‹ L'avenir de la philosophieChapitre 35 sur 265 · Cf. ;/« Médilatio7i, A. M., p · texte numérisé non relu

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Assurément, puisque Tôlre est toujours présent à luimême, au lieu de : je pense, donc je suis, Descartes aurait pu dire par exemple : je vois, ou je marche, donc je suis^ Mais, dans la forme, il n'y aurait plus eu, du doute approfondi à la certitude absolue, cet ingénieux enchaînement qui convenait à son génie déduclif; et, en réalité, cela serait revenu à dire : je pense, donc je suis, — puisque toute l'activité de l'être, Descartes ne la connaît que comme pensée-. Penser et être ne font qu'un; il n'y a point de pensée sans être, mais il n'y a point d'être sans pensée : voilà, d'une façon plus psychologique, l'idéalisme rationaliste où tendait Descartes qui reparaît.

Mais le croyant et l'homme de sens commun vont se servir de cette base psychologique pour échapper à cet idéalisme — L'étendue est distincte de la pensée, et pourtant, connue dans la pensée, elle semble à l'esprit n'avoir d'être que dans la pensée. L'homme est enfermé en lui-même. Mais en lui-même il se sent borné, lui qui peut douter; et à l'être imparfait qu'il reconnaît en lui, il oppose l'être parfait dont il tire l'idée « du trésor de son esprit^ ». Je laisse de côté les trois preuves fameuses de l'existence de Dieu : nulle part, je crois. Descartes n'a mieux rendu la marche véritable de sa méditation que dans ce passage d'une lettre* : « En s arrêtant assez longtemps sur cette méditation, — que l'âme est un être ou une substance qui n'est point du tout corporelle, et que sa nature n'est que de penser, et aussi qu'elle est la première chose qu'on puisse connaître certainement, — on acquiert 'peu à peu une connaissance très claire de la nature intellectuelle en général; Vidée de laquelle étant considérée sans limitation est celle qui nous représente Dieu, et limitée, est celle d'un ange ou

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