SCÈNE PKEMlEliE
IlILDA SINCLAIR, LE COMTE DE MÉRANGIS. costume d'officier de marine. — Hilda enveloppée de fourrures. -^ Ils entrcnt par la porte Titrée.
LE CCMTE, eiilraul le premier.
Il n'y a personne ici, entrez !
m LB A, ironiijue.
Je pense bien que vous n'auriez pas ia cruauté de me lais- ^;er dehors par celte maussade soirée. Le vent, la neige, une vraie nuit d'Ecosse ! C'est donc là, monsieur de Mérangis, le
2 L'AITUIÎ
manoir de Linsdale ! Le parloir n'est i)as plus gai que le parc. Fâcheuse rdsidencc pour un brillant gentilhomme français! Vous aurez beau dire ; quand on est gêné comme vous Tétiez déjà, et qu'on épouse miss Elsie Wilmorc, dont cette terre sans rapport et ce château délabré sont l'unique patrimoine, on fait un mariage d'amour.
LE COMTE, quia été vers le fond.
i'arlez plus bas. Elle est là, peut-être !
IIILDA.
Quand elle y serait? l^uisque je veux la voir!
LE COMTE
Je vous supplie de renoncer à cette fantaisie : il est temps encore.
HILDA, qui a été à la cliominée.
Monsieur le comte, Elsie Wilmore recevra llilda Sinclair, qui vient à elle sans parti pris, uniquement pour voir si elle est à craindre... ou à plaindre!
Elle sonne.
LE COMTE
Je l'ai aimée ; je vous ai vue, je vous ai suivie... je ne l'aime plus !
HILDA
Alors, il taut la plaindre... à moins qu'elle ne soit consolée !
LE COMTE
Vous dites?
Entre Meg, apportant une lumière.
ME G, coninio effrayée
Ah! monsieur le comte!... revenu de Londres!
LE COMTE
Madame pcul-clle recevoir?
['UOLOGUE 3
ME G, stupéfaite, regardant Hilda.
Qui?., elle?...
HlLDA.
Allez lui dire que mislress Sinclair, revenue dans ses terres, désire saluer sa plus proche voisine.
M EG, menaçante.
Vous voulez la voir, vous?
LE COMTE
Obéissez ! Laissez celte lumière.
Meg sort.