‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 12 sur 76 · CONTINUATION DU STATU QUO · texte numérisé non relu

CONTINUATION DU STATU QUO

Devons-nous, ou plutôt pouvons-nous rester dans le statu quo ?

Je ne le crois pas. L'organisation politique que nous avons depuis 1867 n’a jamais été dans l’esprit de ses auteurs, qu’une affaire de transition, qu’un moyen de nous préparer à jouer un rôle plus grand et plus indépendant. En groupant les colonies anglaises sous un même gouvernement, les hommes d’Etat qui ont fait la confédération avaient pour but définitif de nous rendre assez forts, par le nombre de la population et l’étendue du territoire, pour constituer un peuple digne du respect des autres nations et ““pable de faire ses conditions quand arriverait le moment suprême et désiré de la séparatian, le temps propice pour rompre les liens qui nous unissent à l’Ang'eterre.

Cette idée ressort clairement des discours prononcés lors des débats sur la confédération et elle a été formellement exprimée par l’homme qui à fait, dans un sens favorable, l’étude la plus complète de ce projet d’union entre les différentes colonies anglaises du nord de l’Amérique. Voici ce qu’écrivait à ce sujet l’hon. M. Cauchon, dans sa fameuse brochure de 1865, inspirée par Cartier, avec lequel il était en communion d’idées, et résumant parfaitement ses vues :

‘* Tous les peuples aspirent naturellement à de grandes destinées et à une grande place dans la famille des nations, parceque, en dehors du légitime sentiment d’orgueil qui les porte à occuper le premier rang, ils savent qu’on est plus respecté, plus favorisé et plus capable d’être prospère à proportion qu’on est plus fort.

‘ Tous sont d’accord sur ce point, tous comprennent, tous savent, presque d’intuition, que l’état colonial n’est qu’une transition, un passage de l’enfance à la virilité des peuples. Pour se convaincre de l’existence de cette loi sociale, à toutes les époques du monde. il suffit de lire l’histoire des colonies anciennes de la Phénicie, de la Grèce et de l’Asie et des colonies modernes fondées par l’Europe sur le continent d'Amérique, notamment celle des Etats-Unis, du Mexique, du Brésil et de toutes les républiques espagnoles et portugaises de l’Amérique centrale et de l’Amérique du sud.

CAU qui n

…l'oise ! vous voulé un g tions l’élar que la gl

Là était EA

4 dec 4 du }

« leur:

» pas colo

rant hur

PR TS Ve TE SES HE

statu quo ?

us avons 'S, qu’une jouer un s colonies At qui ont idre assez erritoire, iations et Suprême » les liens

lors des xprimée lus comlaises du hon. M.

Cartier, parfaite-

es destiarceque, occuper favorisé fort.

nt, tous ansition, vaincre monde.

icie, de Europe nis, du oles et u sud.

l'ombre du pavillon britannique, comme le poisson dans l’eau et

ra 15 (

drésista en vain, pendant sep Sept” ans, S, l'Angleterre sance de sa flotte et de ses armées.

“ voulez-vous pas, tous tant que vous êtes, devenir,

: du Nord étaient semblables par leurs lois,

sans DS

(Nulle part il n'existe d'exception à à cette loi universelle, a laquelle

avec toute la puis-

‘ Aujourd’hui, elle est devenue un axiome d'économie politique

dot la profession de foi de tous les hommes d'Etat de lu Grande-Bretagne qui nous avertissent incessamment de nous préparer, par une forte “organisation politique et militaire, à l'émancipation qui approche.

‘ Nous sommes incontestablement d’heureux colons, libres à

l'oiseau dans l’espace ; et, cependant, vous, Anglais, vous Français, vous Ecossais, vous Irlandais, c’est-à-dire, vous Canadiens, ne si vous le pouvez un grand peuple ? Ce qui nous arrête seulement dans nos aspirations, ce sont nos difficultés locales, c’est la crainte de perdre, dans l'élargissement de nos destinées, des choses qui nous sont chères et que nous ne sacrifierions ni à la graudeur, ni à la puissance, ni à la gloire, ni au titre de nation.

‘ En est-il un parmi nous qui voulût rester ce qu’il est, s’il : était sûr que rien de cela ne serait en danger de périr dans l’ordre de choses nouveau ? Et si les colonies de l’ Amérique Britannique leurs constitutions,

leurs mœurs, le langage et la religion, est-ce que nous ne dirions

; L pas tous, d’une voix, à l’époque de maturité de notre existence

coloniale : Soyons nation ?

‘ Le titre de colon n’a rien en soi de criminel ou de déshonorant, et Cependant, uous sentons en nous-mêmes qu’il nous humilie, parce qu'il signifie enfance, assujétissement, tutelle. Le citoyen de la mère-patrie nous appelle : ‘ Nos colons, nos colonies. nos dépendances,’ tout comme il dirait : ‘ Nos flottes, nos arsenaux, nos machines de guerre,’ tandis que comme citoyen d’un peuple indépendant, nous serions nous-mêmes et à nous-mêmes.

‘ Le colon n’a pas d’histoire, et, eut-il autant de génie que Shakespeare, Bossuet, Leibnitz ou Pascal, fut-il aussi grand homme d'Etat que les Richelieu, les Pitt, les Fox, les Colbert, les Carnot, les Thiers et les Guizot, qu'il serait comme s’il n’existait pas pour le monde des intelligences. Ce n’est pas un sentiment individuel que nous exprimons ici, c’est quelque chose de plus large et de plus noble, c’est une aspiration nationale, et quelque chose qui agit sur tous les esprits et qui se place dans tous les cœurs...

“Non, nous ne pouvons pas rester toujours dans l'état colonial '4 Oui, nous voulons être un jour nation, puisque c'est là notre destinée nécessaire et le but de nos aspirations... ”

Voilà, clairement exprimée, la pensée génératrice dont est# sortie la confédération ; dans l’esprit de ses auteurs, ce n’était qu'une halte dans la voie conduisant à notre destinée manifeste.

Page 1