‹ L'autorité sociale [microforme]Chapitre 6 sur 6 · EU ET · texte numérisé non relu

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les nations, de les faire servir à sa gloire, aux desseins de sa Providence sur le monde. C'est pourquoi la première obligation du pouvoir civil a Dieu pour objet. Rien ne saurait dispenser les magistrats d’un pays, même infidèle, du culte social, de la manifestation officielle du sentiment religieux. ‘Si la nature et la raison, “dit Léon XIII, imposent à chacun ‘“‘de nous le devoir d’honorer Dieu ‘“‘d’un culte religieux, parce que nous ‘sommes sous sa puissance et parce “que, sortis de Lui nous devons re- “tourner à Lui, la même loi oblige “la communauté publique. Car les ‘hommes réunis en société ne sont “pas moins sous la dépendance de “Dieu que s'ils vivaient isolés: et la “société n’est pas moins redevable “que les individus à ce Dieu dont ‘“‘le dessein l’a formée, dont le vou- “loir la conserve, dont la munificen- ‘‘ce lui assure tous les biens dont elle ‘ jouit ”. (IMMORTALE DE). |

L'Etat a le devoir de faire du culte de Dieu la base même de la s0ciété et de l'exercice du pouvoir: celui de veiller à ce que ce culte soit comme l’âme de l'éducation nationale: de punir sévèrement le blasphème et le parjure, Îles attentats aux lois saintes

du mariage, les outrages aux mueu:s I1 doit encore opposer une digue à !:

diffusion de l'impiété ; empêcher que des théâtres licencieux, des ‘muse.

ments publics déshonnêtes, des lieu) de débauche et de séduction, une presse irréligieuse ou obscène ne constituent un danger permanent Pour la morale, ne détournent les citoyens de la tendance vers Dieu, leur fin suprême.

Nous nous sommes placés à dessein dans l'hypothèse d’un peuple sans religion positive et sans foi divine.

Mais combier: sont plus graves et mieux déterminés les devoirs de l’autorité envers Dieu dans la société chrétienne.

Le pouvoir civil, placé en présence d'un culte fixé par Dieu lui-même, est tenu de s'y conformer, de le faire prévaloir, d'en pénétrer les lois et les institutions nationales, Les sociétés politiques doivent en effet comme les individus, en servant la Divinité, ‘‘suivre strictement les règles et Je mode bar lesquels Dieu a déclaré vouloir être honoré.” (Encycl. IMMORTALE DEI).

Si, en vüe d’un plus grand bien à obtenir, d’un mal social à éviten l'Etat croit nécessaire de tolérer diffé-

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rents Cultes, il doit cependant disposer la législation de manière à ce que, loin d'entraver la vraie religion, il la seconde, en assure le libre exercice et le plein développement.

Venant en contact avec l'Eglise fondée par Jésus-Christ pour être, à travers le monde et les siècles, l’or- &ane infaillible de sa doctrine et la déléguée de ses pouvoirs, l'Etat est obligé, alors même qu'il y aurait sé- Paration des deux sociétés, de reconnaître légalement cette divine institution, de s'incliner devant sa suprème autorité, de respecter son indépendance, ses libertés et ses droits ; “Il faut admettre, dit Léon XIII, que “l'Eglise est de sa nature et de plein ‘* droit non moins que l'Etat, une s0- ‘‘ ciété parfaite : que les dépositaires “du pouvoir ne doivent pas préten- ‘‘ dre asservir et subjuger l'Eglise, ni ‘diminuer sa liberté d'action dans sa ‘sphère ni lui enlever n'importe le- ‘ciel des droits qui lui ont été con- ‘“‘{crés par Jésus-Christ.” (IMMOR- TALE DEI.)

Parmi les droits inviolables de l’Eglise, les uns ont pour objet l’unité et l’indissolubilité du mariage, l’immunité des clercs, l'existence des communautés religieuses d'hommes et de

femmes, la sépulture chrétienne :

d’autres, les biens matériels dont dis pose l'Eglise, les legs pieux dont ell a la garde, le culte catholique et le 11 bre déploiement des cérémonies litur giques, 11 n’en est aucun cependan!

qui lui soit plus cher, qu'elle défende avec plus d'énergie et de’ constance que le droit d'enseignement.

L'Eglise seule, mes frères, a le pouvoir de prêcher la vérité révélée, celui d'ouvrir et de diriger des séminaires. Elle possède le droit, quoique non exclusif, d'enseigner les lettres les sciences et les arts, par suite, le droit de fonder des écoles et des uni:

versités. L'Eglise a encore la haute surveillance sur les écoles publiques en tout ce qui concerne la foi et la morale. Que l’Etat respecte donc intégralement ces droits et ces pouvoirs qui découlent d’une autorité supérieure à la sienne.

