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L'avenir de Québec [microforme]

Cexte d'une Conférence donnée le 16 décembre 1913 à l'Académie Commerciale de Québec

A. FE d'Brllencourt

Rédacteur en chef du Soloif ””

Monsieur le Directeur,

Mesdames et À Lessieurs,

Permettez-moi de débuter par un veu: en acceptant l'invitation

du révérend frère Directeur, j'ai fait Violence 4 toutes mes habitudes, Jui trahi toutes mes plus solennelles résolutions le serai tenté de dire Jes meilleures de mes. bonnes résolutions Vous en jugerez ailleurs

Je m'étais Promis ,en effet, de ne Jamais faire de discours ni de conférence, et cela pour Une raison qui me parait inattaquaule — dan, comme moi, on est obligé, par devoir, de se rvir quotidienne

ment au publie et à cœur d'année, et pendant des lustres, des ser-

mon ‘pitres, admonitions et autres amenités dites éditoriales, il I toujours semblé que, par décence, par charité, il convient de Né pas infliger, par surcroît au publie les chansons de notre bavarchar

Si vous voulez être sincères, vous M'accorderez que mes bonnes résolutions sont d'excellentes résolutions, des résolutions d'intérêt publie?

\ussi, je ne me fais pas illusion: j'ai peur, grand peur que vous Ines jeunes amis, vous surtout, dont on dit ‘ue |

ge est sans pitié — ét on dit vrai, je le sais, car je l'ai eu votre âge j'ai bien peur que VOUS —xt bien d’autres n'en veniez À 1 conclusion que j'aurais bien

D'ailleurs, # Vous voulez le savoir c'est, avant même de commencer ma propre conclusion,

dû ne pas manquer À d'aussi excellentes résolitions

J'ai pour excuse à vous offrir et pour consolation, qu'en accep-

tant Pinvitation de Monsieur le dir ‘cteur, il ne m'est Jamais venu

À l'idée qu'il ne S'agit d'autre chose que d'une causerie à In bonne

franquette, la causerie d'un fL

ul frère ainé Qui raconte * ses cadets

Hnpressions de voyage à travers la vie

Comme sujet de notre auserie, j'ai pris celui qui entre parents M4 paru d'un intérêt certain: ] avenir de la maison familiale:

de Québec

Muis je ne voudrai pas laisser subsister ln moindr équivoque et malheureusement ee titre. il mu paru depui VO prétornit ni ment

Ce nest point mon intention di Vous convier à chanter un can tique en l'honneur de votre bonne ile de Québec, de son piissc glorieux, des réves grandios queoun cœur patriote peut légitimement bâtir sur | il de ce passé glorieux

Nous allon 1 vous le voulez bien, laisser de côte et la rhétori que et la littérature ot le entiment et les rûve Pour ne nous occuper qu le choses pro diqu de choses matérielle de l'avenir com merci, industriel de Québec et de votre Ver À Vous, conséquem ment, votre avenir d'homme, obligé di gagner, puisque nou oMmmes condamnés tous, son pain et celui de sa famille

Ce nest point, ce ne doit point étre un sujet d'intérôt platonique que celui de l'avenir de Québec, mai bien au contraire un ijet itéret pratique, et pour vous, Pour nous tous, un sujet ingoissut poignant, puisque, pour peu que vous vouliez v réfléchir de cet avenir doit lorcément dépendre nos propres chances d'avenir individuel

D'autre part, l'avenir de Québec sera ce que sauront le fair

les citoyens de Québec. Si grandes que puissent être les chances

de développement, les occasions « activité progre

sIve et fructueuse que a nature, les conditions économique et les milles facteurs imprévus pourront offrir à Québec, si ses citoyens, pour une raison ou pour une autre, où sont indifférents, où sont inaptes à apercevoir ces chances, à tirer parti de ces occasions, notre avenir, l'avenir de Québec sera condamné à une stagnation ,a un enlisement dont l'aboutissant ne saurait être que la déchéance.

Ces considérations générales trop évidentes pour qu'il me soit nécessaire de m'y attarder, justifieront la division de cette causerie en deux chapitres: d'abord l'exposé des avantages et opportunités que nous pouvons normalement entrevoir comme devant échoir à Québec, soit dans le présent, soit dans un avenir prochain:

D'autre part: un examen des conditions qui nécessairement devront être acquises pour permettre aux citoyens de Québec de pouvoir tirer

parti de leurs chances, avec profit et en temps opportun.

