ACTE TROISIÈME
se doute toujours pas de la mort de rnon oncle, puisque... Pauvre tante ! parle-L-elle, à présent ?
CASTEL
Pas encore.
MAKCUS.
Pas un mot depuis six semaines !
CASTEL
Vous trouvez ça étonnant, qu'ayant été comme morte pendant plusieurs jours, elle ne soit pas encore en état de faire la conversation ?
.MARC L s.
Le docteur Pons dit qu'elle restera ainsi !
CASTEL
Le docteur Pons est un âne ! si on l'écoutait, on enterrerait ses malades tout vivants ! Ah ! les médecins !
MARC us. '
Mais monsieur Maxwell!
CASTEL
Ce n'est pas un médecin, celui-là! C'est, ne vous en déplaise, un homme de génie qui l'a sauvée et qui nous la conservera.
MARCL'S, regardant la comtesse.
Oui, mais muette, égarée !
CASTEL
Elle n'est ni l'un ni l'autre. Je vous dis, moi, qu'elle pense, qu'elle réfléchit, même; qu'elle a sa raison et qu'elle se porte mieux qu'auparavant. Si elle ne parle pas, c'est qu'elle sent que ça la fatiguerait. Elle attend que la force lui revienne; elle a plus de patience et de sagesse que nous tous, à commencer par vous, ce qui n'ett pas difficile !
MARC us.
Merci, père Castel î Vous me délesterez donc toujours?
72 L'ALTUi!;
CASTliL .
Qu'esl-cc que ça vous fait?
M ARGUS
Au point où j'en suis, une épiae de i)lus ou de uioias dau^ le bouquet de la vie !...
Vous voyez des épines partout, vous! Vous avez la peau trop tendre; vous croyez toujours quon vous déteste... c'est l'effet de votre joli caractère.
MARC us.
Ou du vôtre. Mais vous êtes si dévoué à ma pauvre tante, que je vous pardonne tout.
Vous êtes bien bon !
JEANINE, qui s'est ax^prochée d'eux.
Laissez dire monsieur Gaslel. 11 ne maltraite que ceux qu'il aime... Voulez-vous dire bonjour à madame ?
MARC us.
Ah ! ou peut lui parler, à présent?
JEANNE
Monsieur Maxwell ne le défend plus, pourvu qu'on n'insiste pour qu'elle réponde ; il faut à son esprit un repos complet!
M ARC us, uiûiUrant Hélène qui quitte le piano.
Va vous ne craignez pas que la musique...?
casti:l .
La musique ne filigue que les sols 1
M A II C L s .
Ojinme moi?
Hélène lui fuit siyiii; il .ij«iiio( her.
AGIE TROISIEME 73
HÉL ÈNE.
Bonjour, Marcus.
MARC us, se mettant aux genoux de la comtesse.
Bonjour, Hélène. Me permeltez-vous de vous baiser la main, ma bonne tante ? Je vous trouve bien mieux aujourd'hui ?
HÉLÈNE
Tous les jours mieux !
MARCUS
Vous me reconnaissez bien, à présent ?
UÉLEyE .
Certainement.
M ARGUS
Et vous aimez toujours les fleurs?
La comtesse qui parait incertaine devant toutes les questions, regarde avec étonnement les fleurs qu'elle tient.
CA STEL, à Jeanne.
On lui dit de ne pas la questionner, et il ne fait que ça !
JEA>'.\E.
Mais Hélène répond pour elle ; c"esi comme cela qu'il taui l'aire.
MARCUS, à la comtesse.
Voulez-vous me donner une de ces roses ? (La comtesse lui me une rose à la boutonnière.) Ah ! enfiu, le voilà revcau, volie bou sourire, et cela nous rend tous heureux!
HÉLÈNE
El moi, voulez- vous me donner un baiser ?
La comtesse la regarde avec une sorte de méfiance craintive, se détourne et donne le baiser à Marcus
MARCUS
Merci ! Mais Hélène sera jalouse !
lé
LA COMTESSE, élonnée, avec effort.