‹ L'avènement de Bonaparte (volume 3)Chapitre 24 sur 46 · DOCUMENTS RELATIFS AU RENVOI DE BERNADOTTE · texte numérisé non relu

DOCUMENTS RELATIFS AU RENVOI DE BERNADOTTE

Procès-verbaux du Directoire. Séance du "1% frucùdor an VII.

La séance est ouverte par la lecture de la correspondance.

Le Directoire délibère sur la démission que le citoyen Bernadotte, ministre de la f^^uerre, lui a plusieurs fois offerte. Il l'accepte et nomme, pour remplacer le citoyen Bernadotte, le citoven Dubois- Crancé, général de division. Il écrit au nouveau ministre par télégraphe pour lui donner avis de cette nomination et l'inviter à se rendre de suite à son poste. Il arrête que Vintérim du ministère sera rempli par le citoven Milet-Mureau, ex-ministre. Il prévient de ces dispositions les citovens Bernadotte et Milet-Mureau, et ordonne à ce dernier d'aller prendre le portefeuille de suite. (Archives nationales, AF, III, 16.)

[La pièce est signée des cinq Directeurs, ce qui contredit l'assertion d'après laquelle la décision aurait été prise à l'insu et sans nulle participation de Gohier. (Mémoires de Goliier^ I, 138-139, 142-144. J

Lettre à Bernadotte, 29 fructidor (l) .

Le Directoire exécutif, d'après le vœu que vous lui avez souvent manifesté de reprendre votre activité aux armées, vient de vous remplacer au ministère de la guerre. Il charge (Sieyès avait d'abord écrit le ministre — sa?îs doute le ministre de la justice Cambaccres) le général de division Milet-Mureau du portefeuille de la guerre par

(1) La minute, écrite de la main de Sieyè», est marquée de rature, et de turcharges, car la rédaction était délicate à établir.

intérim. Vous voudrez bien lui en faire la remise. Le Directoire vous recevra avec plaisir pendant le séjour que vous ferez à Paris, pour conférer sur tous les objets relatifs au commandement qu'il vous destine. [Signée des cinq Directeurs.)

Lettre à Dubois-Crancé^ 28 fructidor.

(Envoyée par le télégraphe.)

Le Directoire exécutif, citoyen général, vient de vous nommer ministre de la guerre. Partez sur-le-champ et donnez avis de votre départ par le télégraphe.

[La pièce n'est pas signée de Sieyès ; elle porte les quatre autres signatures.]

Lettre à Mdet-Mureau^ "2,^ fructidor.

Le Directoire exécutif, citoyen général, vient de se rendre au vœu que lui a manifesté plusieurs fois le général Bernadotte de quitter le ministère de la guerre pour reprendre un commandement. Il a en conséquence nommé un nouveau ministre. Le Directoire en même temps vous a choisi comme ex-ministre pour tenir le portefeuille par intérim. Vous voudrez bien vous rendre de suite, à cet effet, à la maison de la guerre. Le citoyen Bernadotte est prévenu. (Archives nationales, AF, III, 627.) [Sijnée des cinq Directeurs.)

ÉTAT DE SERVICES DE JUBÉ, COMMANDANT AU 18 BRUMAIRE LA GAI\DE DU DIRECTOIRE, ET DE BLANCHARD, COMMANDANT LA GARDE DES CONSEILS.

Archives de la guerre.

Jubé (Augustin), né à Valpetit (Seine-et-Oise) le 12 mai 1765, avait été avant la Révolution commis dans l'administration de la marine au port de Cherbourg. En 1793, devenu chef de la lé(;ion des gardes nationales de Cherbourg, il fut chargé de la surveillance du service des ports et batteries des côtes de la îManche. Le 31 août 1796, il est nommé clief d'état-major de la 3'' subdivision de Tarmée des côtes de l'Océan; dès le 12 octobre, il passe comme adjudant-général et com-

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mandant en second à la garde du Directoire, où il fait ensuite fonctions de commandant en chef. Après le 18 brumaire, il est nommé pour un instant chef d'état-major de la garde des Consuls, mais là s arrête sacarrièrepseudo-militaire.Onen fit successivementun tribun, un préfet, un inspecteur général des haras, un historiographe du dépôt général de la guerre. Très protégé par Barras avant le 18 brumaire, il se fit non moins protéger par le duc de Cerry sous la Restauration, qui le nomma maréchal de camp. Il s'appelait alors le baron de La Pérelle. Il mourut en 1824. Son frère était beau-frère de Lacépède.

Blanchard (Antoine-Joseph), né à Saint-Aubin (Nord) le 3 février I75I, fut d'abord garde à la compagnie de Gonnétablie. Pendant la Révolution, capitaine d'infanterie, il fit campagne jusqu'en 1795 à l'armée du Rhin, et le 27 fructidor an III passa dans les grenadiers de la représentation nationale, où il était chef de bataillon et commandant en second lors du 18 fructidor Après cette journée, ou il avait fortement contribué à la défection des gardes, il fut appelé aux fonctions de commandant en chef à la place de Ramel arrêté et déporté. Après le 18 brumaire, il fut nommé commandant en second de la garde des Consuls, puis colonel de gendarmerie. En cette qualité, il est noté " comme ayant protégé avec opiniâtreté des officiers contre lesquels il existait des accusations graves pour délit de conscription » . Retraité le 21 février 1814, il avait demandé une retraite de général de brigade; il fondait cette demande u sur ses anciens services, son ancienneté dans le grade de colonel et sur son dévouement à la personne de Sa Majesté, dont il a donné la preuve dans la journée du 18 brumaire, époque à laquelle il commandait on chef le corps des grenadiers près la représentation nationale» . Sa demande ne fut pas admise, à raison sans doute des faits relevés à sa charge. Il mourut en 1824.

PoNSARD, qui commandait les 18 et 19 brumaire le batailhjn des grenadiers des Cinq-Cents, avait été caporal aux gardes françaises et fourrier à la Prévôté de l'Hôtel. Il n'avait fait campagne (juc dans l'Ouest. Après avoir joué un rôle actif dans le coup d'J'^tat. il fut nommé chef de brigade et ensuite chef de la P* lésion de gendarmerie, fait baron, et en 1813 retraité comme général de brigade.

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