‹ L'autobiographie de J.B. WinslowChapitre 8 sur 8 · IÔ · texte numérisé non relu

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conduite pendant environ i8 ans jusqu’à sa mort. Je lui fis aussi la même demande dans l’approche de sa fin et il me nomma pour confesseur M. PineP), son confrère, très digne éleve de feu M. Courtin et de M, Chevrolat qui étoit déjà mort quelques années auparavant. C’étoit encore un trait de la Providence pour me donner un confesseur sans mon propre choix. Ma grande consolation fut de retrouver en lui très vivement l’esprit de M. Courtin et celui de M. Chevrolat. Mais cette consolation ne fut pas de longue durée. M. Pinel mourut peu de tems après, très inopinément, par une espece de décadence que j’attribuai aux fatigues charitables et aux veilles nocturnes dont il accompagnoit toujours sa grande exactitude de remplir tout ce qui regardoit ses travaux continuels pour ce qui regardoit le séminaire, la paroisse et la communauté de Saint Nicolas du Chardonnet. C’est pourquoi après sa mort, comme quelque tems avant sa mort à l’occasion d’un voyage il m’avoit dit de m’addresser pendant son absence à M. Lefaucheur, prêtre de la même communauté, je crus devoir me présenter à M. Lefaucheur ce bon prêtre quoique alors valétudinaire, lequel après quelques réflexions me dit avec sa douceur naturelle que le cœur lui dictoit que je devois me mettre entre les mains de M, NommeP) pour l’ordinaire, et qu’il seroit toujours prêt en cas de besoin de suppléer à son défaut. Là-dessus M. Nommel, aussi de la même communauté, me reçut à bras ouverts, et je trouvai en lui ma satisfaction entière, et avec cela encore un nou-

1) Il y a un M. Pinel, parent de François Le Tellier, ancien curé de Saint-Séverin, qui a été curé de cette paroisse en 1716. Serait-ce lui dont il est ici question? Selon Winslow Pinel mourut peu de temps après de la Salle (cf. p. 162, note 3).

2) Nicolas Nommel, de Bourbonne-les-Bains (alors du diocèse de Besançon, aujourd’hui du diocèse de Langres), économe (supérieur) au Séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet du 17 juillet 1759 au 9 juillet 1765, et du 5 juillet 1768 au 2 juillet 1777. C’est à ce prêtre que nous devons la copie de l’autobiographie de Winslow. — Schænher^ 1. c. I P- 327, 343, 345, 402, 41 1-

veau trait pareil de la divine Providence. C’est pour mieux faire remarquer cette miséricorde particulière du Seigneur, qu’il m’a paru être à propos de rapporter ici, quoiqu’hors de l’ordre chronologique, toute la suite de ces traits adorables.

Mais pour revenir à l’époque de 1 702, vers Pâques de cette année, j’ouvris un Biennium de baccalaureat^) dans la Faculté de medecine de Paris sous les auspices de mes protecteurs M. l’évêque de Meaux et M. le ministre Peletier, et par l’entremise de M. Dodart, pere du Premier médecin du roi et grand-pere de M. l’intendant de Bourges^), de même nom, comme aussi de M. Enguehard, médecin de M. Peletier. Je m’y présentai avec les autres au tems ordinaire. M. de Farcy®), pere de M. de Farcy^), conseiller au Châtelet, &c., médecin voisin du Séminaire de Saint Nicolas du Chardonnet, [qui] étoit doyen de la Faculté, [me reçut] avec accueil, disant même que le prédécesseur de M. de Meaux en cet évêché étoit son parrain®). Le jour nommé pour apporter les certificats d’études et de religion, je présentai le certificat de mon abjuration, signé de M. de Meaux, celui de mon assistance à la paroisse, signé de M. de Lizot, curé de Saint Severin, et ceux de mon pays dont j’ai rapporté les copies au commencement

1) C’est-à-dire que Winslow, après le baccalauréat, commença le cours d’études qui durait deux ans et au bout duquel on était licencié. — Note à' Urbain^ l.c.^ p. 135.

2) M. Dodart, le fils de Claude Jean Baptiste Dodart (voir p. 105, note 3) devint maître des requêtes honoraire en 1722, et intendant à Bourges en 1728. — Almanach Royal^ i753i ?• 148 et 150.

3) Dominique de Farcy, chirurgien de la Flèche, était doyen de la Faculté de médecine de Paris en 1700 et en 1701. Chirurgien supérieur, il a communiqué entre autres choses, en 1723, l’observation d’un bubonocèle singulier; il emporta un demi-pied du canal intestinal et réunit les deux bouts, et le malade guérit complètement. — {Antoine Portal\ Histoire de l'anatomie et de la chirurgie^ Paris 1770 — 73, IV p. 605.

4) M. de Farcy, le fils de Dominique de Farcy, fut nommé conseiller au Châtelet en 1715. — Almanach Royal^ 1744, P- 251.

5) Les mots entre [] ont été ajoutés par Urbain. L.c.^ p. 135.

6) Le prédécesseur de Bossuet dans l’évêché de Meaux fut Dominique de Ligny, évêque de 1659 jusqu’à sa mort en 1681. — Gams^ Sériés Episcoporum^ p. 576.

de cette histoire. Je fus examiné et ensuite admis bachelier avec huit autres, sçavoir M. Geoffroy l’aîné ^), de l’Academie des sciences, M. Herment®), M. Azévédo^), espagnol, M. Pépin ^), M. Fermelhuis ^), M. Bizet®), M. Tellier’') et M....®), auxquels se joignirent dans la suite M. Soraci®), italien, et M....

Le tems ordinaire d’examens en matière medicale étant annoncé, mes facilitez ne me permirent pas de m’y présenter avec tous les autres. Quelque tems après, mes protecteurs

1) Voir p. i6i, note I. — Sur Geoffroy et les autres médecins nommés ci-dessous voir

encore: Qvæstionum medicarum. . . . sériés chronologica, Parisiis passim.

2) Jean Herment, né à Paris, docteur régent de la Faculté de médecine, était pendant 43 ans médecin de PHôtel-Dieu. 11 eut une grande réputation dans la pratique et fut beaucoup suivi des étudiants. Médeciu ordinaire du roi il mourut l’ancien des Ecoles, fort riche, en 1753. — Hazon^ Le. p. 202. — \A. Portal\ Le. IV p. 334.

