‹ L'autre (volume 2)Chapitre 31 sur 88 · SCÈNE VllI MARGUS, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VllI MARGUS, HÉLÈNE

AlARCLS , lui présentant un bouquet.

C'est la vingt et unième année qui commence ! Je te la souhaite bonne et heureuse.

Elle lui tend ses deux joues. 11 1 embrasse froidement. HÉLÈNE.

Merci ! voilà de belles fleurs de montagne ! (a part.) Qu'il n'a certes pas cueillies lui-même ! (Haut.) On ne t'a pas vu depuis longtemps ; tu t'es donc bien amusé à la ville ?

MARCUS

Je ne sais pas si je me suis amusé ; je sais que je ne m'amuserai plus, ni là ni ailleurs.

HÉLÈNE

Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu es contrarié ?

MARCUS

Très-contrarié, ma chère : je suis ruiné.

HÉLÈNE

Ruiné?

MARCLS.

A plat ! Tu sais, mes deux cent mille francs, tout mon avoir tout mon avenir?

HÉLÈNE

Eh bien ?

-M AhC L >.

Us ont tilc dans la débâcle Fargèo cl Compaguic, de .Mar- .eillc.

L'AUTUK

iiiiLÎ: \i£.

Tu es sur ?

MAUCUS.

Très-sùr. Voici la lellre de i'ami Fourvières, qui est là-bas, inquiet aussi pour son comple... Qu'est-ce que tu dis de ça?

HÉLÈNE, lui rendant la lettre .

Ah ! pauvre Marcus ! Est-ce que ma bonne-mauian le sait?

M AKCUS.

Il fallait bien le lui dire. Je ne sais pas si elle a bien compris. Elle a vu pourtant que je lui faisais mes adieux, et elle m'a mis dans la main son gros diamant que je le rapporte. Je ne veux rien, je suis de ceux que la pitié humilie.

Il remet d'autorité la bague au doigt d'Hélène, HÉLÈNE. »

Mais qu'est-ce que tu vas devenir ?

MARCUS, lui montrant la nier au loin.

Tu vois d'ici le chemin bleu que je vais prendre. J'irai sur les océans plus eu moins pacifiques, lâcher de l'aire une petite fortune.

HÉLÈNE

Kst-ceque tu sauras jamais faire fortune, toi?

MAUCUS,

Je suis trop ignorant et trop paresseux, n'est-ce la^ ?

Je ne dis pas cela, mais lu n'as pas de spécialité, l^uisque lu as ici un emploi dans les bureaux de la marine, pourquoi ne [ins attendre ton avancement?

Paicc [ue je manque de souplesse et de grâce pour me faire remarquer, je ne veux pas pourrir dans un bureau. J'ai accepté ce fade exercice pour avoir l'air occupe ; ta grand'mèrc le désirait je n'avais rien à lui refuser. Je comptais, par

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