ACTE PREMIER
Je jure de n'avoir d'autre mari que vous. — Et maintenant, adieu.
TADDEO
Déjà ! Qu'allez-vous faire ?
Puis-je vous suivre ?
ANTONIA
Non. Je vais chercher mon père ; Il s'attarde, ce soir, à contempler le ciel ; Ma mère gronde; — ainsi, laissez-moi.
TADDEO, la retenant par la main.
C'est cruel !
— Ne m'ôtez pas vos mains si doucement étreintes !
— Parlons de nos amours.
ANTONIA
C'est trop long.
TADDEO
De nos craintes.
8 GALILÉE
VNTOMA.
(l'est trop triste.
TADDEO
Parlons... de votre père. — Ah! oui :
Quatre mondes nouveaux ont été vus par lui ; Est-ce vrai ?
VNTOMA.
("est très- vrai. — Quel étonnant mystère! Il les croit habités tout comme cette terre. Croyez -vous, Taddco ?
TADDEO
Je ne sais pas. Je sais (^ue vous, vous habitez sous ce toit; c'est assez. Votre maison pour moi renferme tous les êtres ; La lumière qu'on voit, le soir, à vos fenêtres, lîrille d'un tel éclat, qu'elle efface à mes yeux rout ce qu'on peut compter d'étoiles dans les cieux.
ANTONIA, s'asseyant sur un banc de pierre, et rêvant.
Dans ces mondes lointains, peut-être, à l'instant môme, Un amant s'entretient avec celle qu'il aime.