3) Pierre (Pedro) Azévédo, espagnol, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris. Il eut apparemment de grandes protections en cour et après avoir été professeur des Ecoles, il brilla par sa réputation dans la pratique. Il mourut en 1739, âgé de 75 ans. — Hazon., L e. p. 202. — \A. Portal\ L e. IV p. 366.

4) Antoine Pépin, docteur régent de la Faculté de médecine, médecin de la marine à Brest. — [A. Portai^ L e. IV p. 409. — A. v. Haller.^ Bibliotheea anatomiea.^ Tiguri 1774—1777, n P- 29, 51, 344-

5) Jean Baptiste Fermelhuys (1656 — 1731), né à Vernon. Quoiqu’il ait été un praticien distingué et très occupé, il n’en cultiva pas moins avec grand succès les belles-lettres et remplissait avec zèle ses fonctions à l’Hôpital général. 11 était membre de l’Académie des arts et de l’Académie de peinture et sculpture. — Emile Riehard.1 Histoire de r Hôpital de Bieêtre 12^0 — //p/, Paris 1889, p. 120.

6) On ne trouve pas ce nom chez Baron. On pourrait supposer que Bizet soit une faute d’écriture ou de mémoire pawx Guillot (Ludovicus Guillot.^Magniaeœus). — SJiaron^ L e. I p. 71, III p 18.

7) Nie. le Tellier, probablement identique à celui qui était plus tard médecin à Peronne. Sur les ouvrages de Nie. le Tellier voir; [A. Portai] Le. V p. 30. — A. v. Haller.^ Bibliotheea anatomiea.^ II p. 20 et: Bibliotheea chirtirgiea.^ Bernas & Basileæ 1774 — 75, II p. 106 et 213.

8) Dans le MS. ce nom, de même que celui dans la ligne suivante, sont laissés en blanc. Selon Baron, I p. 71 les deux personnes en question seraient Pierre Sarton et Philippe Fontaine.

9) Placide (Placido) Soraci, de Messine, venait d’avoir pris le bonnet de docteur dans la Faculté de médecine de Montpellier, lorsqu’il revendiqua la découverte que Chirac se flattait d’avoir faite sur la nature et l’origine des cheveux. Sur la querelle qui en résulta, et sur ses écrits voir Eloy, IV p. 299 — 300. Soraci vint se mettre sur les bancs de la Faculté de Paris, où il fut reçu bachelier et soutint, en 1703, une thèse: An pili sint partes eorporis vivent es? neg. — Eloy, L e. — A. v. Haller, Bibl. anat. I p. 799.

étant informés de cela avancèrent ce qu’il falloit pour cela, et la Faculté fit pour moi seul une assemblée particulière, dans laquelle M. de Saint Yon, professeur en chimie au Jardin royal, me dit qu’il ne m’examineroit pas en ce que je sçavois, mais qu’il m’apprendroit ce que, comme étranger, je ne pourrois pas sçavoir, qui étoit le proverbe françois : Avec la bugle et la sanicle on fait au médecin la nique.

Au mois de novembre de cette année, 1702, se fit, suivant la coutume, l’élection du doyen et des professeurs. M. Vernage^), pere de M. Vernage^) d’aujourd’hui, fut élu doyen à la place de M. Farcy. Alors commenceront les exercices des theses. J’eus pour président M. Andry, et comme c’étoit sa première présidence, je fus obligé, nonobstant sa politesse et mes facultés, de débourser plus que plusieurs de mes collègues. M. Andry avoit pris pour point de cette these : An motus cordis a dura méningé?^) à l’occasion d’un nouveau traité là-dessus par M. Baglivi^), Premier médecin de Clément XI après M. Malpighi ®).

1) François Vernage, médecin renommé à Paris, fut élu doyen au mois de novembre 1702, poste qu’il remplit avec une assiduité et modestie extraordinaires. — Eloy^ IV

2) Michel Louis Vernage (1697 — 1773) naquit à Paris et fut reçu docteur régent de la Faculté en 1718. Il était très considéré de ses confrères et recherché dans le grand monde. En 1752, il prit part au traitement de la petite vérole du Dauphin, fils de Louis XV, et à la suite d’un heureux succès, il reçut, ainsi que ses collègues, des lettres de noblesse. Il n’a publié qu’un seul écrit et encore sans y attacher son nom, dans lequel il se prononçait en faveur de la variolisation : Observations sur la petite vérole naturelle et artificielle.^ Paris 1773- — Æ'/oy, IV p. 510 ss. — B. U. XLIII p. 189 — 90.

3) Cette thèse est datée de 1703.

4) George (Giorgio) Baglivi (1668 — 1706), né à Raguse, mort à Rome. Sur sa vie voir B. U, II p. 615. Le traité en question est: De fibra motrice morbosa lib.IV.^ Perusiæ 1700. Baglivi fut professeur à la Sapience à Rome, mais il n’est pas probable qu’il ait été le médecin du pape. — Angélus Fabronius.^ Vitae Italorum Doctrina Excellentium.^ etc.., Pisis 1778 — 1805, IV p. 77 ss.

5) Marcel (Marcello) Malpighi (1628 — 1694), l’anatomiste et le physiologiste illustre, le découvreur des vaisseaux capillaires, était de 1691 jusqu’à sa mort le premier méde-

En cette année, 1702, fut publiée la Instruction

de M. de Meaux sur le Nouveau Testa^nent^ par M. Simon, imprimé à Trevoux'^)^ laquelle il me donna aussi. M. le cardinal de Noailles publia à peu près en même tems un mandement là-dessus.

Il parut peu de tems après, peut-être en 1703, une nouvelle édition d’un ouvrage de feu M, de Belley (M. Le Camus) intitulé: Avoisinement des protestans^ &c., sans nom de l’éditeur, que l’on sçavoit néanmoins être le même M. Simon ^). On avoit remarqué dans cette édition un carton on un endroit suspect de quelque altération par l’éditeur qui y avoit fait mettre un carton à la place et pris grand soin de tenir très caché le feuillet altéré^). M. de Meaux me pria de faire de mon mieux pour l’obtenir, en achetant ce livre moi-même et en le demandant comme par curiosité d’étranger. J’y réussis, et je le lui remis entre les mains.

En cette même année, 1702, parut le fameux Cas de Con-

cin du pape Innocent XII, et non pas celui de Clément XI, lequel ne fut élu pape qu’en 1700. Lancisi fut le premier médecin de ce dernier. — B. U. XXVI p. 278.

