‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 132 sur 232 · EU JOUR · texte numérisé non relu

EU JOUR

Je ne me trompe pas c'est Monsieur Sorbet ^ ce glaciec de la rue de Louvois....

SORBETI.

Perdoriale , 3Ionsiou , il signor Sorheli.

Dujom.

Mais vous êtes Français ?

SORUETI.

Perdonaléj zc souis Italien depuis quelques zours.

Miad. GIANETI-

Aliî mon dieu! oui, nous sommes...

/.c Boulevard Donne-Nouvelle. 3

SORBETI.

Silencio ! vi sapeleqtle z'élais limonadier de l'Opéra Bouffa^ el que z'avais une voix... supcîbe. Vi m'y avez eiiLendu ?

LA COMTESSE CHiMCHlLA.

X l'Opéra Buffa ?

SORBETI.

Si Si^'^nor , clans les corridors , qiinnd je criais orzeat ! limonade ! des giazes! oun linibre ;id;iiirahle , auquel on ne faisait point attention, ef per clié sconse dubbio à cause des paroles françaises. Zé ou un soir l'idée de crier après Itr premier acte de de Doin Jouan , orzata... limonada... délie Glacce... Subito tous les di'elianli, y nrazetaient... d'où 2,'ai conclou que pour les giazes et la mousique, il n'y avait de salo«t que dans l'Italie.

DUJOUE.

El vous vous êtes fait Italien ?

RBETI.

Tout-à-fait. 11 n'y a que la langue qui m'emVjarrasse un pou, per que ze ne la rais pas encore ; ma avec quelques mots que z'ai attrapé dans les finales elles cavatines... On peut se tirer d'affaire... Voyez vous... Tuli... Qaanti... Maledelto... Ascoltati , Ben mio... Gormio... je ne sors pas de là.

Mad. DCRANDI.

Oui , mais vous nous aviez promis de nous apprendre..*

SORBETI.

Silenzio, dunque , el je viens offrir au Zymnase mes ro.u» lades et mes sorbets.

LA. coMTESSEiite GHiNCHiLA, montrant Tricot. Voici monsieur qui est un des principaux administrateurs.

SORBETI.

Corpo di Baccho... il ne fallait pas me laisser parler devant lui.. IN ous venons , signer.... moi d'abord, é poui ces deu.\ dames, prime donne, ma cousine Jannelte, c'esl-à -dire^ Gianeti et ma tocur Mad. Durandi.

DUJOUR.

J'entends , madame Durand.

SOKBETI.

Si, ma ze lui ai donné des lettres de naturalisation , perché

^9 comme /e vous disais, pour roussir eu musique, il faut elr^

ilaliano.

Dujoun.

Permettes , Monsieur ; je ne suis pas loul-à-fail de voUe

avis.

Air : Dans ma chaumière»

Elle est française, La noble lyre de Grctry, Et cette voix qui dans l'Agnès»

Enivre vos dilettanli,

Elle est française.

SORBEtfl.

Si sicrnor les Français ont du l)on , quoique zé ne sois^ pi' deZ^p's, le conviens que dans ce ---^^^^ ^^ Suis un élan nmsical... auquel ,e me pla.s u rendre jusUce..

Air : T^oilà bien ces lâches mortels.

Chaque rue a ses trouljadours , Armés de luilis et de guitares, Grâce à leurs chants , vos carrefours En musique sont moins barbares :

Et tout reconnaîtrait déza Les douces lois de rharnionie , Si les orgues n'étaient pas la Pour rappeler la barbarie.

Et vous crovez^mon cw'' que voir, musique i.aliemie pourra s'adapter à nos petits opéras comiques et a nos xau devilles?

Oh ! parfaitement.

SOUBETI.

Air : S(ins mentir,

Z'ai iradouiten chants faciles Gluck, Mozart et Sacchini;

Et ze mets en vaudevilles Jusqu'au signer I\os»ini.

Ses œuvres que je corrige , Charmeront p'us d'un écho

Et frappé d"uu tel prodige y

Chacun t^ira quesaro ?

Il Turco , (bis.) Sur l'air cJe la Morsaco.

Àscollctie un poco. ( Ilc/^ante un air boufj^e. ) ( Après- Voir. )

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