Est-ce tout? Non, si pour des légitimes motifs, l'Etat ouvre lui-méme des écoles, ces écoles doivent répondre aux justes exigences de l’Eglise, donner des garanties suffisantes d’orthodoxie et de moralité dans le choix des maîtres et des livres. Un gouvernement, même sans re-

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ligion officielle, ne peut pas patronner les écoles véritablement neutrss.

Quelqu'un a dit avec raison: “Un ‘‘ maître qui, par système, n'est pas “pour le Christ, est contre le Christ’’.

Malheur aux peuples qui chassent Dieu de l'esprit et du coeur de l'enfance ou de la jeunesse ! Ils sèment aujourd'hui le vent : demain ils recueilleront la tempéte. On n’ébranle Pas impunément le fondement principal de l'édifice social ; tôt cu tard l'édifice croulera.

B.—DEVOIRS ENVERS LA SoO- CIETE.—-L'autorité civile ayant pour fin le bien commun, son second devoir est de s’employer à le procurer dans la mesure des droits et des pouvoirs que lui reconnaît la constitution du pays.

Edicter des lois capables de protéger les droits naturels des familles et des associations légitimes; assurer à la propriété privée l’inviolabilité et un mode sûr de transmission; faire régner l'ordre et la paix au dedans et au dehors; réprimer avec vigueur les émeutes populaires:

gérer avec justice et économie les deniers publics; distribuer avec sagesse et impartialité ‘es char-ez ad-

ministratives, en particulier celles , la magistrature; ne faire peser s le peuple que des impôts vraime utiles et proportionnés aux reven:

des citoyens; sont incontestablemer parmi les devoirs qui incombent l'Etat, quelques-uns des plus grave

Défenseur né de la société, de s droits, de sa tranquilité, l'autori doit aussi en promouvoir le véritab progrès. Entraver l'immigratic quand elle est nuisible à la natio:

surveiller avec soin la venue des mi lires d'étrangers qui, devenus les « toyens de leur patrie d’adoptio en seront peut-être demain les che et en dirigeront les destinées; mu tiplier ou rendre plus faciles les m yens de transport et de communic:

tion; exploiter les richesses nature les êu pays; favoriser l'agricuitur la colonisation et l’industrie; veille à ce que le commerce ne soit :

troublé ni rendu frauduleux par de hausses et des baisses malhonnèête par le monopole et l’accaparement a profit d’une ploutocratie toute pui sante; voilà encore autant de d!

voirs que l'Etat ne saurait néglige sans manquer à sa noble mission.

L'autorité sociale doit aussi s’occ:

per du travail, de son organisatio

celles de peser sur vraiment

revenus iblement, mbent à s graves.

é, de ser l'autorité véritable nigration , nation; des mil- 18 les ciadoption, les chefs es; muily les monmunicanaturelicuiture, ; veiller soit ni par des 1Lonnèêtes, ment au ite puisde denégliger sion.

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de sa division. Il ne faut pas que l'ouvrier soit une simple machine, que le travail altère sa santé ou le mette dans l'impossibilité d'accomplir ses obligations envers Dieu et envers sa famille. 11 est permis sans doute à l’homme d'améliorer sa situation matérielle, d'acquérir la richesse, de reculer le domaine de son empire sur la matière, mais {1 ne doit jamais le faire au détriment des as- Pirations supérieures de l'âme et de ses éternelles destinées.

Dans son admirable encyclique RERUM NOVARUM, Léon XIII demande au pouvoir d'intervenir pour réprimer, ou mieux encore pour prévenir le relâchement des liens de famille parmi les travailleurs, la violation de leur dignité humaine par des conditions indignes et dégradantes, l'attentat à la santé de la femme et de l'enfant par des travaux qui devraient être réservés aux hommes. Ce grand Pape, qu’on a nommé le ‘‘pape des ouvriers ”, exprime le désir que la vraie mesure du travail soit désignée en déterminant la proportion nécessaire entre le repos et le labeur, entre la peine et le salaire, salaire qui doit permettre à l’ouvrier de vivre, lui et sa famille, et de faire de légitimes ré-

serves, pour la vieillesse ou les mau vais jours.

Un autre devoir de l'Etat est celu d'aider à la culture des lettres, de:

sciences et des arts: mais que le pou voir civ. se garde de jouer un rôlk qui n’est pas le sien. Son droit à l'enseignement n'est pas absolu :

c'est un droit purement RELATIF L'éducation de l’enfant constitue par sa nature même une fonction du foyer domestique. L'Etat ne doit pas l'usurper. Il n’a pas le droit d’instituer arbitrairement et aux frais du trésor public, en dehors de ses propres écoles, de nouveaux centres d'instruction, si les écoles libres existantes suffisent à tous les besoins:

encore moins a-t-il celui de rendre de telles écoles obligatoires, de faire de leur fréquentation une condition d’habilité aux emplois publics.