1) Les Instructions sur la version du Nouveau Testament imprimée a Trévoux furent publiées à Paris en 1702. La version de Richard Simon avait été publiée à Trévoux la même année. — Oeuvr. compl. de Bossuet^ publ. par Lâchât^ III p. VII et 372.

2) Jean Pierre Camus (1582 — 1652), évêque de Belley, publia l’œuvre en question en 1640 à Paris. Le livre fut réimprimé par Richard Simon en 1703 sous le titre: Moiens De Reunir Les Protestans Avec L'Eglise Romaine. Publiez Par M. Camus., Evesque De Belley sotis le Titre de L' Avoisinement Des Protestafts ... Nouvelle Edition... Par Afs**, Paris 1703. — B. U. VI p. 517-18. — Urbain., l. c. p. 135, note 5.

3) Simon avait dit d’abord (p. 123): Les premiers [les véritables Catholiques] reconnaissent avec M. V Evêque de Meaux dans le Successeur de S. Pierre établi par Jesus- Christ, une primauté qui lui a été dofinée par les Conciles âr’ les Saints Peres. Et il cite dans la marge l’article XXI de V Exposition de M. de Meaux, où celui-ci dit en effet directement le contraire. On fit un carton pour cet endroit, et Ledieu a eu un exemplaire dans lequel était le carton de la page 123, où il s’est ainsi corrigé: qu'il faut reconnaître dans le successeur de saint Pierre., établi par fésus-Christ, une primauté qui lui a été donnée par Jésus-Christ. — Avoisinement., etc. p. 123. — Ledieu, l.c. II p. 363 — 65. — Oeuvr. compl. de Bossuet, publ. par Lâchât, XIII p. 103-104. — Urbain, l.c. p. 136, notes i et 2.

science sur le silence respectueux^) en Sorbonne, le 20 juin 1701 signé de 40 docteurs de théologie de Paris qui, après la condamnation par le pape Clement XI, le 13 février®) 1703, par un mandement de M. le cardinal de Noailles se trouvèrent en 1703, le 22 février, obligés d’en signer leur rétractation, excepté Voyez dans les anecdotes de feu

M. de Saint André ci-devant le jugement de M. de Meaux là-dessus, et la réponse que je lui fis sur une demande en cette occasion®).

En 1703, dans le cours du Carême®), je soutins en mon rang la these d’hygiene, appellée cardinale, à cause que le cardinal d’Estouteville’^) avoit institué l’exercice de ces theses.

1) En 1701 un janséniste soumit à la Sorbonne la question de savoir si un prêtre pouvait donner l’absolution à un mourant qui, tout en condamnant /es cinq propositions comme étant hérétiques, refusait d’admettre qu’elles fussent dans l’ouvrage de Jansénius, et qui signait néanmoins le formulaire sans mentionner cette restriction. Quarante docteurs de la Sorbonne y répondirent affirmativement. Par les efforts réunis du pape, de Bossuet et des jésuites, ceux-ci, excepté un seul (voir ci-dessous), furent obligés de signer leur rétractation. — D. E. d. S. R. VII, artic. Jansénisme., surtout les pages 146 et 150.

2) Ce fut le 20 juillet,

3) Ce fut le 12 février.

4) Louis Ellies du Pin (1657 — 1719)1 docteur de Sorbonne et professeur de philosophie au Collège royal. Il fut un des théologiens les plus érudits et de même un des savants les plus distingués de son temps. Il a publié des ouvrages nombreux entre lesquels la Nouvelle Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques., Paris 1698 et années suivantes, forme 61 volumes in-8°. Il fut un des signataires du Cas de Conscience. On l’exila, on lui ôta sa chaire du Collège royal, et ce ne fut encore qu’à la condition d’une rétractation qu’il obtint son rappel; mais il ne recouvra point sa chaire, et Clément XI ne cessa pas de le persécuter. — B. U. XII p. i ss. — D. E. d. S. R. IV p. 148 SS.

5) Ci-devant, c. à d. au commencement du manuscrit n°. 1167 de la Bibliothèque Mazarine. — Voir l’Appendice.

6) Le 15 mars.

7) Guillaume d’Estouteville (1403 — 1483), homme célèbre et puissant, archevêque de Rouen et cardinal, fut chargé par le pape de réformer l’Université de Paris. Il réprima un grand nombre d’abus, fit de sages règlements, et en abrogea d’autres qui ne convenaient plus, tels que le statut qui excluait les hommes mariés de l’enseignement de la médecine (1452). Le cardinal appela l’attention sur l’étude de l’hygiène, qui était fort négligée et ordonna que les bacheliers soutiendraient une thèse sur cette branche de l’art médical, thesis s. qvœstio cardinalitia. — B. U. XIII p. 120-21. — Alfred Eranlilin, Les Médecins, Paris 1892, p. 16 et 281. — Quant aux examens, aux céré-

M. Vernage, doyen, en fut le président pour M. Perreau^) alors incommodé, et prit pour point affirmatif de la question : An olera et cerealia agri Parisiensis salubria^)? Il eut la complaisance de m’y faire travailler en quelques façons conjointement avec lui dans son cabinet, me dictant à mesure lui-même ses belles pensées, après s’être donné la peine, comme pour un fils, de m’instruire des noms des differens terrains qui y sont situez. Il me la fit dédier à mon protecteur, M. de Meaux, demeurant alors à la place des Victoires®), qui, quoique valétudinaire et ne pouvant pas aller en carrosse, vint en chaise à porteur, suivi de son équipage ordinaire, aux Écoles de medecine et assista à l’acte de cette these, ce qui fit à toute la Faculté en general et à M. Vernage en particulier un extrême plaisir.

Je ne dois pas omettre ici un trait édifiant de M. Vernage. C’étoit une coutume, comme ce l’est encore, qu’au jour de l’acte, qui dure depuis 6 heures du matin jusqu’à midi, le bachelier soutenant faisoit porter dans une chambre particulière un grand déjeuné, pour lequel ses collègues, selon le besoin ou le plaisir de chacun, sortoient tour à tour de l’acte. Ce déjeuné, par un abus, étoit encore ample en Carême, et même souvent avec des pâtisseries et autres mets en maigre. M. Vernage, qui avoit expressément fait insérer dans le dernier corollaire de la these les propres termes de la collecte du premier samedi du Carême, animabiis corporibusqve curandis^ me deffendit d’y faire apporter autre chose que du pain et du vin, uniquement pour celui qui ne pou-

monies et coutumes de la Faculté de médecine de Paris mentionnées dans le suivant nous renvoyons à: C. A. Er. Wickersheimer^ La médecine et les J7iédeci?ts en France a l'époque de la renaissance^ Paris 1905.

