‹ L'autre FranceChapitre 4 sur 14 · SALUT · texte numérisé non relu

SALUT

À travers l'Atlantique, une voix a parlé!

C'est notre jeune sœur, c’est la nouvelle France, Qui, dans le fier essor de son adolescence, Adresse un cri d'appel au vieux monde ébranlé :

« Viens, Frère, viens puiser ma force et ma jeunesse ! « Viens puiser aux trésors de ma fécondité |

« La puissante verdeur de ma virginité

« De centuples moissons assure la promesse!

« Demande à mes sillons, demande à mes forêts

« Ce qu'un sol épuisé refuse à ta culture,

« Et demain, pour nous deux, la moisson sera mûre: « Car j'ai place pour tous en mes vastes bienfaits.

« Tu rempliras chez moi tes granges appauvries :

« Et dans mon cœur ému lu trouveras, ardents,

« Les communs souvenirs, les communs sentiments, « Et le culte jumeau de nos doubles patries,

Il SALUT!

« Tout est rempli de toi, Frère trop oublieux;

« Tout chante sur mon sol ton passé, ta mémoire : « J’ai cultivé ta langue et gardé ton histoire;

« Plus fidèle que toi, j'ai conservé tes dieux!

« Loin de toi, deux cents ans, j'ai grandi solitaire; « Mais vivace en mon cœur je retrouve ton sang; « Ta sœur sait refuser un autre embrassement : « Pour partager sa dot, elle appelle son frère! »

Et notre vieux pays, à cette jeune voix,

Qui lui parle d'amour et souffle l'espérance, Quand le monde jaloux prédit sa défaillance, Tressaille et reconnaît cette sœur d'autrefois.

Il écoute, il palpite, et le jour se prépare, Où ses fils répondront à l’appel du dehors, Demandant au sol neuf ses faciles trésors, Et sous un ciel clément la gerbe moins avare!

Il viendra : nous le devançons!….

Un vent ami, gonflant nos voiles, Va confondre nos deux étoiles | Salut, Frères, nous arrivons!

Ladedarp;

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