‹ L'avenir de l'église Grecque-UnieChapitre 1 sur 1 · FROM THE LIBRARY OF · texte numérisé non relu

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COMTE ALFRED BOULAY DE LA MEURTMt

APfllU1927

DE

Les vents et les flots sont déchaînés contre la barque de Pierre, mais le nautonnier ne se laisse pas abattre ; sa main tient le gouvernail , et son œil est fixé sur l'Orient. On dirait qu'il attend quelque chose qui doit venir de là. Dès les pre-miers jours de son pontificat, il adressait aux Orientaux des paroles de conciliation et de paix, et tout récemment encore il vient de confier le soin d'étudier les besoins religieux de l'Orient à une congrégation spéciale. Les politiques tournent les yeux du même côté. Le moment semble donc favorable pour appeler l'attention du public chrétien sur un des grands problèmes de notre siècle.

Les armes victorieuses d'Alexandre le Grand n'avaient réussi qu'à former un empire éphémère qui ne put survivre à son fondateur; mais les conquêtes du génie grec sur les barbares n'en furent pas moins durables. La langue, les lois, les lettres, les sciences, les arts de la Grèce prirent pos.session de la Thrace, de l'Asie mineure, de la Syrie et de l'Egypte ; et si les Grecs ne parvinrent pas à constituer et à

maintenir dans ces vastes contrées un empire puissant et une forte unité politique, il n'en est pas moins vrai que la civilisation grecque y jeta de profondes racines. L'Orient devint grec et resta grec, même lorsque les Romains l'eurent soumis à leur domination. D'un autre côté la Gaule, l'Espagne, l'Afrique n'avaient pas seulement été conquises par les armes des Romains, elles avaient été jetées dans le moule de la société romaine, elles avaient subi sa forte empreinte, elles avaient accepté sa langue avec ses mœurs et ses lois. Lorsque ces vastes pays ne formèrent plus qu'un empire, il y eut dans son sein deux langues, deux civilisations, ou, comme on dirait aujourd'hui, deux nationalités, la nationalité grecque et la nationalité latine.

Les apôtres, en préchant l'Évangile et en fondant l'Église du Christ, se trouvèrent en présence de cet état de choses; loin de songer à le combattre, ils l'acceptèrent tel qu'il était ; ils jetèrent la semence de la divine parole parmi les Grecs et parmi les Latins, et la laissèrent se lever chez les uns et chez les autres, sans se préoccuper de ces questions de langues et de nationalités. Il en résulta que TÉglise,' en s'adaptant au caractère des deux peuples, prit chez les uns et chez les autres une physionomie différente. La foi était la même, l'Église était une, mais la liturgie n'employait pas partout la même langue ; peu à peu on vit s'établir et prévaloir des coutumes différentes dans la célébration des saints mystères, dans l'administration des sacrements, dans les formes de la prière, dans quelques points de discipline. Cet ensemble de coutumes et de cérémonies, adopté soit par les Latins soit par les Grecs, est ce que nous appelons le rite ; et il avait déjà pris une forme suffisamment arrêtée antérieurement au concile de Nicée. Il y eut donc dans l'Église, dès ces temps reculés, deux rites différents, le rite grec et le rite latin, et l'existence simultanée de ces deux rites ne portait aucune atteinte à l'unité de la foi, ni à l'unité de l'Église. De là vint l'habitude de désigner sous le nom d'Église grecque la partie de l'Église qui suivait le rite grec, et sous le nom d'Église latine celle qui suivait le rite latin ; non <]u'il y eut en réalité denz Églises séparées

Tune de Fautre, mais uniquement parce que les deux moitiés de l'Église suivaient Tune le rite grec, Tautre le rite latin.

Ces dénominations prirent un caractère encore plus déterminé, lorsque Tempire romain fut définitivement divisé. Les deux moitiés de l'Église correspondirent aux deux moitiés de l'empire : l'Église grecque à l'empire d'Orient, et l'Église latine à l'empire d'Occident.

De tout temps l'évêque de Rome, outre Tautorité dont il était revêtu en qualité de chef de l'Église universelle, exerçait une autorité plus immédiate et plus directe sur l'Église latine : c'est ce qui constituait le patriarcat d'Occident. Dans rOrient, dès les temps les plus anciens aussi, les évéques d'Alexandrie et d'Antioche possédaient, chacun dans son ressort, et sous l'autorité suprême du pape, un certain droit d'inspection et une certaine autorité sur les évéques qui relevaient de leurs sièges. Plus tard, par suite de la création des patriarcats de Constantinople et de Jérusalem, l'Orient se trouva partagé en quatre grandes circonscriptions indépendantes les unes des autres, à la tête desquelles étaient placés les patriarches de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem.