1) Pierre Perreau. — Le MS. a: Perraut.

2) Plus correctement; An cerealia &= olera^ etc.

3) Winslovr se trompe ici. Bossuet avait quitté la place des Victoires pour la rue Sainte- Anne en juillet 1702. — Ledieti.^ l.c..^ II p. 298-99.

voit pas soutenir le jeûne. M, Vernage mit aux jettons de son decanat le portrait de M. Fagon^) au lieu du sien^).

Vers la fin de la même année, 1703, ou peut-être au commencement de l’autre, ce qu’il faut voir à l’écrit abrégé ci-après, je soutins ma these pastillaire sous la présidence de feu M. Dieuxivoye le pere^), qui avoit alors, à ce qu’on croyoit, 88 ans, se portant encore très bien avec cela. Il me dit d’abord de composer moi-même la these, mais de lui faire auparavant sçavoir le point que je prendrois. j’avois ouï dire en ce tems-là qu’on avoit porté depuis peu en la paroisse de Saint Laurent une femme crue morte, pour l’enterrer, et que les porteurs s’étant apperçus de quelque remuement dans la biere y avoient regardé et trouvé la femme vivante. Cet événement et la promptitude de plusieurs autres enterremens me donnèrent occasion de prendre pour le point de ma these, selon un endroit de Celse ®), le négatif de cette question: An mortis incertœ certa signa? L’ayant ensuite marqué à ce venerable vieillard, il me dit : Ne parlons point

1) Gui Crescent Fagon (1638 — 1718) naquit dans le Jardin royal de Paris. Il s’intéressait surtout à la botanique, mais fut un auteur bien peu productif. Il fut nommé professeur de botanique et de chimie au Jardin royal et, en 1693, premier médecin de I.ouis XIV. En 1699, il fut élu membre honoraire de l’Académie des sciences. Comme premier médecin du roi et professeur à l’Université il cherchait à restreindre toutes les dépenses superflues tandis qu’il n’épargnait rien pour contribuer au progrès de la science. Dans sa vie privée il était très bienfaisant. — B. U. XIII p. 328.

2) Voir: Eloy^ Le. IV p. 510.

3) Le MS. a: pallerloy ou patterloy.^ probablement une faute de copiste pour pastillaire. — Les qvcsstiones pastillariæ tirent leur nom du coutume des futurs licenciés ou licenciandes d’offrir au chancelier, au doyen et aux docteurs régents des pastilles de sucre reproduisant souvent le portrait du doyen. Elles perdirent, d’ailleurs, beaucoup de leur importance vers le dix-septième siècle, en proportion de celle qu’acquéraient les vesperies. — Franklin.^ Le. p. 281—82. — Wickersheimer.^ Le. p. 51.

4) Bertin Dieuxivoye, médecin français, né dans le Maine vers le commencement du XVID siècle, fut reçu docteur en 1648. Il était en 1659 médecin du roi et fut, en 1682, élu doyen de la Faculté de médecine de Paris. C’était un praticien de renom. On ne connaît de lui qu’un seul traité. Il mourut en 1710, âgé de plus de 90 ans. — Hazon.! Le. p. 134—35. — N. B. G. XIV col. 163.

5) A. C. Celsus.^ De medicina libri F///, II chap. 6 : De indiciis mortis.

de la mort! et qu’il feroit lui-même la these, sur l’affirmative de ce point : An omnibus morbis venœsectio et pîirgatio ? Et comme en même tems je lui fis entendre que ce point me paroissoit trop general pour pouvoir en soutenir la deffence, il eut la complaisance de mettre plurimis au lieu de omnibus ^).

En cette année, 1703, parut la Seconde instructio7i de M. de Meaux sur la Version du Nouveau Testament^ intprimée à Trévoux'^') avec une dissertation très ample sur la grande érudition inconstante du fameux Grotius®), et avec une préface particulière^), à la fin de laquelle, à l’occasion du ministre Basnage®), il avoubit expressément qu’il avoit presque achevé un ouvrage sur la concordance des Peres latins touchant la grâce et le libre arbitre®). C’étoit environ 6 mois

1) La thèse de Winslow est intitulée; An projligandis morbis împares venœsectio et purgatio? Paris 1704. Prœs. B. Deuxivoye (sic!).

2) Seconde instrtiction sur les passages particuliers de la Version du Nouveau Testament imprimée a Trévoux en Vannée MDCCI( avec une dissertation préliminaire sur la doctrine et la critique de Grotius.^ Paris 1 703. — Ocuvr. compl. de Bossuet., publ. par Lâchât., III p. IX et 478 ss.

3) Hugo de Groot (Hugues Grotius) (15S3 — 1645) né à Délit, fut reçu docteur en droit à l’âge de 15 ans et élu grand pensionnaire à Rotterdam en 1603. A cette époque il avait déjà publié des poésies latines et des traités de théologie. Dans les querelles théologiques en Hollande il prit le parti des arminiens et de Olden Barneveld et fut, en 1618, condamné à emprisonnement perpétuel. Il réussit à s’évader et se réfugia en France où Louis XIII lui accorda une pension qui pourtant lui fut retirée, en 1631, par Richelieu. C’est de cette époque que date son œuvre principale. De jure belli et pacis., Paris 1625. En 1634, il se mit en service chez la reine de Suède, Christine, fut élu conseiller d’Etat et était pendant dix ans l’ambassadeur de la Suède à la cour française. Pendant un voyage il mourut à Rostock. Grotius était un politique supérieur, un théologien savant, un historien sagace et de plus un homme très libéral. 11 a publié nombre d’écrits. — .5. W. d. N. VII p. 452. — B. U. XVII p. 61 1.

4) Oeuvr. compl. de Bossuet., publ. par Lâchât., III p. 51 1.

