ACTE QUATRIEME
HÉLÈNE
La société, la nature, la morale s'accordent pour nous dire: « Le père que je t'impose, c'est l'époux de ta mère, je ne t'en reconnais pas d'aulre... » et, si le mari a tué le père, si...
CÉSAIRE
Vous m'effrayez, Hélène ! Vous avez donc la fièvre ?
II E LENE, toujours plus exaltée.
11 me faudrait pourtant choisir entre ces deux meurtriers : celui qui a tué l'honneur de ma famille, et celui qui a tué l'homme auquel je dois la vie !
La position serait cruelle, mais...
HÉLÈNE
Elle est atroce, Césaire!... (.Abattue.) Mais tout ceci est une supposition pure!...
CÉSAIRE
Bien sombre, ma chère enfant ! Vous avez l'esprit frappé !
HÉLÈNE
Et l'âme malade, très-malade! Je réfléchirai... Je me calmerai. — Bonsoir, mon ami !
CÉSAIRE. Fausse sortie.
Pourtant la nature ! c'est quelque chose, Hélène ! moi, je suis... vous le savez peut-être, l'enfant d'une personne qui n'a pu me reconnaître...
HÉLÈNE
Je ne le savais pas!... Pardonnez-moi de vous avoir rappelé...
CÉSAIRE
Oh ! moi, je chéris le souvenir de ma mère !...
0;'i, mais l'autre ?...
CÉSAIRE
Il m'a beaucoup aimé, pI je l'aime... il n'y a pas à dire, je l'aime de toute mon âme !
U li L È N E .
De toute votre âme?...
C É s M II E .
Eh oui ! il m'a recueilli, il m'a élevé.
HÉLÈNE
Mais non, c'est votre oncle.
CÉSAIRE
Le maestro Castel, oui ! mais il n'est pas mon oncle, ii est... Vautre !
HÉLÈNE
Ah ! mon ami, que je suis heureuse de votre conliance, je vais vous aimer bien davantage !
II sort en met'aiit un doigt sur ses lèvres.