Vous m'accorderez UC, pour pouvoir convaincre le citons de Québec, vous plu Particulièrement mes jeunes am vous les forces vives de demain de la nécessite dé se préparer à jouer ce rôle nécessit Qui entraine forcément des dovoirs et dh icrifice il me faut d'abord éssuver de vous convaincre de la rc aité de ces chances d'avenir pour Québec

[est évident que si vous n'avez olidement assise dans votre tête li conviction de ce hances d'avenir, si, en un Mot, Vous n'ave Pas confiance, une confiance rai onnée, raui Icraeinable dans Pavenir de votre ville il scrait vain inutile, d'espérer vous convaincre 4 la nécessité de effort personnel, de ln nécessité d'un préparation au rôle que je prétends que vous serez appelé à jouer

I faut bin nous | ivouer, et cela frappe étrangement quieconqu avant vécu ailleurs sur ce continent d'Amérique, prend contact ave

li mentalité de Québec il faut le éontesscr: nous n'avons Pis confiance dans l'avenir de Québec

Oh! je sais bien ce qu'on pourrait me répondre: qu'il suffit d'ouvrir les oreilles, d'écouter autour de soi, sur la rue, dans les burs aux, partout, Pour constater que les québecois, bien au contraire, ne cessent de parler

de leurs rêves d'avenir. De fut, ie le reconnais, c'e

tas nent le sujet le plus habituel, Le plus constant des conversations ré nos concitoyens

Mais parler, rêver, discuter: ec in'est point synonyme de confiance; il S'en faut! Quand on est con uneu d'une chose on cesse de la discuter. Quand on a confiance dans une a üre on ne cherche pas à en parler avec le premier venu, et à tout bout champ!

Loin de moi, la pensée de venir dénigrer le patriotisme de mes concitoyens . Je le crois au contraire très vivace et je sais que tous rêvent pour Québec, de magnifiques destinées,

Ils en rêvent ,c'est bien cc la, mais ils en doutent, hélas! sans méme oser se l'avouer. Ils n'ont Point encore acquis la conviction ni ciment( la confiance chez eux dans les certitudes d'avenir de Québec.

Or,

là un très fâcheux trave rs, surtout en présence de la confiance invincible, si solidement proclamée autour de nous, par les citoyens

des autres villes. Comment Pourrions-nous espérer Ampressionner les

autres et leur inculquer une convic on que nous même ne possédons pas”

Et puis! des rêves, de

S spéculations, de nos jours, sur cette terre d'Amérique, vous le save

‘Z Comme moi, cela ne monte pas à grand chose au point de vue de l'apostolat, de la Propagande en faveur de Québec,

Si jamais, à aucune époque et ea aucun pays le vieux dicton: “un bon tient vaut mieux que deux tu l'auras” bien au Canada, en l'an 1913!!

»a été en honneur, c'est

On ne base pas la conviction ferme et

agissante sur des rêves.

Aussi, mon ambition 8 rait,

ce soir, de vous fournir ces bases stables, solides inébranlables sur lesquelles asseoir désormais votre confiance, une confiance aveugle dans l'avenir de Québec.

Pour assurer cette confiance inél

ranlable, il nous faut, évidemment, la justifier par une certitude.

Une seule bonne et valable raison, doit uflire, mais, il la faut: convaincante et décisive, Or, à quoi servir.

i de vous répôter que la nature nous a dotés d'avantages exceptionnels pour la création à Québec, d'un grand et merveilleux port ? que nous avons des étendues et des profondeurs d'eau où pourrait mouiller à l'aise la majeure partie des flottes de la Grande-Bretagne ?

A quoi, bon? ces avantages naturels incontestables

, à quoi nous ont-ils servi depuis quarante ans ?

ont-ils empêché le trafic océanique de déserter notre hâvre ?

A quoi, nous servirait encore de spéculer sur les avantages, non

moins connus et non moins certains, que notre position nous offre, pour permettre de prolonger à l'automne ou de dévancer au printemps la période habituelle de navigation océanique sur Je Saint-Laurent ?