5) Jacques Basnage de Beauval (1653 — 1723) naquit à Rouen. 11 étudia à Saumur, à Genève, puis à Sedan, où il eut pour maître le célèbre Jurieu (voir p. 100, note 5). De retour à Rouen, il fut reçu ministre en 1676. Réfugié en Hollande, il conserva toujours de l’attachement pour son pays. Basnage était vrai jusque dans les plus petites choses : sa candeur, sa franchise, sa bonne foi ne paraissent pas moins dans ses ouvrages que la profondeur de son érudition. Comme auteur il était très fertile. — B. U. III p. 224. — Urbain., l.c. p. 137, note 3.

6) Oeuvr. compl, de Bossuet., publ. par Lâchât., III p. 513— 14. — La Défense de la tradition et des saints pires parut pour la plus grande part en 1743, mais l’ouvrage complet ne parut qu’en 1862. — Lbid. IV p. IV et p. i ss.

avant sa mort. Rien de cet ouvrage n’a été produit. Il avoit encore fait esperer par cette préface de la Seconde instruction, qu’il continueroit cette matière qui regardoit expressément le socinianisme, qui s’insinuoit parmi les catholiques même.

Lettre à mon frere Louis, pasteur à Norvège, du 21 juin de cette année. Lettre de M. de Saint André, &c.

Au mois de mars 1704, M. de Meaux donna au public le dernier de tous ses ouvrages qu’il avoit fait imprimer lui-même. C’étoit encore contre les sociniens du tems, au sujet de la prophétie d’Isaie, chap, 7)^): &ce virgo, âfc., et du Psatnne XXI : Deus, Deus meus, âfc. Il l’ avoit composé dans sa derniere maladie dont il mourut à Paris, à peine un mois après l’impression achevée, sçavoir le 10 avriP). J’eus seulement la consolation de le voir encore la veille de cette grande perte pour la France en general et pour moi en particulier. M. de Saint André, son ami intime et mon parrain de confirmation, lui ayant dit : Monseigneur, voilà votre enfant! presque moribond il leva sa main très languissante et me donna sa derniere bénédiction.

Voyez ma lettre à M. l’abbé Perau ci-devant, &c. ^),

Vers la fin du Carême de cette année 1 704, et en ayant eu la manumission accoutumée par la Faculté, avec mes autres confrères bacheliers en medecine, je me préparai pour l’examen de pratique, qu’on subit quelque tems après pour être ensuite admis aux degrez de licentiat et de doctorat. Le tems de cet examen étant arrivé et annoncé, M. Vernage,

1) Le MS. a; chap. 9.

2) V.' Explication de la prophétie d'Isaïe sur l'enfantement de là sainte Vierge, Isaïe, chapitre VII, verset 14, et \I Explication littérale du Psaume XXI sur la passion et le délaissement de Notre-Seigneur parurent le 25 mars 1704 et Bossuet mourut le 1 2 avril. — Oeuvr. compl. de Bossuet, publ. par Lâchât, II p. 243 ss., 264 ss. et p. III ss. — Winslow fait ici, comme toujours ailleurs, du 10 avril le jour de mort de Bossuet. Cf. la lettre à l’abbé Pérau dans l’Appendice.

3) Voir l’Appendice.

doyen de la Faculté, qui, pendant le cours de mon baccalaureat sous lui, m’avoit toujours donné des marques d’une affection particulière, sachant que je n’étois point en état de fournir ce qu’il falloit pour tout cela, m’indiqua la faveur de la Faculté, suivant un article de ses statuts, accordée quelquefois en pareil cas, sçavoir la remise de la dépense jusqu’à ce qu’on soit en état de s’en acquitter, à quoi on s’obligeroit par écrit, et me fit esperer une assemblée de la Faculté pour lui présenter ma supplique là-dessus. Incontinent après je rapportai cette bonne nouvelle à M, Hecquet^) qui prenoit aussi beaucoup de part en ce qui me regardoit, et je le consultai sur la façon de la supplique. Il m’en fournit sur-le-champ de beaux traits; et l’ayant mise au net je la montrai à M. Vernage qui y fit quelques changemens. Peu de jours après je la prononçai dans une assemblée particulière de la Faculté qui l’écouta favorablement et octroya ma requête avec les conditions ordinaires. Ainsi je fus admis conjointement avec les autres bacheliers mes confrères à l’examen de pratique, et après cet examen aux degrez.

C’étoit alors une coutume mal fondée d’aller chacun des bacheliers émerites chez tous les docteurs en particulier et d’y laisser un billet de recommandation pour un tel ou tel lieu de licence. Il me falloit faire la même course, mais tous mes billets n’étoient simplement que recommandatoires sans aucune mention de lieux, et aussi en ai-je eu celui que personne n’avoit demandé, sçavoir le dernier de tous, et cela avec un très grand contentement^).

1) Philippe Hecquet (i66l — 1737), né à Abbeville, étudia d’abord la théologie, puis la médecine et fut reçu docteur à Reims en 1684. En 1688 il se retira à Port-Royal, où il pratiquait la médecine et menait une vie très pieuse. En 1697 il eut le bonnet de docteur de Paris. Peu de temps après il fut docteur régent et, en 1712, doyen de la Faculté. Très apprécié comme médecin, Hecquet avait une grande clientèle. C’était un homme de bien, très pieux, le protecteur des étudiants pauvres. Il fut l’auteur de nombre d’ouvrages pour la plupart de peu de valeur. — B. U. XIX p. 20 ss.

2) L’examen de pratique, le plus sérieux de tous, avait lieu tous les deux ans, et se

La partie suivante du manuscrit est par endroits tout indéchiffrable^ en outre elle fourmille de méprises et démissions. Nous V imprimons sans y rien changer ; seulement nous avons fait commencer par une majuscule tous les noms propres.

Les paranimphes. mes vers, ma these de doctorat^) presid. M. Gely^) M. Pelletier pour Ihotel D. M. Du Verney. lettres de doctorat.