Cette situation ne présentait rien d'incompatible avec l'unité de l'Église. Les patriarches orientaux étaient obligés d'être en communion avec le pape, ils reconnaissaient sa primauté. Dans les cas graves, on appelait de leurs décisions à celle du pontife romain , et plus d'une fois il lui est arrivé de frapper les patriarches des censures ecclésiastiques et de les déposer de leurs sièges.

Mais dans la suite des temps, on vit se produire des rivalités nationales, des jalousies politiques, des calculs ambitieux, des prétentions mal fondées, des préventions aveugles et de faioestes malentendus, qui troublèrent l'harmonie. Les ruptures devinrent de plus en plus fréquentes, et le lien qui unissait les deux Églises finit par être brisé d'une manière définitive. C'est ce qui constitue le schisme d'Orient.

Cependant on ne laissa pas de faire, à plusieurs reprises, des tentatives pour renouer les anciennes relations et rétablir

la concorde. De toutes ces tentatives, la plus solennelle et la plus célèbre eut lieu au concile de Florence. Les évéques grecs et latins arrêtèrent d'un commun accord les bases d'une réconciliation que Ton espérait devoir être perpétuelle, mais qui malheureusement ne fut guère durable.

Toutefois, il ne faudrait pas croire que l'œuvre du concile de Florence n'ait pas eu de grands résultats. Ce n'était pas peu de chose d'avoir trouvé et d'avoir nettement formulé les bases et les conditions de la paix. S'il est permis d'emprunter ici une expression au langage de la diplomatie, le protocole resta ouvert, et toutes les Églises de l'Orient purent savoir à quelles conditions l'Église romaine était prête à les recevoir dans sa communion. On a vu des diocèses orientaux et des Églises particulières accéder successivement aux bases arrêtées à Florence : c'est là l'origine des diverses Églises grecquesunies. Ces Églises, tout en conservant leur rite, leurs cérémonies, leurs usages, font partie de l'Église universelle, professent la même foi, et reconnaissent l'autorité suprême du successeur de saint Pierre. Par conséquent, les grecs-unis sont des catholiques du rite grec, ou, en d'autres termes, des Grecs vivant dans la communion du saint-siége. C'est l'ensemble de ces catholiques du rite grec qui forme l'Église grecque-unie. Quoiqu'ils se trouvent dispersés dans des pays différents, qupiqu'ils appartiennent à diverses nationalités, et qu'ils constituent plusieurs Églises distinctes, leur situation, leurs besoins, leur avenir étant les mêmes, il convient de ne pas les séparer dans cette étude.

Commençons par l'énumération des divers groupes qui composent aujourd'hui l'Église grecque-unie. Us sont dispersés en Russie, en Pologne, en Autriche , en Turquie et dans les Deux*Siciles.

I. Dans les limites de l'empire de Russie, nos regards sont attirés par cette illustre et malheureuse Église ruthénienne, qui après avoir eu une ère de prospérité sous le gouvernement des rois de Pologne, a été violemment détruite par l'empereur Ni* colas en idSg. Quoiqu'elle n'ait plus d'évéques , quoique les prêtres, peu nombreux qui survivent encoi*e à la persécution,

n'aient pas la liberté d'exercer leur ministère , quoique les populations soient officiellement inscrites sur les registres de l'Église russe, la foi n'a pas été arrachée des cœurs, et nous ne pouvons pas nous dispenser de faire mention de cette Église martyre qui attend le jour de sa résurrection.

II. Dans le royaume de Pologne, le diocèse de Chelm, débris de l'ancienne Église ruthénienne, a échappé au coup dont les autres diocèses ont été frappés, mais il ne possède qu'une existence très-précaire.

III. En Autriche, il y a d'abord des diocèses qui ont autrefois fait partie de la même Église ruthénienne, et qui relèvent aujourd'hui du siège métropolitain deLemberg.

En Hongrie, des diocèses grecs-unis, de race slave, relèvent du primat de Hongrie , l'archevêque latin de Gran ; en Croatie, l'archevêque latin d'Agram compte parmi ses suffragants un diocèse grec-uni de race croate ou serbe.

En Transylvanie, plusieurs évêques grecs-unis de race roumaine ou moldo-valaque se groupent autour du siège métropolitain de Fogaracs, qui appartient également au rite grecuni.

in. Si nous passons en Turquie, nous devons faire d'abord mention de l'Église melchite en Syrie. Elle comprend une dizaine de diocèses qui relèvent du patriarche d'Antioche, dont la résidence était récemment à Damas , et qui , aujourd'hui, habite Beyrouth. L'Église melchite se compose d'Arabes, et la liturgie y est célébrée selon le rite grec, mais en arabe.

Dans la Turquie d'Europe, tout récemment encore , il n'y avait pas de grecs-unis. La jeune Église bulgare date de 1860, et l'Église grecque-unie, proprement dite, est encore plus moderne. La seule différence qu'il y ait entre ces deux Églises , c'est que la première appartient à la nationalité slave , et la seconde à la nationalité hellénique,

IV. Enfin, dans les Deux-Siciles, tant dans l'île que sur le continent, habitent des Albanais et des Grecs catholiques du rite grec ; ils ont des églises, des prêlres, des couvents, des séminaires ; ils ont même un ou deux évêques, mais ils ne forment pas de diocèses distincts.