Nous savons, par expérience, une expérience trop certaine, et trop longue -malheureusement !— que ces avantages ne pèsent guère dans la balance auprès des intérêts du eommerce,

I s'agit done de sortir de ces sentiers inutilement battus et rebattus il nous faut chercher ailleurs,

Point n'est besoin d'aller bien loin

pour le trouver ce facteur nouveau, ce facteur décisif —le fait

nouveau—qui va nous offrir cette

certitude ,ce gage d'avenir: c'est la construction du Transcontinental

national,

Veuillez réfléchir un instant : demandez-vous ce qui nous a manqué, à Québec, ce qui nous à manqué d'évidemment essentiel

au point de vue des besoins de la navigation, pour que t

ous les autres avantages

dont nous disposions de toute évidence, aient été impuissants, de nul effet.

Ce qui nous a manqué, jusqu'ici, ln cause responsable—incontestablement—de la déchéance de notre port, c'est l'absence du fret à offrir en quantités raisonnables pour les cargaisons des navires océaniques.

Ce fret, il fut une époque où nous le possédions en abondance:

c'était le bois qui nous le fournissait. Le bois parti, nous n'avons rien trouvé depuis qui le remplaça.

Désormais, nous allons avoir le blé, le blé de l'ouest venant en

droite ligne se déverser par la voie la plus courte, par la voie la plus

économique en tant que transport par rails, se déverser dans le port de Québec,

Ce fret lourd de cargaison, ce fret de cale, en quantités considérables, constitue, au point de vue économique le véritable pivot du trafic océanique

Là où se trouve accumulé, assuré, ce fret lourd, les autres catégories de fret viennent se diriger peu à peu; le fret lourd c'est l'aimant, c'est le pôle de la navigation commerciale.

j'ose l'affirmer, sans crainte, d'être démenti, par quiconque, a la moindre notion des questions économiques, voilà la certitude indiscutable sur laquelle baser désormais en toute sécurité notre confiance dans l'avenir de Québec.

Québec relié en droite ligne aux greniers de l'ouest; Québec devenu le goulot de l'entonnoir servant à l’ cela suffit pour établir notre confiance dans l'avenir de Québec.

Il est une autre raison non moins décisive à mon humble avis, pour confrmer notre confiance.

C'est l'évolution qui s'opère depuis plusieurs années et qui s'affirme

vaeuation des récoltes de l’ouest :

chaque année plus nettement, que le rapport du Lloyd notait dernièrement,—l'évolution dans le tonnage des navires économiques.

Etrange retour des choses ici-bas! une évolution semblable, jadis, a causé l'abandon de notre port et voici qu'aujourd'hui, les progrès de la navigation à vapeur, qui, à ses débuts nous fut si néfaste, nous offre notre revanche!

Avec la navigation à voiles, la montée du fleuve entre Québec ot Montréal, forcément lente et hasardeuse, favorisait Québec au détriment de Montréal.

Quand la Vapeur vint ces inconvénients et pe relle qui est de sible

se substituer à la voile, elle fit rinit à Ja navigation de Suivre s Sans rupture de afin de bénéficier Je transport,

Mais voici que | avec les

par les }

disparaître 4 tendance natucharges, Je plus plus possible d

pénétrer, avant posdans les terres,

€ l'économie de ce mode de

‘augméntation accélérations de "Soins d'une Jamais connue,

du tonnai Concordant d'ailleurs Par là concurrence ot Comme le monde n'en ‘ugmentation du tonnage et ce plan les tvantages naturel

: Un journal

vitesse imposées et

activité fiévreuse avait voici, que cette

besoin de vitesse ramènent

au premier Un journal de Montréal

S de notre port.

du Commerce’

Commercial, “Le ‘aveu tout récemment et prédi évolution au bénéfice troisième certitude: Ja

en faisait ]

prochain de cette Enfin,

S'affirme à n

Moniteur Stit l'échéance Uu port de Québec,

nécessité impéricuse, évidente, on de l'ouest, ]n né aux besoins gr.

qui 1esure que s

‘augmente Ja produeti cessité

nouveaux débouchés, de nos produits Or

d'assurer de

andissants d'évacuation

* qu'on le veuille où non, rendre à l'évidence 4

testables qu'offre

de gré où de force,

Pour en profiter, les avantages incon- Pour fournir à

il faudra bie reconnaître

notre port

n se

cette nécessité nationale la solution la plus facile, Ja plus Pratique,

Mais, ne l'oublions Pas: sans le premier facteur, sans le Transcontinental, arrivant à l'heure voulue

Pour nour relier Conséquemment Je douteux,

l'ouest et nous procurer

abondamment, il est facteurs maloré

directement à fret lourd, nous le

fournir plus que douteux, que les deux autres toute leur incont

stable valeur intrinsèque en l'absence du premier puissent exercer une influence Suffisamment décisive auprès des intéressés, pour les décider à favoriser de Préférence notre port.

