IT. —— AVENIR ULTÉRIEUR DES ENFANTS
Nous avons vu quel était l’état immédiat des enfants issus de mères atteintes de pyélonéphrite au cours de leur grossesse; que deviennent ces enfants par la suite ?
Il nous est difficile de répondre à cette question. Dans les services hospitaliers, les observations s'arrêtent nécessairement au départ de la mère, et retrouver les enfants par la suite est chose impossible, Nous avons bien cherché des détails dans les divers travaux qui traitent ce sujet, mais les auteurs sont muets sur ce point, ayant 6té arrêtés comme nous faute de renseignements.
Cependant il est permis de supposer que certains de ces enfants sont morts au bout de quelques mois. Il est fréquent, en ellet, d'observer un arrêt dans le développement des enfants nés prématurément à la suite d’une infection mater-
A je Vo
nelle. Pendant quelques mois ils augmentent faiblement, mais d’une façon assez irrégulière; puis, tout d’un coup, ils maigrissent, se cachectisent et, malgré les soins les plus éclairés, finissent par succomber.
Action de la pyélonéphrile sur le fœtus. — Comment la pyé6lonéphrite agit-elle sur le fœtus pour déterminer sa mort, ou tout au moins pour arrêter son développement ?
La pyélonéphrite gravidique est presque toujours une colibacillose urinaire, qui résulte d'une colibacillémie. Cette infection sanguine de la femme enceinte, due au colibacille, peutelle se transmettre au fœtus ? Les colibacilles contenus dans le sang maternel peuvent-ils passer à travers le placenta et se répandre dans la circulatior fœtale ?
A la suite des expériences de Brauell, en 1857, et de Davaine, en 1865, confirmées par Bollinger, en 1872, on avait admis que le passage des microbes à travers la barrière placentaire était impossible. Le placenta était alors considéré comme un filtre parfait pour tout élément figuré, protégeant le fœtus contre l'invasion bacillaire. |
Des recherches ultérieures ont montré que ces conclusions n'étaient pas fondées, et les travaux de Straus et Chamberland, de Perroncito, démontrent, au contraire, le passage possible du bacille à l'embryon.
En ce qui nous concerne, la possibilité du passage du colibacille de la mère au fœtus par la voie placentaire a été démontrée expérimentalement par Chambrelent et Sabrazès.
Une lapine pleine, près du terme, est inoculée avec une culture de bactérium coli provenant d’un péricarde d’éclamptique. Elle meurt vingt heures après, on extrait neuf fœtus. Les préparations de sang placentaire, ainsi que les frottis de tous les organes de la mère.et des fœtus, démontrent la présence de colibacilles. Une seconde lapine pleine est inoculée avec une culture provenant du sang de la même lapine; elle succombe; ses dix fœtus revêtent également une septicémie à
colibacilles,
7 pOUEE
Brindeau a trouvé le colibacille dans le sang du cordon d'un enfant né d’une femme atteinte de pyélonéphrite.
Bar admet que, dans la plupart des cas, la mort résulte du passage direct du colibacille de la mère au fœtus..Il en rapporte une preuve clinique à la Société d’obstétrique, 1898. Un enfant, né d’une mère qui eut des accès d’éclampsie et de l'ictère au moment de l'accouchement, présenta dès sa naïissance des symptômes infectieux et mourut deux jours après. L'examen bactériologique montra dans les viscères, en particulier dans le foie, des amas de colibacilles à l’état de cultures pures.
Plus récemment, Naujoks, en 1925, a pu constater l'existence de colibacilles dans le torrent circulatoire de deux enfants nés de femmes atteintes de pyélonéphrite.
Il est donc bien certain que l'infection colibacillaire de la mère peut se transmettre au fœtus.
Passage du colibacille de la mère au fœtus. — Le passage des colibacilles à travers le placenta étant un fait reconnu, par quel mécanisme les bacilles passent-ils de la mère au fœtus ?
Malvoz avait émis l'opinion que les microorganismes ne franchissaient la barrière placentaire pour atteindre l'embryon que dans les cas où le placenta présente des altérations histologiques, des villosités choriales, lésions généralement dues à l’action passagère des éléments parasitaires eux-mêmes. Autrement dit, ce passage ne serait possible qu'à la faveur d’une altération de l’épithélium placentaire, produite par l'infection maternelle elle-même.
Il semble cependant aujourd'hui que la lésion placentaire du fait de la maladie ne soit pas toujours indispensable.
D'après Natlan-Larrier, l'effraction placentaire chez le fœtus humain peut se faire par deux processus différents :
a) Par la rupture des capillaires sanguins de la villosité choriale ;
b) Par la pénétration des leucocytes dans la villosité.
La rupture des capillaires de la villosité s’observe fréquem-
LPOURE
ment. Nattan-Larrier et Brindeau l’ont notée très souvent dans l’albuminurie et dans l’éclampsie, et dans quelques infections, en particulier dans les pyélonéphrites gravidiques. Deux lésions conditionnent la rupture, l’une est fondamentale, c’est l'ectasie des capillaires de la villosité; l’autre est secondaire, c'est l’altération du plasmode.
Si aucun coagulum ne se produit, les éléments du sang fœtal peuvent librement pénétrer dans les espaces maternels infectés et s'infecter eux-mêmes.
L'effraction leucocytaire de la villosité n’est pas moins importante. Dans les placentas très jeunes, alors que le plasmode est tout à fait normal, on peut voir çà et là quelques polynucléaires franchir le revêtement villositaire; mais il est difficile de savoir si ces elfractions si discrètes correspondent à un processus physiologique où à un fait pathologique. Dans les placentas plus âgés, la pénétration des leucocytes maternels s’observe souvent, mais elle ne se produit que si le plasmode est déjà altéré.
Passage des toxines de la mère au fœtus. — I n’est pas nécessaire que les germes infectieux passent à travers le placenta pour que l'infection maternelle retentisse sur le fœtus.
C’est à Charrin et ses élèves que revient le mérite d’avoir démontré l’importance du passage des toxines à travers le placenta. Pour lui, le passage des toxines faciliterait l'infection directe du fœtus, c’est-à-dire le passage du microbe pathogène lui-même.
La preuve du passage des toxines à travers le placenta a été donnée par Nattan-Larrier. Il a montré que les organes hématopoïétiques du fœtus et le foie étaient touchés les premiers.
Ce passage des toxines à travers le placenta expliqueratit que les enfants nés, vivants et sains en apparence, de mères atteintes de pyélonéphrite gravidique s’accroissent difficilement et restent débiles.
Bouchard, Charrin et d’autres ont montré que, dans nom-
1 #7, a y A LA 1) rh Ft
n CAR. È Ÿ té w AT
Le IR te |
LE