C'est ici le lieu de faire mention de la paroisse de Saint- Nicolas de Myre , fondée à Marseille par Napoléon T' pour les grecs-unis , que leur commerce et leurs affaires appellent dans cette ville. Remarquons en passant qu'une fondation de ce genre serait bien plus utile et aurait une bien autre importance aujourd'hui à Paris, où le concours des grecs-unis et des catholiques orientaux est bien plus considérable qu'à Marseille.

Rien qu'à lire cette sèche nomenclature, on devine déjà une partie des souffrances de cette Église. Elle ne possède aucun élément de force. Le premier de tous, le nombre, lui fait défaut. Tous les grecs-unis , pris ensemble, ne s'élèvent pas aujourd'hui au chiffre de trois millions ; mais ce n'est pas tout. On peut se représenter une Église qui ne compterait que deux ou trois millions de fidèles dans une situation prospère. Supposez un instant l'Église grecque-unie établie dans un petit pays comme la Grèce ou la Roumanie ; le peuple, les grands, la dynastie régnante, toute la nation appartient à cette Église ; le clergé national y possède tous les établissements rigoureusement nécessaires à la perpétuité et à l'efficacité de son ministère. Ce ne serait pas quelque chose de bien extraordinaire; l'Église latine nous présente ce spectacle dans bien des pays, l'Église grecque non unie également; on peut en dire autant des Églises protestantes; il n'y a que l'Église catholique du rite grec qui n'ait rien de semblable. Non-seulement, les fidèles de cette Eglise sont dispersés entre tant d Etats différents , entre tant de nations et de langues différentes, non-seulement ils sont étrangers les uns aux autres ; mais encore partout ils sont en minorité, et dans un état d'infériorité relative. Les hommes qui, par leur naissance, leur fortune, leur position dans le monde, auraient pu exercer sur eux une influence bienfaisante, auraient pu contribuer à les relever et à les soutenir, ces hommes, partout ou presque partout, ont déserté cette malheureuse Église ; elle ne compte guère parmi ses enfants que des pauvres et des ignorants. Le clergé grec-uni lui-même, on le comprend sans peine, doit se ressentir d'une position aussi déplorable. Je sais qu'il y a dans son sein des

exceptions d'autant plus respectables qu'elles ont à lutter contre de plus grands obstacles ; mais il faut bien reconnaître que, dans son ensemble, il est inférieur au clergé latin pour la science, pour le zèle, pour l'esprit sacerdotal ; en un mot, il est insuffisant.

Il n'en faut pas tant pour expliquer l'état de faiblesse dans lequel se trouve l'Église grecque-unie. Mais nous n'avons pas tout dit. A côté de cette Église si peu nombreuse, si faible, si dénuée de ressources , se trouvent placées deux grandes et puissantes Églises qui, toutes deux, ont avec elle des points de contact, et qui tendent toutes deux à l'absorber dans leur sein.

Nous voyons se reproduire ici dans l'ordre moral le même phénomène , que celui qu'opère dans l'ordre physique la loi de la gravitation. L'Église latine et l'Église grecque non unie attirent à elle la petite Église grecque-unie, qui gravite sans cesse vers l'une ou vers l'autre. Ou bien pour employer une autre comparaison, cette pauvre Église est soumise au double courant d'une pile voltaïque qui tend continuellement à en désagréger les parties constitutives, et à en opérer la décomposition. Parlons sans figures : les grecs-unis sont exposés à être absorbés par l'Église latine en renonçant à leur rite ; par l'Église grecque non unie, en se détachant de la communion du saint-siége. On comprend sans peine qu'il se trouve des âmes attirées vers l'Église latine par lespoir d'y trouver plus de secours et de ressources pour leur piété ; on comprend aussi qu'il s'en trouve d'autres qui, fortement attachées à leur rite, voient avec peine se produire une tendance à rapprocher ce rite du rite latin , et par là en altérer la pureté. Il est facile de se convaincre que le saint-siége n'a jamais cessé de désapprouver cette manière de voir; il suffît de lire le célèbre bref de Benoît XIV, AUatœ sunt^ qui résume tout ce qui a été fait dans ce sens par ses prédécesseurs, et Pie IX, dans son Encyclique aux Orientaux, cite ce même bref de Benoît XIV. Mais il n'en est pas moins vrai que cette opinion existe malheureusement, et elle a pour résultat d'ébranler l'attachement à l'union. Car les grecs non unis sont toujours à l'affût des moin-

dres tentatives de ce genre, et ils ne manquent pas d'en tirer avantage pour montrer que les latins en veulent au rite grec. De sorte que tous les efforts faits dans cette voie, avec la pensée de rattacher TÉglise grecque-unie par des liens plus intimes à TÉglise latine^ produisent des résultats diamétralement opposés au but que Ton prétend atteindre.

