‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 68 sur 76 · PIE · texte numérisé non relu

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Il me semble qu’il y a dans cette perspective de quoi stimuler les aspirations de nos hommes publics, un champ assez vaste pour satisfaire tous ceux qui, se sentant capable: de servir dignement leur pays, ont la noble ambition d’entrer dans la carrière publique,

Est-ce qua tout cela ne vaudrait pas le sù'«7e dont le gouvernement impérial s’est montré si prodigue envers nos ministres coloniaux, surtout depuis quelques années ?

Et le service diplomatique, quelle carrière n’ouvrirait-il pas aux nôtres ?

On se plaint, avec raiñon jusqu’à un certain point, de l’encombrement des professions libérales, qui ne fournissent qu’à un petit nombre, comparativement, le moyen de vivre dans l’aisance et le confort. Ici, les jeunes gens qui ont suivi un cours classique n’ont pas d’autres carrières que celles du droit et de la médecine, de sorte qu’en répandant à profusion l’instruetion classique, comme nous l’avons fait, nous avons créé le paupérisme professionnel, absolument comme en Angleterre et dans les vieux pays du €ontinent, l’excès de population à donné naissance au paupérisme ouvrier.

Pour remédier à ce paupérisme ouvrier, les hommes gublies et les économistes de la vieille Europe se sont évertués à déeou vrir quelque moyen de fournir de l’emploi aux travailleurs. Lei, nous sommes en face du même problème, quant à notre eélasse instruite et professionnelle.

N'’est-il pas souverainement pénible de voir tant de jeunes gens languir et végéter dans les professions libérales ? Est-ce le manque de talents qui les empêche de rétssir? Non, assurément. La plupart sont des intelligences d’élite, servies et formées par une instruction classique des plus complètes, mais ils ne possèdent pas tous, et à un dégré suffisant, les aptitudes voulues pour réussir dans l’exercice de la profession qu’ils ont été forcés d’embrasser,

Vous me demanderez peut-être : pourquoi sont-ils entrés dans ces professions, pour lesquelles ils n’ont pas toutes les aptitudes voulues ?

Alors je répondrai que c’est pour la raison bien simple qu’il n’y en a pas d’autres, dans notre condition actuelle, qui s’offrent aux jénnes gens sortant de nos collèges et de nos universités.

L’encombrement des professions libérales est passé chez nous à l’état de question sociale, au point que pour diminuer cette pléthore d’avocats, de médecins et de notaires, le barreau, le collège des"médecins et la chambre des notaires se sont crus obligés, depuis quelques années, d'adopter des mesures prohibitives—d’élever le niveau”des études, de rendre les examens bien plus sévères et d'étendre davantage le terme de la cléricature—pour combattre cet entrainement forcé de notre jeunesse instruite vers les professions libérales, absolument comme dans les arts et l’industrie, les ouvriers ont adopté des mesures pour diminuer le nombre des apprentis.

Eh bien! le remède à cet encombrement des professions, l’indépendance mous le donnerait dans l’organisation du service diplomatique et consulaire. Que de belles carrières que d’honorables positions ce serviee ouvrirait à nos hommes instruits ! Au lieu d’être regardée comme un malheur, l’instruction classique deviendrait un bienfait ; elle serait relevée dans l’estime de la classe mercantile, qui la déprécie parce qu’elle ne lui trouve pas assez d'utilité pratique.

Alors, et alors seulement, l’instruction elassique et universitaire sera appréciée comme elle mérite de l’être ; elle s’élèvera audessus de la critique des utilitaires et sera reconnue comme un véritable avantage par ceux-là mêmes qui sont aujourd’hui disposés à la considérer comme un fléau.

[1 n’y a peut-être pas de pays au monde qui possède plus de maisons d'éducation supérieure, en rapport avec sa population, que le Canada, surtout la province de Québec. Ces maisons d’éducation fournissent tous les ans un nombre considérable de jeunes sens instruits, capables d’entrer dans les carrières publiques les plus élevées. L'instruction de ces jeunes gens coûte des sommes considérables à leurs familles ; eette instruction est un riche capital, produit de l’économie de chacun. Beauconp de ces jeunes vens végètent dans les professions libérales, comme je l’ai déjà dit, et restent à la charge des familles qni se sont seignées à blanc pour es faire instruie, non parce qu’ils marquent d’intellinence et d'aptituces, mais uniquement parce que toutes les professions

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