SCÈNE III
LE CO.MTE, ELSIE, venant du fond, enseii'blft. Li: COMTE.
Eh bien ?
Elle est partie !
ELSIE
l.K COMTE. Partie ?... (Refermant la porte vitrée avic un peste de satisfaction. ^
Elle s'est lassée d'aitendre votre bon plaisir,
ELSIE
Je vous réfièie, monsieur, que j'étais couchée: j'ai à peine pris le temps de me vêtir. Ne vous a-t-on pas dit que j'allais descendre ?
LK COMTE
Non!... votre nourrice... (Meg fnlt un mouvement ; d'un geste impératif, il la congédie; elle sort.) Mais laisSOUS Cela, jC vicns VOUS
apporter une nouvelle. La personne que ma mère envoie pour emmener voire fille en France sera ici dans un instant.
ELSIE, tressaillant.
Déjà ?
PROLOOUK 7
LE COMTH:, froidement.
Vous étiez prévenue.
ELSIE
Mais Hélène est beaucoup mieux ! Vous n'exigez pas qu'elle parte au milieu de l'hiver...
LE COMTE
Elle trouvera le printemps en Provence.
ELSIE
Une enfant si jeune ! un si long voyage ! Je vais mieux aussi, monsieur. Dans quelques semaines, dans quelques jours peut-être, je pourrais accompagner Hélène.
Chez ma mère? Ma mère a l'austérité d'une vie sans tache; cela ne vous eflraye pas ? D'ailleurs, quitter l'Ecosse, vous ? celte riante patrie où vous avez ju vous faire une vie si douce, si indépendante?
ELSIE
Ah ! monsieur, je vous jure que, si je l'avais pu, si j'avais été moins malade, il y a longtemps que j'aurais répondu k l'appel de votre mère.
LE COMTE, ironique.
Mais votre ami, le jeune médecin, ne vous l'a pas permis? Il est plus absolu que moi, convenez-en ! — Pourquoi tremblez-vou>?
ELSIli, iillnnt à lu cbemince.
J'ai froid... (a part.) Il sait tout ! Je suis perdue!
LE COMTE, voyant lo porte du fond s'ouvrir.
Voici la femme qui doit emmener votre fille.
ELSIE
Ah !... Vous la connaissez, au moins?
LE COMTE
Fort peu. Faites connaissance avec elle : cela vous regarde.
Il sort.