FIÈVRES
Les auto-intoxiqués ont facilement une augmentation de la température normale.
Fièvre de dig^estion. — La digestion d’abord, la marche ensuite, augmentent très volontiers chez les auto-intoxiqués la température jusqu’à 37°, 8, même 38°, 3, et cela sans qu’il y ait aucune raison.
(1) SoMMERBRODT, Avch. f. kli?i. Med., XIX.
Car il suffit de modifier le régime dans le premier cas, de laisser l’enfant au lit dans le second, pour voir la fièvre se calmer et tomber d’elle-même.
Fièvre de fatîg’iie. — Si la marche ouïe jeu deviennent une véritable fatigue, alors il n’est pas rare de voir la température monter à 39“ et même au-dessus.
Fièvre de résorption. — Cette fièvre, de marche irrégulière, pouvant présenter le type inverse, maxima le matin et minima le soir, est fréquente dans l’auto-intoxication intestinale; elle est facilement diminuée par le régime lactofarineux et par les désinfections au calomel.
Fièvre intermittente g^astro-intestinale. — Cette curieuse manifestation de l’auto-intoxication intestinale a été décrite bien souvent.
Comby, qui en fait une description excellente (1), l’envisage comme une manifestation arthritique.
Heubner, Dinami et beaucoup d’autres ont au contraire insisté sur ses rapports avec l’intestin.
Pour notre part, nous en trouvons dans nos notes un nombre considérable de cas. Il y a peu de temps, nous avons observé cette forme si curieuse chez un de nos jeunes confrères russes, traité longtemps pour la malaria, malgré l’examen négatif du sang et l’insuccès de la quinine à doses énormes (3 à 4 grammes par jour). .
Cette forme morbide se rencontre le plus souvent chez les enfants; mais nous l’avons aussi observée chez l’adulte.
La fièvre survient par accès, que séparent des intervalles d’apyrexie complète ; l’accès présente presque toujours les trois stades classiques : frissons, chaleur, sueurs abondantes. Elle a donc des analogies incontestables avec la fièvre intermittente d’origine palustre.
L’affection débute après une période prodromique d’une
(1) Comby, Arthritisme chez les enfants, septembre 1901.
188 SYMPTOMATOLOGIE DE L AUTO-IlNTOXlCATION INTESTINALE.
durée de quelques heures à quelques jours et est caractérisée par un malaise vague.
Alors éclate l’accès qui débute par des vomissements chez les bébés, par des frissons chez les enfants plus âgés et chez les adultes ; puis la température monte rapidement à 39 ou 40°, et même au delà.
Cette fièvre persiste pendant dix à douze heures, rarement plus. Elle se termine par une chute thermique brusque, s’accompagnant de sueurs plus ou moins fortes.
La rate reste petite ou grandit peu.
Les accès fébriles se répètent assez rarement tous les jours , le plus souvent à des intervalles de deux ou trois jours, affectant ainsi le type quotidien, tierce, quarte, etc.
On peut même voir des périodes d’apyrexie plus longues, de huit à trente jours.
Dans les périodes d’apyrexie^ les enfants sont pâles, abattus et irritables.
On distinguera facilement ces fièvres intermittentes digestives des fièvres intermittentes palustres par l’examen du sang et de l’urine. Dans les intermittentes digestives, il y a dans le sang une hyperleucocytose, et une hypoleucocytose dans les palustres avec hématozoaires.
Dans l’urine, on trouve la réaction diazoïque négative avec beaucoup de substances aromatiques dans les fièvres intermittentes digestives ; dans les palustres, « l’Ehrlich » est positif et les coefficients aromatiques sont peu élevés.
La rate enfin est grosse dans les fièvres palustres et le plus souvent petite dans les digestives.
HYPOTHERMIE.
Un certain nombred’auto-intoxiqués ont de l’hypothermie. Chez quelques-uns, c’est uniquement dans les périodes d’apyrexie ; chez d’autres, c’est d’une manière continue. C’est la cnjesf/tésie de Dieulafoy.
SYMPKJMES DE L’AUTU-lNTüXICA ÏIQN INTESTINALE. 189
Cette hypothermie s’accompagne d’une sensation de froid continuel dans les muscles et les extrémités, et d’une cyanose plus ou moins forte des mains et des pieds.