SCÈNE V
ELSIE, puis M A X W E L L.
ELSIE
Dans deux jours ! Encore deux jours, et je ne la verrai
plus ! (Elle s'agenouille nu prie-Dieu.) Mon DicU !... je VOUS offro
ce déchirement en expiation!...
MAXWELL, entrant par la porte vitrée.
E'sie !
ELSIE, étouffont un cri.
Vous ! quand le comte vient d'arriver ?
MAXWELL
C'est pour cela. Il faut que je vous parle. Votre nourrice vient de me dire que la Française est arrivée aussi et qu'elle va emmener Hélène. Qui est-elle, celte femoîe? Où est-elle?
ELSIE
C'est une personne très-sûre. N'espérez pas la faire manquer à son devoir.
MAXWELL
Vous consentez donc?... Ah! faible cœur!
Hélène est malade, il faut...
MAXWELL
Elle ne l'est plus, elle ne l'est pas ! Est-ce moi "qui m'y tromperais? On veut l'éloii^ner de vous, de moi...
ELSIE
C'est le châtiment qu'on nous inflige.
MAXWELL
De quel droit l'époux infidèle punirail-il l'épouse délaissée?
ELSIE
Ail ! ne vous justifiez pas !
MAXWELL
Moi, je m'accuse ; mais vous...
ELSIE
Ne me justifiez pas non plus. Vos soins ne peuvent me sauver : je meurs du repentir de mon égarement.
MAXWELL
Vous ne m'aimez donc plus? Ah! vous êtes lasse de souffrir, pauvre Elsie ! Mais je ne me décourage pas, moi!