L'IMMIGRATION
Les Européens s’en vont aux Etats-Unis de préférence, non parce que les terres y sont meilleures, plus productives, mais parce que les salaires y sont plus élevés et que les conditions sociales y sont plus avantageuses. IIS laissent les pays monarchiques pour une république ; ils trouvent cette republique aux Etats-Unis, ils ne la trouvent point au Canada. En laissant l’Europe, ils fuient les dangers de la guerre, toujours permanents, et veulent échapper aux impôts si lourds, nécessaires au maintien des armées, Ils craignent, en venant dans une colonie anglaise, de trouver les mèêmes dangers et les mêmes inconvénients. Ils savent par expérience ce que les conflits européens coûtent de sang et d’argent et ils cherchent une patrie d’adoption dans laquelle ils ne seront point obligés de payer ce triste tribut à l’ambition ou à la maladresse des souverains d’Europe. Sachant que le Canada n’est qu’une colonie de l’Angleterre, sujette à toutes les fluctuations et à tous les dangers d’un pays européen, ils l’évitent avec soin, car, voulant améliorer leur sort en émigrant dans le Nouveau Monde, ils recherchent de préférence un pays libre où la guerre est impossible et où toutes les forces nationales sont employées dans le progrès, dans la stabilité et dans une paix rassurante. Le jour où le Canada sera indépendant, il aura sa part dans cette immigration européenne qui, chaque mois, déverse ses flots d'hommes, de femmes et d’enfants sur les rives hospitalières de nos voisins.
Inutile d’ailleurs de se le cacher, ceux qui laissent le vieux monde le font surtout pour trouver une patrie nouvelle, un pays et des institutions libres. Ils considèrent le Canada comme une partie intégrante de l’Angleterre, partageant le sort, à tous les points de vue—politiques, moraux etsociiux—des pays de l’Europe ne jouissant pas @e la plénitude des libertés des autres peuples de
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l'Amérique et subissant encore le joug des institutions surannées de la métropole. De là la cause légitime et naturelle de l’éloignement du courant continuel, sur nos rives, de l’immigration européenne.
Obtenons notre indépendance et la cause de ce ruineux éloignement disparaîtra ; nous aurons notre part légitime de l’émigration du vieux monde et des capitaux qu’elle apporte nécessairement avec elle,