ENTÉRITES CHRONIQUES GLAIREUSE ET MUCO-MEMBRANEUSE
Nous avons démontré (1) que, contrairement à l’opinion habituelle, ces entérites sont aussi de nature infectieuse, ce qui nous est prouvé par la clinique, par l’anatomie pathologique, par la bactériologie, par l’étiologie, enfin par la contagiosité indéniable de cette maladie.
Cette infection de la muqueuse de l’intestin estaccompa^
(1) Combe, Trailement de l’entéi'lle muco-membraneuse, 1906i
gnée et quelquefois même précédée par une augmentation souvent énorme des putréfactions azotées dans le côlon et d’une diminution évidente des défenses de première ligne, ce qui explique les symptômes considérables d’auto-intoxication dont souffrent ces malades, symptômes que beaucoup d’auteurs déclarent être d’origine nerveuse.
Dernièrement encore, Van Embden a soutenu cette idée en s’appuyant sur une étude fort intéressante des cellules éosinophiles, que l’on trouve si habituellement dans les fèces des rnuco-membraneux.
Après avoir indiqué que ces éléments se rencontrent, avec une abondance variable, dans le contenu intestinal de sujets atteints d'affections les plus diverses (helminthiase, catarrhes aigus ou subaigus de l’intestin, constipation chronique après administration de séné, etc.), — ce qui enlève toute valeur diagnostique à leur constatation (Combe) , — il fait observer qu’on les trouve aussi fréquemment dans la colite muqueuse et pseudo-membraneuse.
Se basant sur ces faits, Yan Embden établit entre cette variété de colite et l’asthme nerveux un rapprochement intéressant qui nous paraît devoir être signalé :
« Dans l’asthme nerveux, en effet, on rencontre également des leucocytes éosinophiles, qui, à vrai dire, sont mononucléaires.
« Il existe, continue Van Embden, d’autres points de contact entre ces deux affections : l’une et l’autre surviennent par crises, s’accompagnent de phénomènes spasmodiques douloureux, frappent des sujets nerveux, se réveillent sous l’intUience des émotions ou de toute cause irritative légère et aboutissent à l’expulsion d’un produit sécrétoire spécial.
« 11 est donc à présumer, conclut l’auteur, que ces deux maladies relèvent d’un trouble nerveux encore inconnu. »
Ce raisonnement n’a pas changé notre manière de voir.
Nous avons, il est vrai, comme Van Embden, trouvé
souvent des cellules éosinophiles dans les fèces des entéritiques chroniques.
Mais nous les trouvons aussi et bien plus nombreuses dans les entérites glaireuses, dans l’entérite blennorragique, et pourtant personne n’en tirera la conclusion que ces malades sont d’origine nerveuse.
Nous devons donc en conclure que la présence des cellules éosinophiles est loin de pouvoir servir de critérium des affections nerveuses de nos muqueuses.
Par contre, la putréfaction abondante qui accompagne l’entérite chronique et qui se caractérise par une augmentation considérable des sulfoéthers et des substances aromatiques urinaires explique fort bien les symptômes nerveux, tout en démontrant l’auto-intoxication digestive.