‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 124 sur 232 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

Les Mêmes, DORVAL au fond,

DORVAI..

Que vois-je?

CÉCILE , se cachant avec son éventail.

Ciel ! mon père.

DORVAL

J'étouffe de colère !

DORVAL

Quel scandale I Coiblen! monsieur mon pupille, qu'est-ce que cela vt ut Hire? aux çenoux d'iinc' femme que je ne connais pas \ quand ma fille.... el moi qui ai la bonhomie d'jller me piolucuer au bout du parc, taudis que Monsieur

ARMAND

Vous êtes dans l'erreur.

DORVAL

Diras-tu que tu n'e'tais pas à ses genoux?

ARMAND

Oui, mais je jurais de l'oublier, de ne point l'épouser î

DORVAL

Est-ce qu'on se met à genoux pour dire ces choses-là.... ( A Ce' cïle qui se cache toujours.) Parbleu! Madame, ne vous cachez pas ; il faut bien que je connaisse les personnes qui me font l'honneur de venir me voir !

CÉCILE , se découvrant en rianU

C'est trop juste, Monsieur !

DORVAL

Ahl... mafille!...

ARMAND

Sa fille!... VOUS m'avouerez que la ressemblance est incroyable, jusqu a Mousieiir qui s'y iroiupe !

DORVAL

Qu'esl-ce que tu parles de ressemblance ?

Je dis Monsieur, qu'il est fort drôle que vous preniez Mademoisebe voire sœur pour Madame votre fille.

DORVAL

Ma sœur !... est-tu fou ?

ARMAND

Mais ça ne fait rien !... vous m'avez surpris aux pieds de voire 5œ:.r, vous me deslini.z votre fiiie.... ,1 n'y . qu'un moyen d'ar- Jeter ce scandale.... c'est que je les épouse toutes deux.

CECILE

Il sait tout!

DORVAL

Deux femmes!

ARMAND , souriant à Cécile.

Je conviens que ce n'est pas trop l'usage.... mais voyez si ça peut sairaijger j y

DORVAL

Venlreblcu I je finirai par me fàclicr.

CECILE

Mon père calrarz-vousl... nous ne pouvons en conscienceluî icluser ce qu il demande !

DoRVAL, impalienlé.

Comment, toi aussi.

CtCILE.

Eh ! sans doute, ne voyez-vous pîs que Monsieur s'amuse, et Tie votre sœur et votre fille ne peuvent avoir qu'un mari à elles Q eux.

DORVAL, cherchant à deviner.

AI) I... ah!... altendcz donc... je comprends... quelque nouvelle fjlie de ma Cccile. '

JUSTINE , à Jrmand.

Fi, Monsieur, fi, ne pas se laisser attraper, quand nous y roeltious taut de bonne vulouic]

ARMAND

Non, cliatmnnte Cécile; jouissez de vofre Iriomphe, j'ai e'ié coraplîtcmpiit d.iiis l'erreur, it ce n'est qu'au hasard que je dois la petite veDgeance ciue je viens d'esercer.

CECILE

A la bonne heure, au moins !

DORVAL , à sa Jille.

Allons, folle, flonne-Iui ta main, et ne l'avise plus de faire la personne raisonnable....

DUBOIS, à son maître.

Ah! Monsieur, la belle chose que la philosophie! vous rae'-

prisicz la tortune, et vous voilà riche vous voulifz une taule,

vous epou^ez une nièce.... ma foi, votre exemple m'entraîne.... ( Prenant Justine sous le bras ) et je me fais philosophe.

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