ACTE DE UXn: -ME
Qu'à leur courte action sa distance dérobe ?^
Afais il importe à nous, que le Seigneur a mis
Sur la terre, d'y vivre à sa règle soumis.
Nul ne soufTre ici-bas d'une erreur des sciences;
Un doute sur la foi tarait les consciences,
Et déshériterait les peuples pervertis
Du remords des forfaits, du frein des appétits.
— Que si d'en bas je monte à la vie éternelle, Combien plus ton. audace apparaît criminelle ! Quoi! ne frémis -lu pas, en osant te charger Des âmes dont tu mets le salut en danger?
G ALI-LÉ E
Moi, détruire la foi. quand j'agrandis le culte! Montrer Dieu dans son œuvre, est-ce lui faire insulte? Ah ! la comprendre mieux, c'est la mieux adorer, Et c'est l'honorer mal que la défigurer. J.es cieux, selon la Bible en qui nous devons croire, Les cieux de leur auteur nous racontent la gloire; Eh bien, j'ai mieux qu'un autre écouté leur récit. Et je l'ai répété comme les cieux l'ont dit.
— Par quel besoin? dit -on. Par un besoin auguste : La soif du vrai, l'horreur du faux, l'amour du juste. Dieu mit dans tous les cœurs ces instincts généreux,
o6 GALILÉE.
Et les fit si puissants, que l'on mourrait pour eux; C'est là qu'est la grandeur, et la force et la vie ; Qui les sert est pieux, qui les étoulTc , impie. D'ailleurs, est-ce qu'on peut jamais les étoulTer, Et, pour m'avoir vaincu, croirez-vous triompher? Peut-on barrer le cours d'une vciité neuve? V Arrêter une goutte, est-ce arrêter un fleuve? Croyez-moi, respectez ces aspirations, Elles ont trop d'élans et trop d'expansions Pour souITrir qu'un geôlier les tienne prisonnières; J.aissez-Ieur le champ libre, ou malheur aux barrières! — Ah! Rome, aux premiers jours de ton culte proscrit. Tu disais n'opposer au glaive que l'esprit; N'as -tu donc triomphe que pour changer de rôle, Et toi-même opposer le glaive à la parole?
l'inqlisitelp..
Ton nom, ô Galilée, est la rébellion.
Non. Je suis l'examen, et vous, l'oppression.
l'inquisiteur.
Insensé, ne cours pas à ta ruine! Abjure.