‹ L'avenir de la science, pensées de 1848Chapitre 15 sur 15 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

La civilisation moderne aura-t-elle le sort de la civilisation antique? Assimilation des barbares aux peuples civilisés. Possibilité d'allier la culture intellectuelle avec une profession manuelle. Pourquoi le métier est chez nous abrutissant. Société grecque. Douleur de voir une portion de l'humanité condamnée à la dépression intellectuelle. Simultanéité de deux vies. État où le travail matériel deviendrait presque insignifiant. Règne de l'esprit. Variété individuelle. Ah ! ne nous défendez pas ces chimères ! 388

De la science populaire. Ne pas abaisser la science. Déeadence de la culture désintéressée parmi nous. La ploutocratie, cause de cette décadence. Le riche ne demande pas de science sérieuse. Les facultés que développe la ploutocratie sont de nulle valeur pour les travaux de l'esprit. Il ne s'agit pas de faire que tous soient riches, mais qu'il soit insignifiant d'être liche 411

La science est indépendante de toute forme sociale. Les révolutions sont préjudiciables à la petite science d'érudit et d'amateur, mais non au grand développe- ^

Pagei

ment intellectuel. Le génie ne végète puissamment que sous l'orage. Le xvi^ siècle. Athènes. L'état habituel d'Athènes, c'était la Terreur. Habitude de repos et de sécurité que nous avons contractée. Les époques de calme ne produisent ricrn d'original. L'ordre n'est désirable que pour le progrès. Il ne faut pas sacrifier le progrès de l'humanité à la commodité d'un petit nombre. Tout ce qui émeut et réveille l'humanité lui fait du bien. Il faut toujours philosopher 418

Foi à la science. Nous sommes béotiens. Les sceptiques superstitieux. Ces gens sont incurables. Mais l'humanité n"est jamais sceptique. li viendra un siècle dogmatique par la science. Du bon petit esprit de RoUin. Ce qu'il faut, c'est la critique. Il y a des sciences auxquelles tout le monde croit. Possibilité de la science avec un certain scepticisme moral ; Gœthe. Des jouissances de la science. Que la science est la grande affaire. Que la révolution qui renouvellera l'humanité sera religieuse et morale, non politique. 11 n'y a rien à faire en politique. Époques où la politique est ou n'est pas en première ligne. Le christianisme. Le xviii*^ siècle. Combien est humiliant le rôle du politique. Pourquoi la science pure paraît avoir peu agi sur l'humanité. Mœurs vraies qui ne seraient ni aristocratiques, ni bourgeoises, ni plébéiennes. La Grèce. Il n'y a de majesté que celle de l'humanité, celle de l'esprit. Simplification de mœurs opérée par la bourgeoisie. Mœurs purement humaines. Le salon et le café. L'école antique et le gymnase. L'église et le club. Mauvaise influence de ce qu'an appelle la société. Hermann. Vie prise à plein; franchise avec soi-même. Retour à la Grèce. La religion hellénique vaut mieux qu'on ne pense : forme poétique du culte de la nature i33

Pages.

Où est la place de l'esprit? Il a tout fait, et il ne paraît pas. Les religions ont jusqu'ici représenté l'esprit dans l'humanité. Première vie religieuse, une et complote. Deuxième moment où, à côté du religieux, on admet du profane. Le profane prend le dessus, et étouffe la religion. Il faut revenir à l'unité et proclamer tout religieux. On est religieux dès qu'on adore quelque chose. Disputer sur l'image divine, c'est de l'idolâtrie. Douleur de s'isoler de Ja grande famille religieuse. Douleur d'entendre les femmes et les enfants nous dire : Vous êtes damné! Il faut être religieux. Absurdité de l'athéisme. Dieu, c'est la catégorie de iidéal. Ce Dieu est-il ou n'est-il pas? Les questions d'être nous dépassent. A'ous sommes avec les croyants. Les impies sont les frivoles. Nous avons au moins l'analogue des religions. Soyons frères, au nom de Dieu 459

Notes - 493

Page 1