Je me crois done justifié d'

affirmer pé Struction du

remptoirement

que la conheure Opportunc

est bien a clef avenir, S'ils veulent être aujourd'hui se rendre Compte de la dette de ont redevables à l'éminent }

“8esse patriotique le

Transcontinental]

à cette de voute de notre avenir: sa sécurité et SON assurance d' Il me semble que les citoyens de Québec, et sincères, doivent

justes

reconnaissance dont ik & 1omme d'état lairvoyance et la

dont la Ur ont assuré une te

Île garantie d'avenir,

traître natut posnie de

leurs ce et avait in de port.

teur ince

qui ité ion

se nle

bin

turcs Débits

Je l'affirme,—et, j'ose espérer, je suis convaincu, que vous en viendrez à la même conclusion lorsque ayant réfléchi vous aurez pesé mes raisONS,—Jj'affirme que peu de villes ont jamais eu autant de bonnes de séricuses, de valables raisons de professer une confiance inébranlable et illémitée dans les destinées que lui offre les perspectives d'avenir, que Québec, à l'aurore de l'année 191] t.

Prenez confiance, Messieurs, et vous plus particulièrement, mes

Jeunes amis, prenez confiance dnas l'avenir de Québec, dans votre avenir:

Soyez-en convaincu, repètez-le, affirmez-le hautement en toute occasion et devant tout venant, car äueun doute n'est permis,

Mais, la foi sans les œuvres, Vous le savez est une foi stérile: la confiance aussi,

I ne suffit pas de professer, d'affirmer cette confiance: il faut surtout et avant tout en fournir les preuves.

Et la manière pratique de la prouver efficacement, c'est de vous atteler individuellement, sans délai, sans tergiversations, sans répit au chariot du progrès matériel et du développement commercial de Québec,

Ayez confiance, :

N'hésitez pas, n'attendez pas, car d'autres viendront vendanger les grapes de cette vigne qui pointe hors du sol et que leurs yeux avertis

rez la foi. . et agissez en conséquence,

sauront bien découvr

Mettez-vous à l'œuvre, prenez la pioche, béchez la terre, préparez les échalas, mettez sur chantier les tonneaux et les cuves pour la vendange prochaine,

Le ciel nous aide! aidons-nous.

Au lieu d'aller chercher au loin d'illusoires Eldorados. pour y placer fructueusement vos Capitaux; au lieu de laisser aux banques et autres intermédiaires Ja tâche de faire fructifier vos capitaux; gens de Québec, placez-les, en toute confiance dans des entreprises à Québec: disposez-en vous-même dans des entreprises locales que vous aurez étudiées soigneusement, dont vous connaîtrez tous les tenants et tous les aboutissants et que vous pourrez surveiller facilement.

Est-il bien nécessaire de vous indiquer tous les champs fructueux et si variés «,.: s'ouvrent À votre initiative et qui n'attendent pour fructifier que l'apport de vos énergies ?

Ce serait ouvrir un champ trop vaste à Parcourir dans le cadre de cette Conférence que de vouloir Cntreprendre de vous indiquer toutes les avenues qui s'ouvrent à votre esprit d'entreprise,

Un autre, plus tard, suivant sillon que j'ouvre aujourd'hui Vicndra vous Ouvrir avec plus de compétence les Perspectives de ce nouveau champ d'action.

Mais, il est un point de vue général que vous me Permettrez d'aborder ce soir, car il relève éSentiellement de la Auestion étudiée: celui-là s'adresse plus Particulièrement à vous, mes jeunes amis.