En 1705. Bulle vineam Domini de Clement XI. mandem^ de M. le Gard, de Noailles sur cette bulle, mandement de M. De Fenelon archev. de Cambray.

prolongeait durant une semaine, au cours de laquelle les candidats à la licence étaient successivement interrogés par chacun des docteurs régents. Une liste des admis était ensuite dressée, et y figurer le premier, obtenir le premier lieu., comme on disait alors, était un honneur très envié. — Tous les candidats portés sur cette liste allaient en grande cérémonie et escortés des bedeaux de la Faculté faire une visite aux grands corps de l’État; ils étaient reçus par les présidents du Parlement, de la chambre des Comptes, de la cour des Aides, par le prévôt de Paris, le prévôt des marchands, les échevins, etc. Ils les invitaient tous à se rendre dans une des salles de l’école pour y apprendre., de la bouche du paranymphe., les noms., les mérites et le nombre des médecins que la Faculté allait donner a Paris et., par conséquent., a tout l'univers. — Dans la cérémonie du mariage, les Grecs appelaient paranymphe le jeune homme, ami du fiancé, qui conduisait l’épouse au domicile conjugal. De là son nom de Trapavbfctptoi. Fort ingénieusement, les docteurs avaient rajeuni cette coutume, en avaient fait le symbole de l’union intime qui devait exister entre le nouveau licencié et la Faculté. Il allait l’épouser, s’unir à elle pour toujours, et son paranymphe, chargé de l’introduire dans la famille, c’était le doyen. En présence d’une illustre assemblée, il présentait les jeunes gens confiés à sa garde, et prononçait leur éloge dans un long et élégant discours latin. — Franklin., l. c. p. 95 — 97. — Voir aussi \Baroti\ l. c. III p. 18, où se trouvent les noms des candidats de l’an 1704.

1) Le candidat soutenait une dernière thèse, dite la vespérie., qui précédait la séance solennelle où allait être reçu le nouveau docteur. — Franklin., l. c. p. 99.

2) Jean Gelly, docteur régent de la Faculté.

3) L’Hôtel-Dieu.

En 1706. Lettre a mes freres tollerans. sous M. Dodart sortie du jardin du Roy je fus loger près s‘. Nicolas du Chardonnet ches Mad. Anguïllon. (dans la maison qui sert d’entrée a l’eglise du costé de la rue sh Victor) Retraite au novitiat des jésuites et une en 1707.

En 1707. Lettre a mon frere lainé au mois de may.

En 1708. entrée a l’accademie des sciences par la protect. de M. Dod. de M. labbé Bignon et de M. du Hamel. Consulté M. Courtin (ptre de sb Nicolas) la dessus. M. de Meaux lui avoit déjà écrit pour moy.

En 1 709 la lettre posthume de M. Bossuet aux religieuses de Port Royal des champs®). M. Fagon médecin moffre lamph. de med. des quil put me connoitre particulièrement.

En 1710. avertissement de M. le Card. de Noailles sur la bulle vineam dni. Derniere lettre de mon frere L. ^) du 28. octobre precedente a la lettre du fr. Jean. Solutiones de M. de la Coste d. de Sorbonne le 15. avertissement a M. Pirot^) sur les act. et lipl. ®) M®'*® Pacaltin®) 15. oct. super de Ihopital general et par la mort de M. Finot pere'^) je fus mis médecin au d. hôpital et a Bicestre a cause de la gr. quantité de malades. La Vetra sup’". a Bicestre.

En 1711. mon mariage, ii. juillet av. ®) lettre

a ma sœur, diverses mémoires ®) observ. ^®) cours particulier.

En 1713. petit mandement de M. le card. de Noailles pour la constitution. L’imprimé de Rome corrigé par M.

1) Probablement Dodart.

2) Cf. Oeuvr. comf1, de Bossuet., fubl. far Lâchât., XXVI p. 21 1, la note.

3) Louis (Ludvig).

4) Edme Pirot (1631 — 1713), savant professeur de la Faculté de Paris.

5) Peu lisible. 6) Peu lisible.

7) Le 28 septembre 1709. 8) Le nom est illisible.

9) Sur les mémoires de Winslow voir Mémoires de PAcadéînie royale des sciences

(1711 — 1743): Vilhelm Maar., Lidt om Jakob Benignus Winslfv som Videnskabs-

mand og Læge dans Festsskrift til Julius Petersen., Kpbenhavn 1910, p. 172 ss.

10) Observations sur les fibres du coeur âr’ sur ses valvulles., etc. — Mém. de l'Acad. d. SC.., 1711, p. 151.

Helvet, pere de . . . les commentaires contre le discours de M. Bossuet a mon abjuration . . &c.

En 1714 Lettre pastorale du clergé de France. Le p. Dez sur la foy . . .^) M. le duc de , . lettre past. de M. de Cambray aux impériaux.

En 1715. lettre de M. Bucherald®) pour aller a Coppenhague. mémoires de l’acad. nouvelles observations anatomiques sur la situation et la conformation de plusieurs viscères, mem. pages 216^). Le czar Pierre mort de

Louis XIV. 1715-

En 1716 rien de particulier, conduite des eaux de Passy.

En 1717 2 mémoires academiques, tome d’aoust valvule s‘. Eustache ®). celui qui dit, qu’il auroit tout de louis ... '^) le mercure, miracle de feaubourg sb Antoine lettre de M. Leauté curé de. . .

En 1718. première présidence, supplique de M. Mullot. Lappel de la faculté de medecine M. Ledoute doyen®). Lappel du curé de sb B.

En 1719 lappel de M. le card. de Noailles. voyage en Hollande, i. lettre de M. Languet ev. de Boissons®). M. Saurin^®) lettre de M. sb André.

1) L’écrit de Jean Dez: Foi des chrétiens et des catholiques justifiée contre les déistes^ etc. parut à Paris en 1714- 4 vol. in- 12°.

2) Peut-être Charles, duc de Berry, mort le 4 mai 17 14.

3) Jean de Buchwald. — Voir p. 23, note i. 4) 226.

5) Pendant son séjour à Paris, le tsar Pierre assistait à une séance de l’Académie des sciences et fut reçu au nombre des académiciens. C’est peut-être à cet événement que pense Winslow, quoiqu’il eût lieu en 1717 et non pas en 1715.

6) s*. Eustache est une faute de copiste. Il faut lire: d' Eustache. — Mém. de F Acad, d. SC. pour 1717, p. 21 1 ss.

7) de louis peu lisible.

8) Amand Douté fut élu doyen en 1716 et de nouveau en 1718.

9) Jean Josephe Languet de Gergy (1677 — I753)î évêque de Soissons en I7I5dater de 1718, il signala chaque année par des mandements, des instructions pastorales et des écrits polémiques en faveur de la Constitution, et contre l’Appel. Pour les détails voir: B. U. XXIII p. 200.