Dans un autre ordre de vhoses, mais toujours en vue du bien commun, le pouvoir est enfin tenu de respecter la liberté d’association, de reconnaître les corporations civiles nécessaires ou utiles à la société, d’aider pécuniairement les institutions de charité, en un mot de prêter son con- Cours à tout ce qui, de nature à ouvrir à l’activité humaine un champ

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plus veste, des horizons plus larges, ne peut cependant pas être obtenu par les seuls efforts des citoyens.

Tel est dans ses grandes lignes, mes frères, l'exposé bien pâle et forcément incomplet de la doctrine catholique au sujet de l’autorité sociale. Cette doctrine, n'est-il Das vrai, répond aux questions les plus vitales de la sociologie; elle en établit clairement les principes et les règles ir, muables. Elle apporte ‘au Pouvoir, ‘avec la conscience de sa divine ori- ‘’ gine, une force qu’il demanderait ‘vainement à une simple délégation ‘‘ de la multitude, Elle tempère la ‘puissance par le sentiment de la ‘‘ responsabilité ; elle limite les droits ‘“ par l’intimation des devoirs.”

Heureux les pays où les dépositaires de l'autorité, s'inspirant des enseignements lumineux de l'Eglise, en font la base de leur &ouvernement. Ils jouissent d’une paix profonde, d’une sécurité que rien ne peut ébranler, d’un bien-être social bien supérieur à la prospérité apparente des malheureux peuples dont les chefs aveugles n’ont aucun souci des éternelles destinées de l’homme et de ses vraies libertés, au- Cun respect des droits de Dieu sur a société. ‘ Les rois ont voulu règner

Par eux-mêmes”, s'écriait naguère l’i lustre orateur de Notre-Dame de P:

ris dont j'ai cité déjà quelques-unc des pensées fécondes, ‘“‘les rois on ‘voulu régner par eux-mêmes et !

“siècle qui finit a vu tomber les une ‘sur les autres les lynasties et le ‘‘ monarchies.Les chefs élus ont voul!

‘commander au nom de l’homme a “nom du droit populaire sans égar ‘“‘’au droit de Dieu, et les républi ‘‘ ques ont versé dans le désordre, Le ‘puissants ont voulu se faire une jus ‘“tice qui ne chercherait plus en Die:

"sa règle, et les peuples lésés on:

‘éclaté en plaintes amères, et de:

‘sectes subversives ont érigé l’anar ‘‘chie en dogme... Livrée à ses Ca:

“ prices, enivrée de l'orgueil qu’une ‘‘ fausse philosophie du pouvoir lui a “mis au coeur, la multitude se joue “de l’autorité,elle prend Dour favoris “les perturbateurs; c'est aux con- “’tempteurs des lols qu’elle donne ‘mandat de légiférer en son nom.Eli- “le va chercher ses élus dans les pri- ‘sons pour les porter aux honneurs; ‘‘et ceux qui, après l’avoir flattée, ont ‘aujourd’hui mission de la contenir, ‘hésitent déconcertés entre une sé- ‘“’curité périlleuse et des concessions ‘‘ funestes.”” (Mgr d’Hulst, Carême de 1895.)

uère l’ile de Paues-uncs rois ont les et le les unes ; et les nt voulu mme au 18 égard républidre, Les une jusen Dieu és ont et des l’anarses caqu’une ir lui a se joue favoris IX condonne 10m.BIles prineurs.; ée, ont ntenir, ane géessions ême de

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Sachons donc, mes frères, profiter des dures leçons que donnent aux vieilles nations de l’Europe les désordres et les angoisses de l'heure présente. Loin de chasser Dieu de notre vie nationale, que tout dans cette vie, jeune encore et pleine d'espérance, soit comme imprégné de son culte, et du respect de ses lois : nos foyers, nos écoles et nos universités, notre magistrature et notre législation.

Souvenons-nous de nos origines.

La religion chrétienne veilla sur notre berceau, elle fut l'âme de tous nos progrès, la sauvegarde de nos libertés et de nos plus chères traditions. En mettant le pied sur notre sol, Jacques- Cartier en prit possession au nom du Christ et du roi de France, au nom du pouvoir religieux et du pouvoir civil. Que ces deux pouvoirs restent donc à jamais unis dans une même pensée et dans une action commune.

Grâce à leur entente cordiale, que la patrie bien-aimée marche en avant:

que libre et fière, eile s’achemine d’un Pas sûr vers un brillant avenir. Inviolablement fidèle à son passé et à sa mission providentielle, qu’elle prenne place un jour parmi les nations les plus prospères, procurant au Christ

Jésus de nouvelles conquêtes, ouvrant au peuple canadien une ère glorieuse de paix et de grandeur. Ainsi soit-il,

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