‹ L'avenir de la philosophieChapitre 37 sur 265 · Lettre 29, A. M., p. S60-1 (éd. orig., xxxiv du t. I · texte numérisé non relu

Lettre 29, A. M., p. S60-1 (éd. orig., xxxiv du t. I

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVir SIÈCLE. 61

d\ine âme humaine; or il n'est pas possible de bien entendre ce que f ai dit après de f existence de Dieu — les preuves, dans le Discours de la méthode — si ce nest quon commence par là ». x\u fond, il y a là une connaissance intuitive comme celle du moi et inséparable de celle dn moi *. Ce que nous trouvons de plus positif eu notre esprit, c'est précisément l'idée de l'être parfait; et nous le connaissons positivement parce que sa réalité enveloppe la nôtre, parce que la nôtre implique la sienno. Descartes recouvre de raisonnements cette donnée intuitive, pour pouvoir du moi pensant qu'il a défini par un raisonnement, s'élever, je ne dis plus à l'être parfait, mais à Dieu, et de lui, redescendre à la matière. Sans prétendre dénombrer toutes « ses perfections », Descartes déclare que Dieu est « une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissanle ' », véridique aussi : c'est sur sa véracité que se fonde la vérité de tout ce qui est évident dans notre esprit et, en conséquence, la réalité de la matière. Dieu est la « cause efficiente », la « cause universelle » et la « cause totale » de tout-'. Et non seulement la pensée et l'étendue n'existent que par Dieu, mais elles lui doivent leurs lois, leur essence comme leur existence : (( // ne faut pas penser que les vérités éternelles dépendent de V entendement humain ou de f existence des choses, mais seulement de la volonté de Dieu, qui, comme un souverain législateur, les a ordonnées et établies de toute éternité^ ». Ainsi l'objet est une substance comme le sujet; il est soumis aux mêmes lois que le sujet — d'où la portée de .la matbématique; ces lois viennent de Dieu, qui est le lien, eu quelque sorte, du sujet et de l'objet'. Voilà tout ensemble la science fondée et les vérités traditionnelles retrouvées.

1. Descaries l'a indiqué piiilôt qu'il ne l'a reconnu. Il l'a même parfois nié: voir LeUre 13't, A. M. (éd. orig., cxxiv du t. lll). On ne saurait s'en étonner puisqu'il a cru devoir construire ses preuves.

•2. //y Méditation, A. M., p. 76-2.

3. Lettres 20, A. M. (éd. orig., ex du t. I), et 93 (viii du t. I).

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