LE COMMERCE DE L'OUEST
Les Etats de l’Ouest, qui n’ont pourtant pas encore atteint la moitié du développement dont ils sont susceptibles, fournissent chaque année à l’exportation des quantités presque fabuleuses de céréales, de bétail et d’autres produits de ferme. Ce commerce d'exportation, dirigé sur l’Europe, recherche naturellement la voie la plus courte pour atteindre les ports de l’ Atlantique. Cette voie la plus courte, c’est incontestablement celle qui passe par le Canada, puisque, outre qu’elle est plus droite, elle est plus au nord, et, par conséquent, traverse la sphère dans une latitude où son diamètre est moins grand.
C’est en bonne partie ce commerce de l’ouest qui a fait la grandeur et la prospérité de Montréal ; c’est ce commerce qui fournit le trafic au Grand-Tronc, aux lignes de la compagnie du Pacifique, aboutissant à Chicago et Saint-Paul ; c’est aussi lui qui alimente la navigation de nos grands lacs. Pourtant, nous ne bénéficions que d’une partie comparativement minime de ce commerce, gêné et entravé qu’il est par les tarifs et les restrictions douanières.
Ces entraves disparaîtraient avec l’entrée de notre pays dans l’union américaine ; nous aurions alors la plus grande partie de cet immense commerce de l’ouest, le mouvement de nos ports
prendrait une activité ainsi que des proportions presque inimaginables ; notre territoire se couvrirait de nouveaux réseaux de chemins de fer, qui ouvriraient à la civilisation le pays de forêts qui s’étend presque sans interruption depuis la baie de Gaspé jusqu'aux rivages du lac Supérieur, en suivant une ligne droite entre ces deux points. Nos magnifiques havres de la Baie des Chaleurs, qu'aucun obstacle sérieux ne ferme à la navigation durant l'hiver, deviendraient les termini naturels des chemins de fer venant de l’ouest ; le pont de Québec se construirait comme par enchantement, toute cette partie du pays se transformerait en peu d’années, la solitude des forêts serait remplacée par l’agitation fiévreuse des manufactures et du commerce qui pénétreraient avec
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la locomotive dans toutes ces régions désertes, qui ne sont aujourd’hui troublées que par les pas du chasseur ou le bruit de la cognée de l’homme de chantier.
Toutes ces grandes choses, cette magnifique évolution économique, qui ne saurait dépasser la limite des rêves et de l’imagtnation, tant que nous resterons dans notre état de colonie anglaise, entreraient bien vite dans le domaine de la réalité du moment que nous ferions partie intégrante de l’Union Américaine,