10) Jacques Saurin (1677 — 1730), le plus célèbre des prédicateurs protestants français,

En 1720. lettre de rap. a M. s*^. André, mémoire de l’acad. sur les eaux de Passy^) a un parent du czar voyés mémoire de Trévoux^).

En 1721. mémoires, professeur en chirurgie Françoise®), mem. sur les muscles, mem. de l’œïl sur l’iris la cornai p. 3101^).

En 1722. 2^^ lettre de M. Bucharld®) pour Copenhague, manuscrit de mon livre et examinateurs nommés par le Roy. M. Caron doyen®).

En 1723. Brevet de pension. Bibliothèque du Roy. mémoires.

En 1724. mort de M. Courtin.

En 1725 démonstrations aux ecoles de medecine'^).

1726 mémoires sur la folie®) suite. M. Andry doyen extraord. de l’appel. Retract, et signât . . . .®).

En 1727. vu Mad. la princesse de Chimay. a la place de M. de la Hire“) depuis le mois de novembre 1727. pour la 2^^ année du cours aux ecoles jusqu a la fin de 1728 remercié le 6. 9^’"® Romanum . . . feu M. Getor.

publia de 1720 à 1730 ses Discours Historiques^ Critiques^ Théologiques^ Et Moraux^ Sur Les Evcneviens Les Plus Mémorables Du Vieux^ Et Du Nouveau Testament^ connus sous le nom de Bible de Saurin. — B. U. XXXVIII p. 67.

1) Voir: Histoire de l'Acad. d. sc. pour 1720, p. 42.

2) Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux ar/j, Trévoux.

3) Une chaire de chirurgie en langue française avait été établie à la Faculté de médecine en 1720, et Reneaume de la Garanne avait été chargé de ce cours.

4) 11 faut lire: Mémoire: Observations sur la mécanique des muscles obliques de l'œil^ sur l'iris^ dr" sur la porosité de la cornée transparente^ âr’c. p. 310.

5) Buchwald. 6) Philippe Caron, élu doyen en 1722.

7) En 1724 des Lettres patentes royales avaient établi à Saint-Côme cinq places de démonstrateurs royaux. Dans les controverses entre la Faculté et l’École de chirurgie, qui en résultaient, Winslow a joué un assez grand rôle. — Paul Delaunay^ Le monde médical Parisien^ etc. p. 169 ss., surtout p. 172.

8) la folie.^ méprise de copiste pour: l'épaule. Voir: Mém. de l'Acad. d. sc. pour 1726, p. 175 : Observations nouvelles sur les mouvements ordinaires de l'épaule.^ etc.

9) Les écrits des chirurgiens étaient soumis à la censure de la Faculté de médecine. En 1723, Winslow et Littré avaient approuvé un gros Traité des maladies des os par Jean Louis Petit. Combien furent désagréables les conséquences pour Winslow, voir: Delaunay., l.c. p. 390 et Journal des Sçavans.^ 1725 (janvier).

10) Jean Nicolas de la Hire, docteur régent de la Faculté (1710), membre de l’Académie des sciences. — Eloy. II p. 534.

En 1728, 3® lettre de M, Bucharld pour Copenhague, mandement de M. le card. de Noailles acceptant la bulle, les jésuites rétablis pour la confess. et pour la predic. De rebus gestis.

En 1729. Le jubilé de 1725. mon recueil d extraits de M. Bossuet &c a M. Robustel cessé les leçons au jardin

du R. mort du card. de Noailles 4 may.

En 1730. Lettre de M. le comte d’Holstein*^) pour Copenhagues. propositions de M. Schusted^) ambassadeur extraord. du Roy de Dannem. . . de la part du Roy &c. mémoires sur les mouvemens de la teste &c.

En 1731. Limpression de mon exposition anathomique ^). mon recueil des extraits des ouvrages de M. Bossuet, approb. 1731. achevé cette année.

En 1732 mes expositions achevées, souvent a Chelles, et a Jouarre.

En 1733. Lettres de M. monpa. . . n. Les convulsions. M. Hérault, la bastille®), serment des bacheliers®), voyes les lettres

1) Libraire de Paris.

2) Ulric Adolphe, comte de Holstein (1664 — 1737), grand-chancelier de Danemark, était dès 1721 le patron de l’Université de Copenhague. — D. B. L. VIII p. 50 ss.

3) Chrétien (Kristian) Sehested (1666 — 1740), gentilhomme danois, successivement revêtu de nombreuses positions supérieures, fut l’ambassadeur de Danemark en France à partir du mois d’août 1728 jusqu’au mois de février 1731. — D. B. L. XV p. 478 ss.

4) Exposition anatomique de Winslow fut approuvée du censeur royal Andry, lei2 février 1730 et des examinateurs nommés par la Faculté, Falconet, Jussieu et Duverney, le 12 décembre 1731, ensuite du doyen de la Faculté, Baron, le 13 décembre 1731.

5) Le janséniste François de Pâris, diacre de l’église de Paris, fut enterré le 2 mai 1727 dans le cimetière de Saint-Médard. Bientôt des miracles s’opéraient sur son tombeau, le nombre des pèlerins allait toujours en augmentant et bien des malades guérirent. La plupart de ces convulsionnaires de Saint-Médard étaient des malades, atteints de la grande hystérie. Peu à peu, les convulsions devinrent plus fréquentes, et la foule des convulsionnaires si considérable, qu’on publia, le 27 janvier 1732, une ordonnance du roi pour fermer la porte du cimetière, et la police enleva et conduisit à la Bastille, à Bicêtre, dans beaucoup d’autres lieux de dépôt les convulsionnaires les plus renommés. Le lieutenant de police était René Hérault, et Winslow fut parmi les médecins qu’on chargeait d’examiner les malades de la Bastille et d’en faire le rapport. Les convulsionnaires continuèrent à tenir des réunions clandestines et l’épidémie ne s’éteignit que lentement; elle n’avait pas complètement cessé en 1760. — Paul Richer^ L'Art et la Médecine^ Paris s. c., p. 134 — 35.

6) Cette note de Winslow et d’autres suivantes font allusion à ce fait qu’il refusait

que j’ay écrite a M. Col de Villars doyen de medecine^).

En 1734. mémoires sur les monstres.

En 1735. mort de Dom Thuillier bénédictin®), mort de Mad. de Granville aux Miram.

En 1736. mort de M. Chevrolat ptre de sh Nicolas du Chard. mem. sur une concresion^) de la teste. Doctorandus dicit juro &c.

