SCÈNE IX
LA COMTESSE, CRICK, en dehors, se disputant at^ec un étranger.
CRiCK entre , se tenant la joue açec la main.
Je vous dis que j'ai ordre de ne pas répondre , et surtout quand on a, comme vous, une manière d'interroger à tour de bras.
SUDMER.
Morbleu ! je t'apprendrai à être honnête,
LA COMTESSE
Quel est ce bruit ?
SUDMER.
Je vous prie , Madame , de ne pas faire attention : c'est ce maraud-là qui me disait qu'il n'y avait personne..,. Suis-je loin de la terre de Reiusberg ?
LA COMTESSE
Vous y êtes , Monsieur.
SUDMER.
Coibleu! mon postillon est un g^arçon d'esprit, d'avoir
versé ma chaise prceisément à la porte du château! C'est
ici que je venais , mais je ue lui avais pas dit de me descendre dans uu fosse'.
LA COMTESSE
Je suis désolo'c de l'accident
Moi , j'cQ suis enchanté ! je pouvais me casser le cou , et je n'jii
qu'un tour d'e'paule , une douzaine de contusions... j'ai toujours m du bonheur, moi.
Air : Traitant Vamour sans pitid.
J'arrive , et d'abord je voi Femme belle autant qu'aimable.
( Il fait un geste de douleur^')
^^A. COIHTESSE.
Mats YOus. SQuffrez.^.
Comme uu <&.b$&x hA CG3SÎTE3SE , à CdsK Vite, «juelciu'un^
csîCK», sans se àêrangep..
Sur ma foi,, Des deax méd'cins du village L'on n'est plus... l'aut' déménagejj D'sorte qu'à présent , je gage Y ga'ia ça& un seul docteur.
SUDMEF-
Pas un seul ! ah ! sur mou ame Je vous l'ai bien dit, Midarae, J'ai toujours eu du bonheur.
( Montrant sa jambe. )Ce n'est riea... j'y suis fait , et (juand; vous me connaîtrez....
LA COMTESSE
J'attends que vous daigniez me dire....
Au contraire, c'est vous qui allez avoir la boatd de m'appreu-» dresi M. Adolphe est au château,
LA COMTESSE
Oui , Monsieur j mais...
SUDMER.
Ahîmille bombardes ! il est ici. ( A Crick. ) Viens, mon garçonj aide-moi à marcher, mène-moi vers lui.
LA COMTESSE
Mais il est impossible de lui ])arltr.
SUDMER.
Impossible î à son mci!!oi»r ami.
LA COMTESSE , à fart Que peut-être il ne coDuaîl pas,
Il n'y a pas d'ami qui lieniie, pni<-.q„'on vous dit qu'il est ea aîîaire ^ qn il se mane... Est-il entêté ?
SUDMER.
^ Comment ! il se marie ! Ce cher A.loîphe l il va se marier , eî j arrive juste au moment ! mou étoile est toujours là...
C'est que je nepiMix pas manquer à la céromjnie , j'y suis essentiel. (^ Crick.) Et tu es bien sûr... n'esl-il pas vrai"?..
CÇIICK.
Pardi ! vrai comme je m'appelle Crick.
SUDMER , vivement.
Comment, tu t'appelles Cri.k ! et lu es au service d'Adolphe . Vous m'avomrrz, Madame, que voilà qui est bien particulier.... il s .qjpelle C ick ! ( Lui prenant la iéle entre les mains. ) Ah ! tu
tappelles tiens... mon pauvre garçon.... prends ceci... (Lui
donnani. de V argent. ) Ça encore.
CRICK
Eh bdi ! voilà la première fuis que mon nom m'en vaut autant.
SUDMER.
Je sui<: fâché de ce soufflet.'... mais vois-tu.... il était parti.... moi j le premier iiiouvement e^tlnnjoul■s bon.
CRlCIt.
J'aime autant votre second.
SUDMER.
Quant à vous, Madame, je vous suppliedeue rien direà Adolphe.
LA COMTE' SE
Eh I Monsieur , que voulez vous qi.e je lui dise ?...
SUDMER.
Comment , je ne vous ai pas confié...
LA ÇOMTESSÇ.
Rien , Monsieur ; il y a u„e heure <pie vous me faites des questions, et je ne sais pas même votre nom.
SUDMER.
CVst délicieux... Je ne me serais jamais cru tant de discrétion ! ÈIi bien, Madame, je ne vous en dirai pas davantage mais
bientôt.. ( Donnant ini petit soufflet à Crck. )Ce pauvre Cnr"k.,,, lie lui IrouvfZ-vous pus un air hêie ?.... Mais rapprltz-vous bien que la noce no peut pas avoir lieu saus moi , que vous m'y vtrrez, et que je reliens d'air.ince la picruicre contre-danse avec la mariée Oui, Madame, je danserai... je ue dis pa3 la gavoUe....
mais cufîn je figurerai.
Air : De sommeilla' encor , ma chère.
Jadi<; I j'aiirai'î fait davantage, ■Cm- j'ai ilansé dans mon priiifcmps.
Peut pi ip irop.. ma s avec Tàge On perd si'S jaml^rs .'.e quinze ans.
Du moins la douce souvenance Et le ^.'ùt n'oui pu m'en passer j Et je chi'ris encor la datise, Aléme eu ne pouvant plus dauser.
( Il fait un pas , et revient. ) Et moi , qui oublie de vous de-» mander si la future d'Adulphe est jolie , spirituelle.
LA coMTTLhSï.^ impatientée.
Eh ! Monsieur....
SUDMER.
Eh f mais j'y pense.... si c'était vous ? Vous riez., allons , c'est clair... j'ai deviné; j'en suis enchanté.... vous me conv('nez à merveille, cl c'est une ajftaire faite j je ne vous demande que dix minutes de secret.
Air : ^011 , non , point de façon.
Bien , bien , Ke dites rien , Soj'ez discrette , Enfin soyez niuetlej Bien, bien.
Ne dites rien , Je pars, je vole.
Et dans peu je revien.
Restez donc... et toi.
Viens Tite avec moi.
CniCK.
Il est sans façon.
9UDMEB.
Viens donc, mon garçon:
Brusque, mais humain ^ J'ai toujours eufin Le coeur sur la main.
CRicK, se tenant la joue,
JTai ben vu soudain.
LA COMTESSE, riant.
Bien, bien, Je ne dis rien.
Je suis discrette Et je serai muette j Bien . bien , Ne craignez rien , A vos discours Nous ne comprenons rien.
SUDMER.
Bien , bien.
Ne dites rien, Sojez discrette.
Enfin soyez muette j Bien , bien , Ne dites rien, Je pars , je vo!e , Et dans peu je revien.