‹ L'autreChapitre 83 sur 150 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

JEANNE

Oui, vous m'estimez...

CÉ8AIRE

Je vous vénère !

JEANNE

Vous croyez donc mon esprit bien droit, ma conscience bien nette? i

CÉSAIRE

Votre conscience ? C'est le plus pur cristal !

JEANNE

Eh bien, vous vous trompez : j'ai fait quelque chose de mal, en ma vie !

CÉSAIRE

Vous ?

JEANNE

Un mensonge.

CÉSAIRE

Non! Vous n'auriez pas su!...

On peut beaucoup mentir en ne parlant pas.

CÉSAIRE

C'était pour sauver quelqu'un !

JEANNE

Oui. J'ai pris pour moi le repentir et la crainte.

CÉSAI RE.

Alors, ce n'est pas un mensonge. C'est une transaction entre la morale sociale et la morale... la morale...

JEANNE

Vous ne trouverez pas à arranger ça, allez ! Un mensonge

102 L'z\UTRE

est toujours puni, et le mien est peut-être cause de l'état où la pauvre madame est tombée.

Je ne comprends pas...

Moi, je me figure qu'elle comprend, qu'elle a découvert mon mensonge, qu'elle est accablée sous un élonnement terrible, et qu'elle, si bonne et si tendre, ne trouve plus de paroles pour repousser ce qu'elle a aimé, pour maudire ce qu'elle a béni !...

CÉSAIRE

Vous parlez par énigmes, Jeanne; mais, eussie/.-vous commis un crime...

Un crime !... C'en est un peut-être !... Oui, c'en est un, je le sens au supplice que j'. ndure, je veux m'en délivrer ! Mon ami, sachez tout. Non, je ne peux rien vous dire... à moins (}ue vous ne deviniez...

CÉSAIRE

Moi, devin'T? Non, je n'ai jamais su! A quoi bon deviner les petites choses quand on sait les grandes ?

JEANNE

Quoi? que savez-vous?

CÉSAIRE

Je sais que l'amour accepte tout et que je vous aime !

JEANNE

Mais elle, madame !...

CÉSAIRE

Elle vous cliéiil : l'alïection qui n'aurait jamais rien à pardonner, à quoi serviiail-elle?...

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