La bonne volonté, la volonté tout Courte, de profiter des chances que vous offre la certitude de l'avenir de Québec, Je désir de bien faire c'est beaucoup assurément, mais ce n'est pas SUffisant, ce n'est Pas assez!

Une suffit Pas de vouloir ici-bas. il faut savoir Savoir vouloir et savoir exécuter,

Dans cette institution VOUS venez puiser le Savoir qui vous ouvrira les portes du succès et certes, nous savons tous avec quel dévouement, avec quelle science, ces Messieurs S'ingénient à mettre à votre portée ces connaissances, armes nécessaires de votre prochain combat dans la vie Commerciale,

Mais si gr nds soient leurs efforts, si complet leur dévouement ils ont Conscience, eux aussi, de ne Pouvoir, dans l'état de chose présent, Vous armer pour ce combat comme ils le voudraient, Comme ils sentent bien qu'il le faudrait et Pour vous et pour notre race.

Il existe indiseutablement une lacune dans notre système d'instruction Commerciale: il est trop exclusivement élémentaire.

Je voudrais SSsayer de bien me faire Comprendre par tout le monde € pour cela je vais, SI vous le voulez bien prendre dans notre Propre ville, dans notre sit uation economique, un exemple facile à Saisir,

Vous savez tous, que le peu d'augmentation de notre Population, malgré l'énorme quotient de Ja natalité à Québec est dû, Presque exclusivement, au fait que les jeunes, Pour le plus grand nombre, quittent Québec et vont, ailleurs, chercher fortune.

Nul blâme ne S'attache à eux de ce fait : ik sont les victimes d'un état de choses, ils n'en son point responsables : ils ne trouvent pas dans leur ville natale, du moins en nombre suffisant, Jes positions qui leur per- Meéttraient de £agner leur vie.

cadre toutes

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‘ttrez diée :

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rest loir

rira nt, tée

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Us s’en vont donc, forcément, chercher ailleurs, à Montréal, un peu Partout où s'employer. Et c'est Québec qui y perd.

Interrogez vos souvenirs, réfléchissez, et vous n'aurez aucune peine à retrouver par dizaines et par centaines les noms de vos amis, de vos parents, qui, leurs cours terminés, ont dû, eux aussi, pour vivre, S'expatrier de Québee.

Montréal ne compte plus le nombre de jeunes québecois qui aujour-

d'hui composent la phalange commerciale si active si entreprenante, si Prospère qui lui a assuré sa suprématie industrielle et commerciale,

Ceux-là, trouvent dans cette sphère d'activité de Ja métropole le complément pratique de leur éducation « ommerciale : ils apprennent par expérience, pour peu qu'ils le veuillent et qu'ils possèdent l'étoffe voulue, cette éducation commerciale Supérieure que nos institutions ne peuvent aujourd'hui leur fournir, Mais encore, taut-il remarquer que ce complément d'éducation commerciale il leur faut pour l'acquérir, même insuftisamment, des années d'expérience pratique, alors qu'en une où deux années ils auraient pu acquerir à l'école d'enseignement supérieur commercial tous les rudiments essentiels et profiter par la suite beaucoup plus vite et beaucoup plus utilement des enseignements subséquents de l'expérience,

D'ailleurs, remarquons le bien, le nombre est relativement et naturellement restreint de ceux qui conquièrent par l’enseignement de l'expérience, ces notions générales, pourtant si nécessaires à qui veut pouvoir sortir de derrière le comptoir ou le bureau pour devenir à son tour: patron.

Mais à Québec, sans vouloir en aucune façon jetter le moindre biâme Sur nos hommes d’affaires

Sans aucune arrière pensée de récrimination,— car, c'est 1, besogne vaine et irritante,— quelle chance la plupart des jeunes qui entrent dans ln carrière commerciale ou industrielle peuventils trouver pour acquérir ces notions de l'enseignement commercias supérieur ?

Or, dans quelle situation allons-nous nous trouver, de ce fait, à Québec, pour faire face aux chances de développements industriels et commerciaux que nous pouvons env isager désormais, que nous devons envi- Sager désormais comme une certitude ?

