ACTE TROISIÈME
HÉL ÈNE.
Bonjour, Marcus.
M ARC us, se mettant aux genoux de la comtesse.
Bonjour, Hélène. Me penneitez-vous de vous baiser la main, ma bonne tante ? Je vous trouve bien mieux aujourd'hui '?
HÉLÈNE
Tous les jours mieux !
MARCUS
Vous me reconnaissez bien, à présent ?
HÉLÈNE
Certainement.
MARCUS
Et vous aimez toujours les fleurs?
La comtesse qui parait incertaine devant toutes les questions, regarde avec étonnement les fleurs qu'elle tient.
CASTEL, à Jeanne.
On lui dit de ne pas la questionner, cl il ne fait que ça !
JEANNE
Mais Hélène répond pour elle ; c'est comme cela qu'il faut faire.
MARCUS, à la comtesse.
Voulez-vous me donner une de ces roses ? (La comtesse lui met une rose ù la boutonnière.) A.h ! enfin, le voilà rcvcnu, votrc bon sourire, et cela nous rend tous heureux !
HÉLÈNE
Et moi, voulez-vous me donner un baiser ?
La comtesse la regarde avec une sorte de méfiance craintive, se détourne et donne le baiser à Marcus.
MARC US
Merci ! Mais Hélène sera jalouse !
LA COMTESSE, étonnée, avec effort.
Hé... IWlène?
HÉLÈNE, lui baisant les mains.
Ah ! elle a dit mon nom !
M ARC us, bas, surpris.
Mais elle ne semble pas le reconnaître !
HÉLÈNE, de même.
N'importe, n'importe! c'est assez pour aujourd'hui!
Oui, oui, c'est beaucoup . (a la comtesse qui cherche à s'exprimer.) Voulez-vous aller au jardin? (La comtesse se 1ère seule, el semble demander pourquoi.) POUr Chercher d'autres flcurS ? LA COMTESSE.
Oui, pour...
JEANNE
Pour?...
LA COMTESSE, semant les fleurs qu'elle tient.
Les morts!
Il EL EXE , bas, à Marcus.
Ah ! tu vois ! elle pense à son tils!
M ARC os.
Pauvre Ophélia en cheveux blancs!
LA COMTESSE, au moment de sortir lentement, avise un crêpe noir qui est par terre, au fond, et le roule autour des fleurs qu'elle tient en répétant.
Les morts!...
Elle sort avec Jeanne.