Il y a peu d*années^ on résolut de remplacer, dans TÉglise grecque-unie de Syrie, le calendrier Julien qui s*y était maintenu jusqu'alors, par le calendrier Grégorien. C'était fort peu de chose en soi , et cela n'avait pas de relation directe avec le rite, mais à raison de diverses circonstances qui se sont produites dans la manière de procéder à ce changement, les esprits ont été alarmés ; la moitié des évéques s'est prononcée contre le nouveau calendrier; les émissaires du gouvernement russe ont fait ce qu'ils ont pu pour envenimer la querelle, et l'on a pu croire un instant que la plus grande partie de cette Église allait retomber dans le schisme. C'est même ce qui serait probablement arrivé, si les massacres de Syrie et les événements qui les ont suivis n'avaient donné un autre cours aux idées, et n'avaient eu pour résultat d'amener la presque totalité des récalcitrants à adopter le calendrier Grégorien.

En Bulgarie, l'union n'a pas fait jusqu'ici des progrès aussi rapides qu'on l'espérait, parce qu'ici, encore, les émissaires du patriarche grec et du gouvernement russe efifrayenl les populations en leur faisant croire que, malgré les engagements pris par Mgr Hassoun, primat des Arméniens catholiques à Constantinople , engagements garantis par un bref du pape, on aurait l'arrière-pensée de leur imposer le rite latin.

Quant aux grecs-unis de l'Autriche, ce ne sont plus de vaines craintes qui agitent les esprits. Les personnes les plus dignes de croyance nous affirment qu'il suffit d'assister une seule fois au service divin dans une église de ce rite, pour s'apercevoir des profondes modifications que les cérémonies du culte y ont subies. C'est un mélange de pratiques latines et orientales qui s'éloigne également des usages des deuxÉglises.

Les populations en sont-elles plus attachées à l'union ? mettent-elles à un plus haut prix la communion avec le saintsiége? Bien loin de là; c'est tout le contraire qui arrive, et les personnes qui portent le plus vif intérêt au maintien de la sainte union sont celles qui ressentent les plus vives alarmes. Il ne servirait de rien de dissimuler des faits qui sont patents^ il vaut bien mieux en chercher le remède.

Dans les pays où les deux rites sont en présence, il y a un certain nombre de catholiques latins qui ont une manière, suivant nous, aussi inexacte quefuneste d'envisager la question. Le rite grec leur inspire une défiance instinctive; ils s'imaginent qu'on n'est véritablement et complètement converti que lorsqu'on a passé au rite latin ; par conséquent, il considèrent l'union comme un établissement provisoire, comme un état de transition à l'aide duquel il est plus facile d'amener les populations de l'Église grecque non unie, à entrer dans l'Église latine. Ils ne peuvent s'habituer à la pensée que TÉglise grecque-unie soit une Église comme la leur, placée sur le même pied, et n'en différant que par son rite.

Cette manière de voir est tout à fait opposée à la pensée fondamentale, si souvent et si clairement manifestée dans toutes les bulles des papes sur cette matière, bulles reproduites et résumées par Benoît XIV; et ceci suffit pour nous la faire rejeter.

Non , ce n'est point ainsi que les vicaires de Jésus-Christ ont compris la question ; ce n'est point ainsi que l'Église l'a jugée par leur bouche, et lorsqu'elle envoie des missionnaires aux Orientaux séparés de sa communion, elle leur donne pour instruction de ramener ces frères égarés dans le sein de l'Église catholique et de ne pas toucher à leur rite ; î^fen plus, elle i /» défend aux Grecs qui adhèrent à l'union d embrasser le rite latiq, Il serait facile de démontrer que toutes les modifacations que nous signalions tout à l'heure n'ont été introduites que malgré le saint-siége.

Il est bien vrai qu'il y a quelque chose de transitoire et de provisoire dans la situation actuelle de l'Église grecque-unie, mais l'état définitif auquel il faut tendre, ce n'est pas l'absorption de cette Église par l'Église latine, mais l'absorption de

4t L AVENIR DE UÉGLISE 6REGQUE-UNIB.

ij rÉ glise grecque tout entièrCy p ar TÉglise grecque-unie. Nos y efforts ne doivent pas avoir pour but d'amener quelques milliers d'individus à embrasser le rite latin ,maisJWen defa^ 1\ entrer soixante et dix millions de chrétiens dans le^sein de \J l'Eglise catholique. Quelle grande chose que cette réconciliation de rOrient avec l'Occident, que l'extinction du schisme qui les divise depuis tant de siècles! et qui pourrait apprécier toute la portée d'un aussi grand événement ?