Ais-je besoin de vous signaler que, pour employer utilement, avec chance raisonnable de succès son initiative, pour pouvoir entrevoir les

Opportunités oHertes par Jos Creonstances, pour Concevoir, mettre sur Pied les 4 Ntreprises nouvelles dont noi ions avoir besoin si nous voulons tirer Profitablement Part des conditions nouvelles ais-je besoin de

VOUS Signaler qu'il faut, néces

Hrement, autre chose que des notions élémentaires de commerce et AU moins d'un génie Particulier, exelusi- Vément individuel CE EXCeptionnelle ment rare, Jos Meilleures volontés,

les désirs de faire preuve d'initiative intelligente seront condamnés à l'impuissance Où à l'insuccés 44 Qui est pire dans l'intérêt général plus encore que dans l'intérêt Particulier

Où, nos Capitalistes, nos hommes d'affaires Entreprenants trouve ront-ils les auxiliaires indispensables Pour mener à bien telles initiatives »

Et, même Parmi n6s homme d'affaires, sans vouloir en rien les déprecier, Mais Simplement en tenant Compte des circonstances dans lesquelles ils ont vécues, combien CD trouverons-nous qui se sentiront les audaces nécessaires Pour ces initiatives

Rien ne se:t de S'ilusionnes Gélibéremment et par un Patriotisme Mal compris, affreusement décevant, $e refuser à regarder en face les réalités,

Nous avons certainement Pari nous bon nombre d'hommes d'affaires, bon nombre d'auxiliaires compétents qui Pourront et sauront Profiter

de ces chances, mais ce que |

firme c'est que le nombre en est insuffisant beaucoup trop restreint Pour nous Permettre d'espérer Pouvoir tirer de la Situation nouvelle si Prochaine tout le parti qu'elle doit forcément comporter,

Laissons de côté le point de Vue industriel: au seul point de vue com- Mercial, vous le Savez, vous en avez Conscience, et vos Professeurs eux, le Savent bien, poux faire face victorieusement à la ‘oncCurrence si ardente, Si aigue, si avisée dans Je monde Commercial, il faut plus, il faut autre chose que Ja COBnaissance mêm Parfaite de tous les mystères de la comptabilité, de Ja Sténographie, de Ja clavi

raphie, si on Soubaite jouer un rôle &utre que celui de second où de troisième violon.

Je sais bien. que notre SOUvVernement Provincial a reconnu déjà cette nécessité de notre avenir national et Ja Preuve en est dans cette fondation de l'école des Hautes-Etudes Commerciales de Montréal : Comme aussi dans un autre Champ, la Création des écoles techniques,

Mais, il me semble que, si excellente que soit cette fo idation, il manque à l'heure actuelle un rOUAge, Un rouage essentiel, un rouage

tre sur

1S vousoin de iotions xXelusiontés, inés à

l'plus

ouveves ?

n les dans

t les

intermédiaire qui, seul, peut assurer le fonctionnement régulier du mécanisme et c’est l'enseignement commercial supérieur,

Dans ma position de journaliste quime met journellement en contact avec toutes les classes de la société et me permet de recueillir des confi-

dences précieuses, j'ai eu l'occ asion de remarquer, depuis longtemps, l'existence d'une inquiétude vague, imprécise, mais très générale sur notre état de préparation comme race et comme soc iété pour faire face victoricusement à nos destinées.

Je vous le déclare franchement, mon opinion, formée par l'étude sincère et consciencieuse de cette situation que l'une des causes, et suivant moi la plus importante, est l'absence de cet enseignement

commercial et scientifique supérieur,

J'aurais mauvaise ce à dénigrer les humanités et les belles Je ttres

qui m'ont fourni dans la vie les éléments de mon succès—si relatif, soit-il, cela s'entend, je vous prie de le croire—mais est-il donc nécessaire de dénigrer l'enseignement classique pour faire valoir les mérites et les avantages de l'enscignement commercial ?

Je me refuse, pour moi, absolument, à l'admettre.

Je m'y refuse d'autant plus rigoureusement que j'ai, pour m'ap- Puyer, mon expérience personnelle. Je n'ai pas fait au collège que des humanité

; j'ai jadis, mes humanités finies, étudié les sciences et assez à fond puisque je me préparais aux examens de notre école polytechnique, assurément l'une des écoles scientifiques dont la réputation est la mieux assise par le monde.

En toute sincérité, je suis persuadé que mes études scientifiques ont singulièrement aidé à la formation de mon esprit et largement contribué à m'aider dans ma lutte.

