‹ L'autre (volume 2)Chapitre 55 sur 88 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

se doute toujours pas de la mort de rnon oncle, puisque... Pauvre tante ! parle-L-elle, à présent ?

CASTEL

Pas encore.

MAKCUS.

Pas un mot depuis six semaines !

CASTEL

Vous trouvez ça étonnant, qu'ayant été comme morte pendant plusieurs jours, elle ne soit pas encore en état de faire la conversation ?

.MARC L s.

Le docteur Pons dit qu'elle restera ainsi !

CASTEL

Le docteur Pons est un âne ! si on l'écoutait, on enterrerait ses malades tout vivants ! Ah ! les médecins !

MARC us. '

Mais monsieur Maxwell!

CASTEL

Ce n'est pas un médecin, celui-là! C'est, ne vous en déplaise, un homme de génie qui l'a sauvée et qui nous la conservera.

MARCL'S, regardant la comtesse.

Oui, mais muette, égarée !

CASTEL

Elle n'est ni l'un ni l'autre. Je vous dis, moi, qu'elle pense, qu'elle réfléchit, même; qu'elle a sa raison et qu'elle se porte mieux qu'auparavant. Si elle ne parle pas, c'est qu'elle sent que ça la fatiguerait. Elle attend que la force lui revienne; elle a plus de patience et de sagesse que nous tous, à commencer par vous, ce qui n'ett pas difficile !

MARC us.

Merci, père Castel î Vous me délesterez donc toujours?

72 L'ALTUi!;

CASTliL .

Qu'esl-cc que ça vous fait?

M ARGUS

Au point où j'en suis, une épiae de i)lus ou de uioias dau^ le bouquet de la vie !...

Vous voyez des épines partout, vous! Vous avez la peau trop tendre; vous croyez toujours quon vous déteste... c'est l'effet de votre joli caractère.

MARC us.

Ou du vôtre. Mais vous êtes si dévoué à ma pauvre tante, que je vous pardonne tout.

Vous êtes bien bon !

JEANINE, qui s'est ax^prochée d'eux.

Laissez dire monsieur Gaslel. 11 ne maltraite que ceux qu'il aime... Voulez-vous dire bonjour à madame ?

MARC us.

Ah ! ou peut lui parler, à présent?

JEANNE

Monsieur Maxwell ne le défend plus, pourvu qu'on n'insiste pour qu'elle réponde ; il faut à son esprit un repos complet!

M ARC us, uiûiUrant Hélène qui quitte le piano.

Va vous ne craignez pas que la musique...?

casti:l .

La musique ne filigue que les sols 1

M A II C L s .

Ojinme moi?

Hélène lui fuit siyiii; il .ij«iiio( her.

AGIE TROISIEME 73

HÉL ÈNE.

Bonjour, Marcus.

MARC us, se mettant aux genoux de la comtesse.

Bonjour, Hélène. Me permeltez-vous de vous baiser la main, ma bonne tante ? Je vous trouve bien mieux aujourd'hui ?

HÉLÈNE

Tous les jours mieux !

MARCUS

Vous me reconnaissez bien, à présent ?

UÉLEyE .

Certainement.

M ARGUS

Et vous aimez toujours les fleurs?

La comtesse qui parait incertaine devant toutes les questions, regarde avec étonnement les fleurs qu'elle tient.

CA STEL, à Jeanne.

On lui dit de ne pas la questionner, et il ne fait que ça !

JEA>'.\E.

Mais Hélène répond pour elle ; c"esi comme cela qu'il taui l'aire.

MARCUS, à la comtesse.

Voulez-vous me donner une de ces roses ? (La comtesse lui me une rose à la boutonnière.) Ah ! enfiu, le voilà revcau, volie bou sourire, et cela nous rend tous heureux!

HÉLÈNE

El moi, voulez- vous me donner un baiser ?

La comtesse la regarde avec une sorte de méfiance craintive, se détourne et donne le baiser à Marcus

MARCUS

Merci ! Mais Hélène sera jalouse !

lé

LA COMTESSE, élonnée, avec effort.

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