‹ L'autre (volume 2)Chapitre 33 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HÉLÈNE, mètre jeu.

Pas davantage.

Tu m'épouserais par générosité ?

HÉLÈNE

Par dévouement, paramilié fraternelle.

MARCUS

Si j'acceptais, qu'est-ce que tu penserais de moi?

HÉLÈNE

Je penserais que lu m'estimes et me comprends.

Voyons! tu sais que je n'ai jamais fait de sottises. Me crois-tu capable d'en faite?

.le suis certaine que tu n'en feras jamais.

MARCUS

Tu ne souffriras pas, toi si studieuse et si instruite, de mon peu de savoir, de mon manque de poésie?

HÉLÈNE

Si j'en souffre, personne ne le saura et je tâcherai de ne pas le savoir moi-même î

MARCUS

Tu sais que je ne suis pas comme beaucoup de nos Provençaux, un coureur de lointaines aventures, encore moins un viveur de province; que je ne singe pas les beaux jjetits messieurs de Paris; que je trouve le vice bête, que je hais la pose, que je suis enfin un brave garçon sans reproche et sans art? Tel que je suis, me liendras-iu compte, je ne dis pas de mes brillantes qualités, je n'en ai pas, mais de l'absence de défauts choquants et insupportables ?

HÉLÈNE

Je chercherai là mon boidieur.

40 L'AUTKE

M ARC us.

Oh! le bonheur, ma chère, c'est un étal négatif; c'est l'absence de préoccupations.

HÉLÎiNE.

Je m'habituerai à cette appréciation de la vie.

M ARGUS

Eh bien, attends un peu. Tu me jures que ce n'est pas un coup de lêtf?, que tu n'avais pas rêvé l'idéal avec moi?

HÉLliNE.

Je te le jure,

MARC us.

Alors... écoute à ton tour. Voici ma théorie, à moi. On se repent de l'enthousiasme, on se dégoùle de la passion, on en vient toujours à mépriser les idoles ; leur état, c'est d'être souffletées un jour ou l'autre. L'amitié ne laisse pas de remords, elle n'est pas l'esclave du caprice. La nôtre dure sans nuages depuis notre enfance, elle peut durer autant que nous! Hélène, je ne t'ai jamais parlé mariage parce que je savais que ta grand'mère le désirait et que j'eusse craint de tromper l'attente de ta jeune imaginalioa : j'aurais tremblé, j'aurais fui peut-être devant ton amour. Mais, puisque c'est la raison qui prononce, j'accepte ton amitié, ta confiance et ta main.

llÉLt:NE.

Va vile dire à bonne-maman que nous sommes décidés.

MARCUS

Non! nous savons qu'elle approuvera; mais la position où je suis désormais me défend l'iniliative. Tu l'as prise, c'est à toi de la conserver.

HÉLÈNE

J'y vais.

EUf sort.

MARCUSj étonné, et comme irre.

Eh bien, voilà une solution inattendue, par exemple! elle

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