1737* 173^- mem. sur Beralli^).

En 1739 mémoires dififerens sur quelques mouvemens de la faculté &c. ®).

En 1740 enfant sans teste®).

En 1741. mem. sur un corps de baleine'^).

En 1742. mem. sur les mauvaises attitudes®) professeur au jardin du Roy. mémoire sur les mauvaises attitudes, mem. dissection de goistres a D. Haller®) Refus de donner le bonnet de doct. non acte a M. Col de Villars. 1 5 aoust ^®). lettre du 28. 7brell^

d’omettre dans le serment des bacheliers le mot Romana^ adjectif supplémentaire à'Ecclesia catholica^ ce qui lui procura beaucoup de peine et d’ennui.

1) Elie Col de Villars (1675 — 1747), docteur régent de la Faculté, obtint le décanat en 1740 et y fut continué en 1742. — {Antoine Portai^ Le. V p. 145 ss.

2) Dom Vincent Thuillier (1685 — 1736), sous-prieur de l’Abbaye de Saint-Germain des-Prés. D’abord opposé à la bulle Unigenitus il devint un de ses plus zélés défenseurs. — F. X. de Feller.! Biographie universelle.^ Paris 1847 — 50, VIII p. 142.

3) concresion.^ méprise de copiste pour: contorsion.

4) Beralli.^ méprise de copiste pour: Borelli. — Voir: Mém, de P Acad. d. sc. pour 1738, p. 65.

5) Il faut lire : Observations anatomiques sur la disposition .... et sur la difficulté., etc. — Voir: Mém. de l'Acad. d. sc. pour 1739, p. 14.

6) Ibid, pour 1740, p. 586.

7) Ibid, pour 1741, p. 172.

8) Ibid, pour 1740, p. 59.

9) dissection de goistres a D. Haller. Il faut lire: Remarques sur deux dissertations touchant les monstres., l'une de ijos par M. Gdéffon . . l'autre en iqjq par M. Haller .. . etc. — Voir: Mém. de l'Acad. d. sc. pour 1742, p. 91.

10) Probablement il faut lire: S cioust. C’est peut-être une méprise de copiste pour: l. s aoust.

11) Probablement une méprise de copiste pour: 22. 7'^''^

En 1743. mémoire cinquième et dernier &c. lettre à M. Col de Villars. du 8 juillet^).

En 1744. lettre a M. l’abbé Perrault, lettre a Col de Villars du 1 2 7^’^® mémoire 3® Comp . . .

En 1745. Inauguration du nouvel amphithéâtre de médecine et cours danatomie en France depuis le... fevr. ou d’avril jusquau 31 may. Lettre a M. l’abbe Perrault le 19 8^'®.

En 1746. 2 cours publics fevr. et juilly médaillé du decanat de M. de Lepy®) et celle du . . . . au dedans de l’amphitheatre et l’inscription : inauguravit Jacobus Benignus Winslow &c. ®) M. Guattani'^).

En 1747. quatre cours de fevr. et de juillet le dernier de lannee ne put se faire faute de sujet, mariage de ma fille

1) dernier^ c. à d. sur les monstres. — Voir: Mim. de l'Acad. d. sc. pour 1743, P- 335-

2) Probablement une méprise de copiste pour : 8 juin.

3) Les dernières lettres du mot sont illisibles.

4) L’amphithéâtre fut inauguré le 18 février. Nous ne saurons indiquer la date où a commencé le cours.

5) 11 y a un Pierre Antoine Lepy, docteur régent de la Faculté, mais il n’a jamais été doyen. Il faut lire: de l'Epine. Guillaume Joseph de l’Epine fut élu doyen en 1744.

6) Trois médailles portent l’image du nouvel amphithéâtre:

I A l’avers: Portrait du doyen et l’inscription: Elias Col de Vilar s.^ inculism. F. M. P. decanus. Au revers: vue extérieure du nouvel amphithéâtre et l’inscription: Ut prosit et omet. — Ampkit. medic. paris, reoedificatum 1144..

II A l’avers: vue intérieure du nouvel amphithéâtre et l’inscription : /’w/rAr/or inauguravit /. Be. Winslow jXVIII Febr. MDCCXLV j 1744 — JT4S — 174^’ Au revers l’inscription rappelle la création du cours des sages-femmes et l’ouverture de la bibliothèque.

III A l’avers; Portrait du doyen et l’inscription: G. J. de l'Épine parisin. sal. fac. p. dec. Le revers identique à l’avers de la précédente. — Delaunay., l. c. p. 14, notes I et 2. — I.es trois médailles ont été reproduites dans ; Vilhelm Maar., Lidt am Jakob Benignus Winslpv.^ etc. p. 177.

Dans l’intérieur de l’amphithéâtre on trouve encore l’inscription suivante : lussu saluberrimæ facultatis Inauguravit M. Jacobus Benignus Winslow. Die XVI II‘ Febr. 1745. Guillelmo Josepho de V Epine parisano Decano. — Noé Legrand.^ Document sur le corps médical parisien de 1743 dans Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine.^ Paris 1909, p. 102.

7) Charles (Carlo) Guattani, chirurgien du pape, professeur d’anatomie et de chirurgie dans les hôpitaux de Rome, était correspondant de l’Académie des sciences et associé étranger de celle de chirurgie de Paris. — {Antoine Portal\ l. c. V p. 492-93, 697 VI p. 81 1.

avec M’’ de la Sourdiere^) au mois de janvier. Lettre de M. Ferin^) sa m. i. m. aux lettres en 2 autres écrits.

En I 748. accouchement de ma fille, dune fille, la mareine Mad. de Signerolle®). avec moy parein. nommée Marie Adélaïde, nourrie a Herblay. M. Guatteriy^). le 2« accouchement de ma fille un garçon M"' Delasp. parein ma femme mareine Qacques Benigne Louis) nourri aux Jumaux.

Fin.

Ici finissent les nottes et écrits de M. Winslow, que j’ay copié fidèlement sur ses propres écrits que ma presté Madame Winslow, a qui je les ay rendu.

1) J. F. le Chat de la Sourdière. — Voir l’Introduction.

2) Serait-ce le médecin Antoine Ferrein (1693 — *769), à qui Winslow fait allusion?

3) Urbain, /. r., p. 139 lit: Lignerolle.

4) Peu lisible.

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