Je suis fermement d'opinion qu'il est urgent dans l'intérêt de notre peuple, à Québec, comme ailleurs, de créer cet enseignement commercial supérieur qui nous fait si lamentablement défaut à l'heure actuelle et qui est une cause certaine d’infériorité pour es nôtres, malgré leur intelligence et malgré leur travail.

I le faut: d'abord pour fournir le rouage indispensable à l’utilisation profitable de notre Ecole des Hautes Etudes.

Ile faut: pour fournir à un plus grand nombre de nos jeunes gens qui se destinent au commerce et à l'industrie, les compléments

indispensables qui leur permettront de ne pas rester tcujours au second

plan, alors méme

Qu'il ne pourraie Etudes,

nt pas passer Par l'Ecole des Hautes

Il le faut, enfin! et j dans l'opinion de notre toujours après celle de qui, partout ailleurs, dérable

I le faut:

les clefs Le

e serais tenté de dire surtout :

race une profession S Cultivateurs,

Pour rehausser qui, somme toute, là plus nombr prend de jour «

sera “#1Oon lant plus consi-

euse; d'une profes " jour un äscenc Pour rehausser une profession qui, a entre Jos Hitiinis, S plus certaines du progrès matériel, de ja Prospérité 64 de qui dépend réellement l'avenir Matériel de notre Pays.

I le faut encore, et Pour Québec, dun en relief Possédons pas, ens de recue ons nous échapper avenir, où bien, d' et à notre barbe,

plus particulièrement Giréonstances que je viens d'e

SI, par malheur, pour permettrre

ou bien nous verr

les Saver de mettre devant votre Jugement, car

nous ne à temps voulu,

à nos Concitoy illir l'héritage cette fois

autres vie

qui va s'ouvrir à tous jamais, peut-é ndront cucillir à notre

tre nos chances d'

nez cette moisson fructueuse,

Je ne veux Pas abuser de votre Patience, j'ai conscience d'avoir déjà dépassé les limites Permises; je veux simplement VOUS indiquer, € passant, esquisser, une ‘utre raison qui apparaît d’une importance exceptionnelle.

On se plaint sans cesse à Québec ment,du manque d'esprit l'avoir dit

et non sans raison, sublic: chacun chacun S'oceupe

malheureuse dit-on—je me confesse de

exclusivement de son devant de

naturellement de al où qu'on ne connaît

Chacun connaît ou et très naturelle

On s'occupe connaît m

Porte, ce que l'on

ce que l'on connaît

Pas, nous est indifré croît connaître se ment, chacun se

Le seul moyen de crée dre les

rent, intérêts Personnels: a ngui à ce point de vue,

»pper l'esprit publie c'est Commerciales et

place r et de dével Connaissances générales

inva iablement dans l'étude et l'appréciation des général,

d’étenautres qui rentrent Questions d'intérêt Ni, évidemment on ne peut espér à tous les

indistinctement

étendre ces + du moins s4 nombreuse de

CONNaissancos citoyens

former une cela

devons-nous ter £ens instruits à user de leur

lre à

cet égard Puissent servir de

guide et puissent influence I

publique utilement.

qui Jour diriger l'opinion

Or, je le demande, à tous les gens sensés, quelle classe peut mieux que la classe commerciale, si nombreuse, jouer, avec temps et d'effort ce rôle si désirable au poin opinion publique intelligente et avertie ?

Cette fois, je termine, Je n'ai fait qu'effleurer des qui méritaient d'être longuement étudiées et que semer à la volée quelques idées:

un minimum de t de vue de la création d'une »

questions discutées: je n'ai voulu mon seul regret c'est de n'avoir pas pu être suffisamment à la hauteur de mon amt

Je n'aurai point inutilement abusé de si, du moins, vous remportez avec vor

ition votre bienveillante attention

is ce soir un sentiment plus net de confiance dans l'avenir qui est réservé à Québec, Tout le reste suivr

1, et vous saurez bien y voir vous-mêmes, du jour, où cette confiance sera solidement

ancrée dans votre cœur. Ces Messieurs de l'Académie Commerciale

* Nous traceront la voie; il suffira de leur prêter notre concours généreux et vous mes jeunes amis toute votre ardeur à profiter de leurs enseignements,

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