‹ L'autre (volume 2)Chapitre 13 sur 88 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Je ne vous quillorai pas, je veillerai sur vous, sur cette enfant que j'adore. Elsie, je ne veux pas qu'on l'emmène. Votre mari a le droit de me tuer, que n'en use-t-il ? Il aime mieux me torturer, m'arracher le cœur, m'enlever ma fille ! ... Je ne le veux pas, moi. Résistez, je l'exige !

LLSIE.

Vous voulez donc me perure, livrer ma vie au scandale. priver Hélène d'avenir et de nom ?

MAXWELL

Et vous qui l'envoyez dans une famille étrangère, vous voulez doûc qu'elle doive son nom et son avenir à un mensonge "? Non, cette lâcheté que vous voulez m"imposer révolte mon honneur et ma conscience. Ne préférez pas votre réputation à ma dignité, à la vie de votre enfant que l'on expatrie, qu'on livre à des inconnus, que l'on expose, volontairement peut-être, à mourir dans ce voyage 1

KLSIE.

Ah ! que vous me faites de mal ! Voyez, je suis mourante. Le pou de fortune que j'ai, mon mari le dissipera en un jour. Il épousera Hilda Sinclair, qui est riche, ambitieuse d'un litre, et qui le dominera, elle ! Hilda Sinclair qui vous hait, parce que, quand votre amour pour moi n'était encore qu'une amitié dévouée, vous avez osé lui reprocher de m'enlever la protection de mon mari. Cette femme opprimera et maltraitera lîéhme... Oh ! Dieu! que deviendra ma pauvre enfant si elle ne trouve pas un appui dans ma belle -mère ! Vous n'avez pas de droits sur elle, vous ne pouvez ni l'adopter ni l'élever ; ne m'empêchez pas de la soustraire à l'avenir qui l'attend ici... Hélas! vous ne pourriez le conjurer, vous êtes pauvre !

MAXWELL

Pauvre et obscur, oui ; mais je ne suis ni un dissipateur ni un oisif, moi ! J'ai de la volonté, j'ai de l'avenir, je le sais, je le sens, je connais ma force et rien ne m'effrave. Je no

U L'AUTUE

poux ni adopter ni élever ma tille? Vous vous trompez, Elsie, je jure qu'un moment de courage peut nous sauver tous trois. Ne rougissons plus d'une faute que le mensonge aggrave. N'usons plus nos forces à d'^'plorer une faiblesse irréparable ; faisons-en une énergie, un devoir, un avenir nouveau. Sachez que votre mari aspire à rompre les liens qui vous unissent et qui, à votre insu, n'ont pas été régulièrement formés. Ne le trompez pas davantage. Allez chercher Hélène et fuyons ensemble. Fuyons tout de suite. Que votre amour maternel se ranime et je réponds de votre guérison, moi! Aidez-moi à vous sauver, voilà tout ce que je vous demande.

ELSIE

Eh bien, oui... Ah! ma tête se trouble... Non! J'ni peur!...

MAXWELL

Que craignez-vous ? Ne savez-vous pas que, dès le premier jour, j'ai accepté toutes les conséquences de ma passion? Ne vous ai-je pas cent fois offert ce que je vous demande à genoux maintenant ?... Doutez-vous de moi? Ne suis-je pas un homme de résolution soudaine et d'éternel dévouement? Allons, venez ! Hélène est encore là. Votre mari ne nous poursuivra pas, vous le savez bien; vous savez bien qu'il aime ailleurs et qu'il ne daigne pas être jaloux! (Le comte entre.) Vous savez bien qu'il ferme les yeux, ce Français philosophe, et qu'il ne veut pas se battre avec moi pour si peu de chose que son honneur conjugal et le cœur de sa femme !

LE COMTE

Vraiment!...

Elsie jette un cri, s'affaisse en silence sur le canapé et s'évanouit.

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