JULIE, CHASTENAY
(Moment de silence. Julie lève timidement les yeux et les baisse aussitôt. Ghastenay est excessivement troublé.)
JULIE
Je suis bien maladroite. Monsieur.
CHASTENAY
Ce n’est pas de votre faute.
JULIE
Je ne suis pas tous les jours comme cela.
CHASTENAY
La comtesse vous a parlé d’une manière...
JULIE
Vous l’avez remarqué?..
CHASTENAY
Oui, c’est ce qui vous a troublée, c’est ce qui vous a fait casser...
Oui, c’est ce qui m’a fait casser lececond vase^ mais pour le premier, comme Madame ne m’avait encore rien dit, ce n'est pas cela.
CHASTENAY
G*est autre chose?...
JULIE
Oui, Monsieur.
CHASTENAY, à part.
Le diable m’emporte ! qu’est-ce que j’ai donc?
JULIE, lui montrant les morceaux de porcelaine qui sont sur le tapit.
11 faut que je ramasse tout cela, Monsieur.
L’AUTOGRAPIlBi
CHASTKNAY*
Je vais vous aider.
JULIE
Vous! ohl non^ Monsieur.
CHASTENAY
Mais si
Monsieur, je ne souffrirai pas.
CHASTENAY
Je le veux absolument.
JULIE
Laissez-moi faire. Monsieur, j’aurai bientôt fini. (Elle ae met à
genoux et commence à ramasser.)
CHASTENAY
Je vous dis que je veux vous aider, (u se met aussi à genoux.)
JULIE
Ah! Mcnsieur.
CHASTENAY
Ab! Julie, (ils sont agenouillés en face l’im de l’autre et se regardent pendant quelque temps.)
JULIE
Monsieur, voulez-vous me permettre de vous donner un conseil ?
CHASTENAY
Sans doute.
JULIE
Défiez-vous de monsieur le comte.
CHASTENAY
Et pourquoi ?
11 est homme à vous jouer quelque vilain tour...
CHASTENAY
Mais à quel propos?
JULIE
11 n’a l’air de rien, mais il a de bons yeux,
CHASTENAY
Qu"est-ce que cela peut me faire?
JULIE
Défiez-vous...
CHASTENAY
Le comte ne peut rien voir qui lui donne le droit de...
JULIE
Cela ne me regarde pas, ce que je vous en dis, moi...
CHASTENAY
Est-ce que par hasard vous, vous croiriez?...
JULia.
Ce que je crois importe peu...,
* Ghastenay, Julie.