‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 13 sur 90 · AIRES · texte numérisé non relu

AIRES

54 Je PARTIE. — AUTOMATISME TOTAL

le D’ Lefèvre est résumée dans l’ouvrage du D’ Despine ‘. Subitement elle cesse de parler et ses yeux deviennent fixes et immobiles, elle reste plusieurs heures immobile dans l’attitude de la contemplation la plus profonde. « Vers deux heures, l’extatique s'incline un peu en avant, se soulève avec une certaine lenteur, et, comme par un mouvement de projection, elle tombe la face contre terre. Dans cette position elle est étendue sur le sol, couchée sur la poitrine, la tête reposant sur le bras gauche; les yeux sont alors fermés, la bouche est entr'ouverte, les membres inférieurs sont étendusenligne droite. Atrois heures, elle fait un mouvement brusque, les membres supérieurss’étendenttransversalement en croix, les deux pieds se croisent, le dos du pied droit reposant sur la plante du pied gauche. Elle reste dans cette situation jusque vers cinq heures... L’extase se termine par une scène effrayante : les bras tombent le long du corps, la tête s'incline sur la poitrine, les yeux se ferment. La face prend une pâleur de mort, elle se couvre d’une sueur froide ; les mains sont glacées, le pouls est imperceptible, elle ràle..... Get état dure de dix à quinze minutes; puis la vie se réveille, la chaleur se ranime, le pouls se relève, les joues se colorent; mais pendant quelques minutes encore, c’est l'expression indéfinissable de l’extase. » N'est-ce pas là une description très exacte d'une cataleptique qui joue la scène de la mort du Christ, au lieu de jouer simplement, comme Léonie, la scène de la communion ?

Ainsi, dans les extases naturelles, dans les crises d’hystérie, comme dans la catalepsie artificielle, nous retrouvons le même fait initial, un arrêt brusque et complet de la conscience qui dure plus ou moins longtemps, qui peut, « comme un éblouissement,

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n'avoir qu'une durée insaisissable ? », mais qui existe toujours.

C'est au moment du réveil de la conscience, quand ce réveil n’est pas trop rapide, que se placent les extases, les poses passionnelles et la catalepsie. C'est la conscience naissante, « les sensations stupides » dont parlait Herzen, qui donnent lieu aux phénomènes que nous étudions.

‘ Despine. Somnambulisme, 316.

? Azam, Op. cil., 88.

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