir une augmentation de la toxicité urinaire, que l’expérience vérifie.
Quant aux chlorures, leurs proportions fléchissent. Suivant, du reste, leur rétention ou leur élimination, ces corps jouent le rôle d’une pompe tantôt aspirante, tantôt refoulante.
Toutefois exacte à certains points de vue, cette comparaison n’en est pas moins boiteuse, car, loin de se montrer dialyseurs inertes, les membranes traversées par ces flux osmotiques interviennent par leur propre vitalité : l’eau qu’entraînent ces matières minérales contient en dissolution une foule de principes qui s’éliminent sous l’influence du courant qu’elles provoquent.
Peau. — Quelques-unes de ces substances d’origine digestive, les acides gras, les sels, l’urée, sortent par la peau, qui, chez les animaux de Gharrin, était sèche, recouverte de poils ternes, mal peignés.
Les poussées d’érythème, d’urticaire, d’eczéma au cours du botulisme mettent en évidence les rapports fonctionnels entre la peau et la muqueuse intestinale.
En traversant le derme et les glandes, ces principes, anormaux par leurs qualités et leur quantité, créent des lieux de moindre résistance promptement envahis par les parasites du revêtement externe.
Au dire de Calsé, impressionnés par ces principes, les nerfs cutanés engendrent des œdèmes vaso-moteurs.
Muqueuse respiratoire. — Les produits volatils du contenu du tube digestif prennent en partie la voie bronchopulmonaire.
PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
Des physiologistes admettent qu’à l’état normal, en dehors de l’acide carbonique, aucun élément toxique ne s’élimine par cette voie. Tel n’est pas l’avis de Brown-Séquard et de d’Arsonval ; telle n’était pas l’opinion de Schilf, qui démontrait la sortie de l’ammoniaque et de l’acétone par la respiration normale.
En tout cas, dans le domaine de la pathologie, des substances sortent parles bronches, ainsi que le démontrent l’observation de diabétiques comateux et le fait prouvé par Charrin, que l’eau de condensation des gaz expirés par les tuberculeux est pyrétogène.
Muqueuse intestinale. — Une loi que Ton pourrait appeler, dit Charrin, loi d’auto-fonction, veut que des matières issues du jeu d’un organe déterminé actionnent son fonctionnement : l’urine est diurétique ; l’extrait du suc thyroïde active ses échanges; la salive, le suc gastrique, le suc intestinal donnent des résultats analogues.
Dès lors, chez les animaux recevant le contenu intestinal sons lapeau^ il n’est pas surprenant d’observer, dans l’épaisseur de la muqueuse du tube digestif, une hyperémie manifeste, des débuts de cariolyse nucléaire et un travail de sécrétion exagéré.
L’intestin s’associe donc, en tant qu’appareil éliminateur ou antitoxique, à la lutte contre les matériaux morbides qu’il renferme.
Ceci nous explique les crises gastriques et intestinales que l’on observe si souvent dans l’auto-intoxication gastrointestinale humaine.
Tel est en résumé le beau travail de Charrin et de ses élèves sur l’auto-intoxication expérimentale, admirable travail qui a élucidé bien des points encore obscurs de la symptomatologie de l’auto-intoxication.