‹ L'autre dangerChapitre 66 sur 88 · DE PARLER · texte numérisé non relu

DE PARLER

C'était une leçon de

SAINT-PHOIN.

quoi?

MARIE. • — De catéchisme.

SAiNT-PHOiN. — Ah! ahi Xous allons voir ça. Combien y a-t-il de vertus théologales?

MARIE. — Trois.

SAINT-PHOIN. — Et de péchés capitaux, Pierre?

PIERRE. — Sept.

sAi.NT-PHOiN. — Trois fois sept, Marie?

MARIE. — Vingt et un.

SAixT-PHOiN. — Et viugt et un en anglais, Pierre ?

PIERRE. — Tiventy-one.

SAINT-PHOIN. — Voilà un système d'éducation que je vous recommande. Je viens do l'iinventer et il donne déjà d'excellents résultats : c'est l'enseignement primaire sautillant : il consiste à passer sans transition du catéchisme à l'arithmétique, et de l'arithmétique aux langues vivantes; de cette façon, l'enfant s'instruit en s'amusant... son esprit devient agile, souple, toujours en éveil, prêt à tout saisir, h tout comprendre. Qu'en pensez-vous, Morins?

MORINS. — Je n'ai pas écouté.

l'abbé bloquin. — Sous des apparences plaisantes il y a dans ce que vous dites là des choses excellentes... profondes.

SAINT-PHOIN. — Je le sais bien.

lOO

Le Torrent

l'abbé bloquin, à Valentine. — Il faut que je m'en aille. Vous n'oubliez pas que vous m'avez promi* de me faire donner du pétrole pour ma machine, sans quoi je risquerais de rester en route.

VALENTINE. — Je ne l'oublie pas... Voulez-vous veJiir avec moi.

CHARLOTTE. — La voiture doit être attelée, Julien, il faut nous en aller aussi.

JULIEN. — Je suis à votre disposition.

HUBERT. — Alors, on se quitte.

OHARLOTTE. — Oui, on 66 quitte.

HUBERT. — Vous savez que vous vendangez après-demain chez nous.

CHARLOTTE. — Oui, oui, c'est inscrit.

HUBERT. — ■ Voulez- vous faire une belle chasse demain, oii vous tuerez énormément do i^ibier?

CHARLOTTE. — Je vcux bien, où ça?

HtTSERT. — Vous sav8z que les Schlant chassent au rabat demain.

SAiNT-PHOiN. — Quinze jours après l'ouverture... au rabat! C'est du massacre, c'est de la tuerie !

HUBERT. — Cest absolument mon avis; mais nous pouvons en profiter. Nous n'avons qu'à nous tenir sur la hauteur, en face de leur chasse, de l'autre côté de la rivière : les faisans qu'ils manqueront, traversent, eu se sauvant, la petite vallée et viennent de notre côté, et comme ils ne peuvent pas sauter d'un coteau à l'autre pour les poursuivre, c'est nous qui les tirerons... Nous en verrons passer des centaines.

CHARLOTTE. — C'est ça, c'est ça...

La mère Mousseron est occupée k ranger des lingeries de petit enfant.

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