‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 50 sur 76 · UNION POLITIQUE PAR TRAITÉ · texte numérisé non relu

UNION POLITIQUE PAR TRAITÉ

Cette union politique du Canada avee les Etats-Unis n’est donc possible qu’au moyen d’un traité ; l’histoire le prouve ainsi que, je puis ajouter, l’exige la courtoisie que doivent les Etats-Unis à l'égard de l'Angleterre. El n’y aurait qu'un casus belli entre les deux pays qui pourrait amener une tentative de conquête, et, d'après toutes les apparences actuelles, un tel casus bell n’est guère probable.

Ce traité ne pourrait pas être fait entre les Etats-Unis et le Canada dans l’état de colonie, Toute négociation commencée par le Canada, dans les circonstances actuelles, serait rejetée pé-

remptoirement par les autorités des Etats-Unis, qui diraient aux

envoyés de notre pays :

‘ L'Angleterre, dont vous dépendez, étant un pays ami, nous ne pouvons négocier avec vous sans qu'elle vous y autorise, C’est à l’ambassadeur anglais à Washington dûment autorisé à prendre l'initiative des négociations.’

C’est aussi l’opinion de M. Françis Wayland Glen, de Brooklyn, qui traite depuis quelques temps cette question dans la presse américaine avee une habileté démontrant qu’il a fait une étude approfondie de son sujet.

‘* [l est absolument hors de question, écrivait-il tout dernièrement dans le Sun, de New-York, que le Canada doit obtenir son indépendance avant que le gouvernement des Etats-Unis puisse traiter directement avec celui du Canada. Le cabinet de Washington ne peut en aucune manière traiter directement avec le Canada, tant que celui-ci Sera une colonie anglaise et tant que les Etats-

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Unis seront en bons termes avec l’Angleterre, sans donner à la Grande Bretagne une juste cause de plainte,”

On le voit: il faudrait donc passer par le cabinet de St-James qui, personne n’en doutera, refuserait Son consentement et si par impossible il voulait bien négocier un traité avec les Etats Unis pour la cession du Canada, ce qui est complètement improbable, il ne le ferait qu’en vue d’avantages spéciaux et considérables en faveur de l’Angleterre, Nous ne serions point cédes, mais vendus, et vendus comme un vil troupeau. L’Angleterre se ferait donner autant de millions que possible pour notre territoire, nos chemins de fer, nos mines, nos terres de la couronne, nos pêcheries et nos prétendues fortifications et le peuple Canadien serait livré par dessus le marché,

Ce traité nous livrerait pieds et poings liés À nos voisins, comme fut livré le peuple de la Louisiane par Napoléon [er et comme le fut aussi par l'Angleterre au Canada le territoire du Nord-Ouest en 1870, Dans ces deux cas, c’est triste à constater, mais c’est vrai, les peuples cédés ne comptèrent pour rien, le territoire et les autres choses estimables en argent furent seules les objets du contrat.

Nous ne voulons point d'un tel traité et vaut plutôt la mort qu'une semblable insulte. Nous ne devons entrer dans l'union américaine que de notre propre consentement, dans les conditions qui nous Satisfairont et au moyen d’un traité librement consenti entre le Canada indépendant et les Etats-Unis,

Or je l'ai prouvé: un tel traité est impossible tant que nous 1e serons point un peuple indépendant.

Il faut done réclamer notre indépendance et l'obtenlr par les movens constitutionnels à notre disposition,

Je vous ai déjà démontré d’une :nanière satisfaisante, je le

crois, que Ja confédération n'est qu'un état transitoire et doit amener, dans une époque plus ou moins éloignée, l’indépendance du Canada. Pour établir cette proposition, je vous ai cité les paroles de M. Cauchon, qui n’étaient que l’expression des opinions des autres auteurs de Ia confédération, je vous ai eité aussi les paroles de Lord John Russell, qui a déclaré que quand une des colonies de l'Angleterre voudrait se séparer d'elle, il faudrait y consentir et ne point répéter la faute de lord North, qui, par son obstination maladroite, amena la guerre de l’indépendance des Etats-Unis ; je

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pourrais vous citer les déclarations d’un grand nombre d’autres

hommes d'Etat d’Angleterre et même du Canada, dans le même sens.

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