SCÈ^E IV CÉSAIRE, MAXWELL
t MAXWELL.
Dites-moi, mon cher Césaire... (Césaire, qui s'est plonge daus
un livre, relève le tète.) Nous n'avons pu échanger quc quelques mots, ce matin; mademoiselle Hélène ne se marie donc pas ? Est-ce que vous soupçonnez toujours le petit cousin Marcus d'être secrètement préféré ?
CÉSAIRE
Monsieur, c'est une énigme à dérouter un sphinx que la lètc d'une femme, et le cœur d'une jeune tîllc est un labyrinthe d'où Thésée ne fût certainement pas sorti. Mademoi-
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selle Hélène est une personne supérieure, dont la sagesse et la compréhension m'élonnent toujours. Eh bien, il me semble parfois qu'elle éprouve les mêmes ennuis, les mêmes agitations qu'une personne ordinaire; et, dès lors, si elle doit aimer quelqu'un, il est si naturel que Marcus, son parent, son compagnon d'enfance, celui que, tout en la laissant libre de choisir, sa grand'mère lui a toujours destine...
MAXWELL, un peu brusque.
Vous êtes lous trop habitués à Marcus, vous ne le connaissez plus ; je l'oliserve, moi! Il est froid et frivole.
CÉSAIRE
Permettez! frivole, non; ce n'est là que la surface... Froid... il n'est peut-être que gauche. Il ne comprend pas d'emblée les choses difficiles. Il craint un peu la peine, il n'a jamais connu ça, lui ! Ce n'esf pas un cerveau prime-sautior comme celui d'Hélène, qui, par vaillance naturelle, franchirait des abîmes... Elle rêve peut-être un paladin de l'Arioste. Vous me l'avez un peu gâtée, un peu exaltée, vous î
MAXWELL
Moi ?
CÉSAIRE
Dame ! vous aimez les choses sublimes et vous en parlez avec un sentiment qui fait qu'on est sous le charme; mais les tempéraments héroïques, monsieur, sont bien rares depuis les temps fabuleux, et mademoiselle Jeanne est d'avis qu'Hélène devrait rabattre un pou de son idéal.
MAXWELL
Et c'est parce que Jeanne le croit, que vous le croyez aussi.
CÉSAIRE, ingénument.
Dame !...
MAXWELL
Croyez-en iilulôt, mon cher Césaire, rexpéiionce d'un homme qui a plus vécu à lui seul, que les hôtes de celte mai-