‹ L'avenir de la philosophieChapitre 1 sur 265 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

En juillet 1 89^2, je commençais ce livre à Gérardmer, dans la paix de nos Vosges, parmi ces forêts dont je voudrais quil eût la gravité forte et douce. Dès lors, lepilan en était tracé entièrement et le détail même précisé. J'ai mis cinq ans à Vécrire, à la fois par lenteur voulue et retards subis. — En principe, le temps ne fait rien à Vaffaire : aussi ai-je un motif particulier pour donner cette indication. Pendant ces cinq ans, la crise à laquelle répondent ces pages na fait que devenir plus aiguë et plus manifeste. Certaines questions qui y sont traitées ont été débattues, non pas seulement par les penseurs, — dans des cours, des ouvrages ou des revues, — mais, comme choses de tnode, jusque dans les journaux, jmr des chroniqueurs soucieux d'actualité. — Faut-il s'en réjouir ou le regretter? Il est désirable que les graves problèmes s'imposent à tous: est-il bon qu^on les résolve, à plume courante, dans un coin de salle de rédaction, ou, une coupe de Champagne en main, dans un banquet? — Quoi qu'il en soit, j'étais comme un soldat qui se forgerait une épée p>rès du champ de bataille : le tumulte le gêne et en même temps

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