Et le moyen d'arriver à ce résultat, c'est précisément l'Église grecque-unie qui le fournit. Lorsqu'on verra cette Eglise florissante et prospère, observant son rite vénérable dans toute sa pureté et possédant un clergé instruit, pieux, zélé, n'ayant rien à envier au clergé latin ; lorsqu'on verra des écoles bien tenues, ouvertes à tous les sexes, à toutes les conditions, depuis la crèche, la salle d'asile et l'humble classe primaire jusqu'aux collèges, aux séminaires, aux facultés, lorsque des hôpitaux, des hospices, des associations de bienfaisance, viendront au secours de toutes les misères; lorsque la parole de Dieu sera annoncée avec force et simplicité dans les chaires ; lorsque des livres adaptés aux besoins des populations seront luis entre leurs mains , il est impossible que les grecs non unis en considérant ce spectacle, à la vue de ce dévoûment, de cette charité, de ce zèle, de ces lumières, ne soient pas amenés à reconnaître que l'esprit de Dieu est là. L'Église grecque-unie n'a pas le nombre, elle n'a pas la force pour elle; il faut qu'elle ait cette splendeur et cette beauté qui ravit les cœurs. Il faut que tous les grecs non unis, en la comparant à leur propre Église, soient amenés à dire : «c A ne considérer que l'extérieur, c'est la même Église que la nôtre, mais ici, il y a une abondance de vie surnaturelle dont nous n'avons aucune idée. j>

Voilà l'apostolat tel que le zèle le comprend vis-a-vis des Orientaux, et il est bien permis d'espérer que l'apostolat ainsi compris ne tardera pas à être récompensé par le retour de soixante et dix millions d'âuies.

Maintenant par quels moyens donner à TÉglise grecqueunie cette vie qui lui manque ? comment la faire sortir de cet état de langueur et de marasme dans lequel elle est plongée et qui finira, si l'on n'y prend garde, par amener sa q[iort ?

Le plan qui nous semble seul présenter des garanties sérieuses et s'appuyer sur une véritable connaissance de la situation, est celui qui fut proposé, il y a plus de deux siècles, par le vénérable Thomas de Jésus, carme déchaussé. Ce grave personnage , après avoir consumé une partie de sa vie dans les missions de l'Orient, était revenu à Rome et il y est mort en odeur de sainteté. Sa pensée sur la régénération de l'Orient est consignée dans un savant et important ouvrage intitulé : De nnione orientalium procuranda, publié dans la capitale de la catholicité avec toutes les approbations romaines, et réimprimé depuis par M. Migne, dans son Cursiis theologiœ completus. Nous en ferons connaître «e qui revient à notre sujet.

Pour quiconque a vu l'Orient de près, il est évident que le besoin qui se fait le plus impérieusement sentir à cette partie de l'Église, c'est celui d'un clergé instruit et formé a l'esprit sacerdotal. Ce point si important pour toute Église l'est bien davantage encore pour celle d*Orient. Car l'infériorité relative de son clergé a pour résultat à peu près inévitable de le placer en quelque sorte sous la tutelle du clergé latin : ce qui froisse à bon droit les pasteurs et les fidèles de l'Orient, paralyse l'action du clergé et porte atteinte à son autorité.

Quels que soient les moyens qu'on emploiera pour obtenir la régénération du clergé oriental, il est certain qu'elle dépend avant tout, et en très-grande partie, de l'organisation des séminaires ou des écoles dans lesquelles les jeunes aspi* rants au sacerdoce trouvent l'instruction, l'éducation et la formation qui leur est nécessaire. L'expérience et la raison nous l'enseignent, et l'autorité du concile de Trente, recommandant l'érection des séminaires avec tant d'instance, suffirait à nous le persuader.

I i L'AVENIR DE L'ÉGUSE GRECQUE-UNIE.

Sans doute, il est à souhaiter que chaque diocèse grec-uni puisse avoir son séminaire parfaitement organisé ; mais un pareil résultat ne pouvant s'obtenir immédiatement, il faudrait commencer par un séminaire central, commun à toute TÉglise grecque-unie, sans distinction de nationalité, et qui fournirait par la suite des professeurs et des directeurs à tous les séminaires diocésains. On tirerait ainsi les différentes parties de l'Église grecque-unie de cet isolement qui est une des principales causes de sa faiblesse. Sans doute, on pourrait, à la rigueur, les réunir d'une autre manière, par la création d'un patriarche qui, sous l'autorité du saint-siège, gouvernerait toutes les Églises du même rite, en Turquie, en Syrie, en Grèce, en Autriche, en Russie, etc.; mais ce plan rencontrerait de graves objections et présente en effet de sérieuses difficultés: tandis qu'un séminaire central, où l'élite du clergé de toutes les nations du rite grec viendrait puiser la science théologique et l'esprit sacerdotal, contribuerait puissamment à rapprocher ces diverses Églises les unes des autres, ferait profiter chacune des résultats obtenus dans les autres, et ne présenterait aucun des inconvénients que l'érection d'un patriarcat unique pourrait faire redouter.

