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I.es hémorroïdes sont fréquentes même chez les enfants

172 SYMPTOMATOLOGIE DE L’AUTO-INTOXIGATION INTESTINALE.

G. - SELLES DANS L’AUTO-INTOXICATION

Les selles sont ou bien constipées, dures, ovillées, ou tubulées et de petit calibre, ou bien molles, en purée ; elles contiennent souvent des glaires, des membranes, du sable, et dégagent une odeur fétide très accentuée.

L’examen macroscopique de la selle permettra souvent d’y trouver les membranes caractéristiques de l’entérite membraneuse.

L’examen microscopique nous démontrera la dyspepsie et sa nature par les résidus alimentaires indigérés ; il nous fera découvrir les œufs de parasites, etc.

L’examen physiologique de la fermentation précoce nous renseignera sur l’intolérance pour les amylacés.

L’examen bactériologique enfin nous apprendra les modifications de la tlore intestinale et le degré de la putréfaction qu’elle a développée.

Flore intestinale normale. — Nous savons en effet qu’il y a un rapport direct et intime entre l’activité physiologique de l’intestin et la composition de la flore bactérienne.

Ainsi, en suivant l’évolution de l’enfant à l’adulte, voyonsnous, à mesure que cette activité devient plus complexe, cette flore devenir plus compliquée.

Chez l’enfant normal, nourri exclusivement au sein, l’image microscopique est, comme l’ont démontré Escherich et après lui Tissier, des plus caractéristiques, en tant qu’elle montre la prédominance considérable ou presque exclusive d’une seule espèce, le Bacillus bifidus de Tissier [Coli bleu d’Escherich).

A mesure que l’alimentation se complique chez le nourrisson, nous voyons cette image se modifier et se compliquer aussi.

Chez l’enfant nourri au lait de vache, les espèces bactériennes sont non seulement différentes, mais aussi notablement plus nombreuses que chez le nourrisson au sein.

Avec l’introduction des potages farineux dans l’alimentation, on voit encore d’autres espèces (saccharolytes ou amylolytes) apparaître dans les selles, tandis que d’autres espèces diminuent ou disparaissent.

Ceci nous autorise à dire que la composition de la flore

BACTÉRIENNE DE l’iNTESTIN EST SOUS LA DÉPENDANCE DIRECTE DE L’AUMENTATION.

Si un genre alimentaire devient très prédominant, la flore intestinale deviendra elle-même plus uniform.e. A l’alimentation carnée correspond une tout autre flore qu’à l’alimentation riche en hydrates de carbone.

Tandis que, dans le premier cas, on constate la présence presque exclusive de bactéries protéolytiques anaérobies [Bacillus mesentericus, Proteus vulgaris, etc.).

Dans le second, ce sont surtout les bactéries saccharolytes ou amylolytes [Bacillus acidi lactis aerogenes^ Clostt'idium butgricum Prazmowski^ etc.) qui dominent.

Dans l’alimentation mixte, par suite de la concurrence vitale, il s’établit entre les différentes espèces antagonistes un état d’équilibre correspondant aux conditions physiques et chimiques du milieu intestinal.

Or la prédominance considérable et prolongée de certains types aux dépens des autres, prédominance causée par une alimentation trop uniforme et trop exclusive, entraîne après elle des inconvénients plus ou moins graves, car il peut en résulter une intoxication de l’organisme.

Cela est surtout vrai pour les protéolytes, qui peuvent causer, grâce aux toxines qu’ils sécrètent, une auto-intoxication digestive azotée.

Cela est vrai aussi, mais à un degré moindre, pour les saccharolytes, qui donnent naissance à des acides et qui peuvent

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provoquer l’intoxication acide de l’organisme ou acidose.

C’est pourquoi l’organisme cherche instinctivement à réagir contre une alimentation trop exclusive.

Aussi voyons-nous, comme Bunge et von Noorden le font remarquer, une augmentation constante et considérable de la consommation des aliments sucrés aller de pair avec l’alimentation moderne, beaucoup trop riche en aliments azotés (viandes et œufs).

Il y a là une réaction instinctive de l’organisme, destinée à contre-balancer les inconvénients et les dangers qui résulteraient de la flore protéolytique trop uniforme, qui en serait sans cela la conséquence forcée, et, pour parer à ce danger, l’instinct pousse l’homme à modifier son régime.

Aussi ^ lorsque V alimentation est normale^ c’est-à-dire composée d’aliments mixtes avec prédominance des hydrocarbures^ tro}ive-t-on^ dans l’intestin., une flore mixte avec prédominance des microbes aérobies saccharoly tes et amylolytes.

La plupart des auteurs modernes fixent la proportion NORMALE DES SACCUAROLYTES A 65 P. 100.

Il n’en est plus de même dans l’auto-intoxication digestive.

Flore intestinale dans V auto-intoxication digestive.

— Un premier point qu’il convient de relever, c’est que,

DANS LES SELLES DE l’aUTO-INTOXICATION, ON CONSTATE NETTE- MENT ET DANS TOUS LES CAS UNE DIMINUTION NOTABLE DES BACILLES AÉROBIES ET ANAÉROBIES FACULTATIFS [CoH, lactis acro-

yenes) et une prédominance des anaérobies stricts protéo- LYTES, tout comme cela a été constaté par Grégoroff* dans l’appendicite (I) et par Amann dans l’entérite.

Un second point est que la flore anaérobie n’est jamais uniforme, mais excessivement variée et variable suivant les

INDIVIDUS (fi g. l).

(1) Grégoroff* Thèse de Genève^ 1905, p. 89.

SYMPTOMES DE L’AUTO-LXTOXICATION LNTESTIXALE. 17o

Quels sont ces anaérobies stricts? Ce sont pour la plupart des microbes de la putréfaction ou des organismes adjuvants, comme l’ont établi les travaux de Bienstock, Achalme, Tissier et Martelly, etc.

C’est ainsi que, parmi les nombreux anaérobies que

1. — Scllo dans l’auto-intoxication intestinale (Coloration Weigert- Esctiericli).

Proteus vuhjaris. Bacillus vulvificus. Bacillus acklophilus. BaclUus mesenlevicus . Entérocoques.

nous avons l’habitude de trouver dans nos examens, le Bacillus putri/iciis de Bienstock attaque les albumines.

Le perfringens a été trouvé par Tissier dans les viandes putréfiées, comme le pulridus.

En résumé, l’analyse de la flore intestinale de l’aüto- INTOXIOÜÉ démontre LA FLOHE CARACTÉRISTIQUE DE LA PUTRÉ- FACTION ALBUMINEUSE.

IL — CRISES GASTIlO-iyTESTlNALES.

L’élimination des entérotoxines accumulées peut se faire par la muqueuse des voies digestives, sous forme* de crises paroxystiques périodiques.

Cette élimination peut se faire :

a) Par les glandes salivaires : crises de sialorrliée périodiques;

• 0) Par l’estomac : crises de vomissements périodiques ;

c) Par l’intestin : crises de diarrhées périodiques ;

(f) Par l’estomac et l’intestin : crises bilieuses périodiques.

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