C'est donc la création de ce grand séminaire central du rite grec qui est urgente ; c'est là le point sur lequel il faut aujourd'hui concentrer tous les efforts ; c'est là ce que voulait Grégoire XIII quand il a fondé à Rome le collège de Saint- Athanase; un de ses prédécesseurs, Jules III, avait eu la pensée de l'établir à Constantinople ; et sans doute Grégoire Xni ne s'est décidé pour Rome qu'à cause des obstacles et des difficultés que présentait la réalisation du premier projet. Mais aujourd'hui Texpérience a démontré qu'il y avait d'incontestables avantages à élever les jeunes Orientaux en Orient; et, d'un autre côté, les obstacles qui s'opposaient à l'établissement d'un collège ou d'un séminaire grec-uni à Constantinople ont complètement disparu.

Par conséquent, de ce côté au moins, il n'y a rien qui puisse empêcher la nouvelle congrégation à laquelle le sou* verain pontife vient de confier les destinées des Églises orien-

taies, de s'occuper de cette fondation, et de réaliser enfin ce qui avait déjà été l'objet des préoccupations du pape Jules III.

Mais, il ne suffît pas de décréter l'existence d'un séminaire, il faut en confier la direction à des hommes capables de réussir dans cette tâche. Il est, évident que le clergé grec-uni, tel qu'il existe aujourd'hui, est dans l'impossibilité de se. charger de cette mission avec quelques chances de succès. Il faut donc avoir recours aux missionnaires latins. Ici, deux systèmes sont en présence ; ou bien les directeurs seuls se conformeront au rite latin, tout en faisant pratiqtier à leurs élèves le rite grec, ou bien les jeunes lévites, pendant le temps de leur éducation, seront obligés de suivre le rite latin. Le premier système est impraticable. C'est surtout dans l'intérieur d'une même maison, dans ces rapports de tous les jours et de toutes les heures, que la différence de rite se dressera à chaque instant comme un obtacle et une barrière. Et ici nous ne parlons pas des difficultés matérielles, quoiqu'il faille les considérer comme à peu près insurmontables. Il faudra donc faire observer aux élèves le rile latin ; par conséquent, les élever dans l'habitude et dans l'amour d'un rite différent de celui qu'ils doivent pratiquer toute leur vie, non comme simples fidèles, mais comme prêtres ; d'un rile qui n'est pas le leur et qui ne doit pas être le leur. Chacun voit que ce système présente de très-graves inconvénients. On est donc forcément amené à cette conclusion : il faut que les séminaristes du rite grec soient élevés dans la pratique de leur rite ; il faut que les directeurs des séminaires s'y conforment également.

Mais où prendre ces directeurs ? dans le rite grec ? Ils n'y existent pas. Parmi les prêtres du rite latin? Mais ils sont impossibles. Ce problème, insoluble au premier abord, nous semble parfaitement résolu par le vénérable Thomas de Jésus. Cet homme, d'un si grand sens et de tant d'expérience, voulait resserrer les liens qui doivent unir les Églises orientales au saint-siége par le moyen des ordres religieux, mais il ne trouvait ce qu'il souhaitait, ni dans les ordres religieux propres à l'Église grecque-unie, ni dans ceux qui appartiennent exclusivement à l'Église latine. Il avait imaginé une

combinaison qui réunissait les avantages des uns et des autres, sans avoir les inconvénients qu'il apercevait dans tous les deux. Il aurait voulu que les ordres qui existent déjà avec l'approbation et la confirmation de TÉglise, les bénédictins, les dominicains, les franciscains, les jésuites, les carmes, sans rien changer à leur institut et à leurs règles, eussent des branches du rite grec ; qu'au lieu d'être des ordres exclusivement latins, ils fussent des ordres véritablement catholiques, à l'image de l'Église elle-même. Des religieux de ces différents ordres, tout en restant sous l'obéissance de leurs supérieurs, iraient en Orient, et, avec l'autorisation de notre saint -père le pape, ils s'y conformeraient au rite du pays. Entre ce rite et leurs règles il n'y a nulle incompatibilité ; le zèle dont ils seraient animés s'exercerait tout aussi bien de leur part avec la pratique du rite grec, et du côté des peuples, avec une facilité incomparablement plus grande. Ils ouvriraient des noviciats, y admettraient les sujets du pays qui se présenteraient, et ceux dans lesquels ils reconnaîtraient les signes d'une véritable vocation, ils les soumettraient à la discipline de la vie religieuse, les formeraient comme on forme les religieux en Europe, en leur laissant leur rite, et ils auraient de cette façon une pépinière d'hommes, familiers avec la langue, les usages, les sentiments de leurs nationaux, rompus en même temps aux pratiques de la vie religieuse, aux fortes études, se trouvant, par conséquent, dans les meilleures conditions pour instruire et édifier les populations au milieu desquelles ils vivraient.

Au temps de saint Athanase, l'Occident ne connaissait pas la vie monastique. C'est l'Orient qui, le premier, a fait de la pratique de conseils évangéliques la base d'une institution nouvelle; c'est en Orient que la vie religieuse a produit ses premières merveilles. Lorsque l'Occident en a eu connaissance, il n'a pas hésité à prendre l'Orient pour modèle et à ' marcher sur ses traces. Aujourd'hui, la sève généreuse qui circulait dans les ordres religieux de l'Orient est tarie ; les couvents orientaux ne sont plus que l'omBre de ce qu'ils étaient autrefois : il est tout simple que l'Orient à son tour

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fasse un emprunt à FOccident et lui redemande la communication des germes précieux qu'il lui avait confiés il y a quinze siècles.

Plus on réfléchit à la pensée du vénérable père Thomas de Jésus, plus on est frappé des avantages qu'elle présente. Ce serait un anneau souple et solide qui rattacherait les Églises grecques-unies au centre de l'unité ; ce serait des canaux par lesquels la sève de la vie catholique s'épancherait sans difficulté et sans obstacle au sein des populations orientales. L'Église est un corps ; pour que tous les membres de ce corps soient vivants et vigoureux, il faut qu'ils se rattachent au tronc, non-seulement par la peau et par les os, mais enconî par les veines et les artères, par les muscles et les nerfs ; de plus, il faut que chaque membre conserve la forme qui lui est propre. Or, quelle est aujourd'hui la situation des Églises grecquesunies? quel est le lien qui les rattache au centre? Les évéques, et les évéques tout seuls. Ce lien une fois rompu, tout est rompu. On Ta vu en iS3g : les évéques de l'Église de Lithuanie ont trahi leurs devoirs, brisé avec Rome et livré leur troupeau au synode de Pétersbourg. Il y avait bien des prêtres fidèles, des populations profondément attachées à l'unité, mais que pouvaient faire prêtres et peuples sans lien avec le saint-si^e? Supposez qu'il y ait eu dans cette Église des religieux dont le supérieur général eût résidé auprès de notre saint-père le pape; ils seraient demeurés catholiques au milieu de la persécution, ils auraient soutenu le courage des populations ; le saint-siége n'aurait plus eu qu'à désigner d'autres évéques, et l'Église grecque-unie traversait une crise, elle ne trouvait pas Ja mort. Mais ce n'est pas seulement à ces moments de péril suprême qu'il importe d'avoir des liens multiples avec le centre de l'unité. En tout temps, à toute heure, la vie arrive plus abondante et plus vigoureuse par cette multiplicité de canaux différents. Il ne faut pas le perdre de vue, les ordres religieux sont aussi des corps; ils ont une vie qui leur est propre, qui s'entretient par la communication du centre à la circonférence, et de la circonférence au centre. N'est-ce pas une heureuse idée de faire servir cette vie des ordres religieux à

porter et à entretenir la vie dans les Églises orientales ? La science^ la piété, la forte discipline du cloître ne dépendent plus de Tatmosphère au milieu de laquelle vivent les religieux du rite grec ; tous ces dons excellents leur viennent de la source, et cette source est placée à l'abri des causes diverses qui peuvent agir en sens contraire en Orient. Semblables à ces aqueducs qui amènent d'une hauteur lointaine des eaux abondantes et pures, et les épanchent au milieu des populations altérées, les ordres religieux dont nous parlons répandraient autour d'eux l'instruction, la pratique des vertus chrétiennes, et cette multitude d'œuvres diverses de dévoûment et d'abnégation que la sève catholique fait surgir partout où elle pénètre, et qui servent à leur tour à la conserver et à la porter plus loin.

Ce plan est calqué sur celui de l'Église elle-même. Dans sa vaste unité elle embrasse les fidèles, les prêtres, les évéqucs, tous soumis à l'autorité tutélaire du successeur de saint Pierre, et gardant tous le rite qui est propre à chacun d eux. De même, les ordres religieux dont le zèle doit embrasser les besoins des fidèles de tout peuple, de toute nation, de toute langue et de toute tribu, comprendraient dans leur sein des prêtres, des missionnaires soumis au même supérieur général, mais se conformant au rite des populations qu'ils sont appelés à évangéliser.

Ces religieux pourraient donc faire ce que les ordres religieux exclusivement grecs et latins n'ont pas pu faire jusqu'ici, car on ne saurait trop insister sur ce point : les missionnaires latins qui peuvent faire beaucoup ne peuvent pas tout faire. Cette différence de rite est une barrière qu'ils trouvent continuellement sur leur chemin ; ils font du bien autour d'eux, mais ils ne peuvent pas communiquer la vie à une Église qui n'est pas la leur.

Ceci est surtout frappant lorsqu'il s'agit de la formation du clergé. Aussi, en rapprochant toutes ces considérations du projet de séminaire central du rite grec dont nous avons parlé, nous serons amené à conclure que la prospérité de cet établissement ne pourrait guère être assurée que s'il était

dirigé par des religieux du rite grec, appartenant à un ordre approuvé dans l'Église universelle, et présentant des garanties d'expérience, d'aptitude et de formation sérieuse, dans le lien même qui les rattache à cet ordre.

Que se passe-t-il aujourd'hui? Il y a en Orient des missionnaires latins, il y a un clergé indigène ; pourquoi leurs travaux ne produisent-ils pas des fruits plus abondants ? Pour le clergé indigène, nous l'avons déjà dit, il est inutile de revenir sur ce point. Pour les missionnaires, il n'en faut pas douter, cela tient, en grande partie au moins, à la barrière que le rite latin élève entre eux et les populations ; car il ne faut pas s'y tromper, il y a sous ce rapport une grande différence entre les grecs-unis et les grecs non unis. Au milieu des grecs-unis les missionnaires rencontrent des difficultés à l'exercice de leur ministère ; mais enfin ils peuvent toujours faire quelque chose, et souvent ils peuvent faire beaucoup : les fidèles et le clergé du rite grec savent qu'ils ont la même foi, qu*ils appartiennent à la même Église; il y a donc entre les missionnaires latins et les populations grecques-unies un lien réel et puissant. Il n'en est pas de même des grecs non unis ; tout les sépare des missionnaires ; ce sont à leurs yeux des étrangers qui n'inspirent que de la défiance. Mais si ces missionnaires adoptent le rite grec, ce lien qui n'existait pas est créé, et beaucoup de grecs non unis iront sans difficulté dans leurs églises, et en y voyant s'accomplir les mêmes cérémonies que dans les leurs, en y entendant les sons de la même langue et les mêmes cantiques, ils se laisseront facilement aller k prêter l'oreille aux prédications qui s'y feront, à suivre les retraites qui y seront données, en un mot à se laisser instruire. Or, qu'on y songe, il s'agit de soixante et dix millions d'âmes; cela vaut la peine d'organiser un apostolat qui soit en mesure de recueillir cette précieuse moisson . J

Sans doute l'histoire de l'Église ne nous présente, depuis l'origine du schisme, aucun siècle qui n'ait été témoin de quelques efforts faits en vue d'y mettre fin ; mais il sera peutêtre permis d'observer que ces efforts si nombreux, si multipliés, ne pouvaient pas avoir la même efficacité qu'une

action persévérante et continue. C'est la pensée du vénérable Thomas de Jésus : il Texprime avec beaucoup de netteté et d'autorité, et nous devons nous borner à reproduire ses paroles : a Ce qui a fait défaut jusqu'ici dans l'œuvre de la conversion des grecs, c'est la persévérance : il aurait fallu avoir des hommes spécialement destinés à travailler à cette œuvre ; tous les jours ils auraient recommandé à Dieu cette intention dans leurs prières; ils auraient mis tous leurs soins, tous leurs efforts, toute leur intelligence à travailler à la même fin ; ils auraient été les avocats des grecs auprès du saintsiége et des princes de l'Église. Ces hommes n'ont pas existé, ou s'il s'en est rencontré quelques-uns parfois, cela n'a été qu'en passant et non d'une manière fixe et permanente, ce qui est absolument nécessaire , car à quoi sert de mettre un malade sur ses pieds, s'il n'y a personne pour le soutenir et pour l'empêcher de retomber? d {De unione grcecorum procuranda, ch. ii, art. 3.)

Si même on n'avait pas l'espoir de résultats immédiats ou prochains, ce serait déjà une immense chose d'avoir créé en face des grandes Églises séparées, cet apostolat incessant et continuel : la goutte d'eau finit par creuser la pierre: Gutta cavat lapident non viy sed sœpe cadendo. Et le vénérable Thomas de Jésus a bien raison de dire qu'il n'existe, pour obtenir cette action persévérante et continue, d'autre moyen que celui qu'il propose et que nous venons de reproduire après lui.

Comment terminer ces réflexions sans se rappeler ces admirables paroles de l'Apôtre des nations, qui s'adaptent si bien à notre sujet : a J*ai vécu avec les Juifs comme un Juif pour gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la loi, comme si j'eusse encore été sous la loi, pour gagner ceux qui sont sous la loi ; avec ceux qui n*avaient pas de loi, comme si je n'en eusse point eu moi-même, pour gagner ceux qui étaient sans loi ; je me suis rendu faible avec les faibles, pour gagner les faibles ; je me suis fait tout à tous, pour les sauver tous. » (I Cor., IX, 2o-2a.)

**•€■•. — Imp. à* W. REIIQCBT, sonrT et Cm-, rue G«raitci«rc, 5.

PARIS. — IMP. W, RKVQDKT, COOrT ET C«, RUE f.ARANCIÈRE, 5.

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