SCÈNE XVI
M. DE SAINT-PHAR , LE VICOMTE , ANTOINE , qui se tient à l'écart.
LE VICOMTE
Oui , mon cher . . . c'est lui-iuême , je l'ai parfaitement reconnu...
M. DE st. PHAR.
Quelle peut être la cause de < e déguisement ?
LE VICOMTE
Oli ! je m'en doutpbien... Il était depuis un an à Strasbourg, où il avait une place siip-rlie...
M. DE st.- PHAR.
C'est là où il aura vu ma fille • elle y a passe' un mois cLez une de ses tantes...
LE VICOMTE
Je comprends... elle coquin sera devenu amoureux sans notre pcrmis>i)n... mais ce qui est bien pis encore... c'est que j'avais arrangé pour lui nu m riage superbe... la plus riche héritière du département... Toui était convenu avec les parents...
Air : De 31. Guillaume.
Quand j'apprendg par une estafette
Que le futur a disparu...
Qu'il s'est sauvé sans t:inibour ni trompette,
Et qu'à Paris ii s'est rendu !...
Mais dans Paris comment donc, sans encombre, Chercher un fou qui vient de sVchapper ?...
La ville est grande, et sur le nombre Ou pourrait se iroiuper.
Aussi je crois qu'il serait parti avec toi , si le marquis de Limoges n'était pas venu me découvrir qu'il lui avait donné une lettre de recommandation pour se pre'seuter chez toi, en qualité de secrétaire. . .
M. DE St.-PHAR.
Serait-il possible?...
LE VICOMTE
Rien n'est plus vrai... et dans ce moment, il est installe dansl'hôiel.
M. DE St.-PnAR.
En cflct . . . voilà une escapade qui passe la plaisanterie . . - Antoine ?
ANTOINE , s avançant.
Monseigneur ?
M. DE St.-PnAR.
Vous avez vu le nouveau seciélairc ?
ANTOINE
Oui, Monseigneur, tt voici déjà le rapport que "vous l'aviez eLarge de faire.
M. DE St.-PHAR.
C'est bon. {Le donnant au Ficomte.) Connais-tu celle e'criture?
LE VICOMTE , lui rendant.
Oh! c'est bien la sienne!
M. DE sl.-piiAR , à Antoine.
Et qui vous a engage à le recevoir?
ANTOINE
Est-ce que j'ai mai fait ?... Monseigneur , ce n'est pas ma faute , c'est Mademoiselle, elle-même , qui me l'a recommande... et très vivement...
M. DE St.-PHAR.
Ali I c'est ma fille I . . . {Froidement. ) Vous avez bien fait, Antoine. {Bas au Ficomte. )Di« donc , mon ami , c'est ma fille...
LE VICOMTE
J'entends bien... Qu'est ce que nous ferons ? Air : Faudet^ille de partie carrée.
M. DE ST.-PHAR
J'avais aussi des projets sur ma fille, Et cet amour va les déranger tous, Commençons donc, en ptres de famille, Far BOUS tâcher...
LE VICOMTE
Oui, morbleu! fàchons-noiis. M. DE ST.-PHAR.
Puis pour punir uue telle escapade, Pour nous venger... unissons-les, Et commençons mon ambassade Par un traité de paix.
LE VICOMTE
Ta crois ?... A la bonne lu-ure !...
M. DE St. PHAR.
Pcarvu que ton fils me convienne cependant... Mais où diab'c
est donc mon secrétaire ? ( A Antoine. ) Comment ne l'ai-je pas encore vu ?
ANTOINE, s'approchant.
Il attcml pour se présenter que M. le Vicomte soit parti. . . parce qu'il craint, m'a-t-il dit , de se trouver avec lui.
LE VICOMTE
Je le crois bien... je vous le chapitrerais d'importance.
M. DE St.-PHAR.
Je m'en charge... et pour cela fais-moi le plaisir d'aller te promener dans le jardin.
LE VICOMTE
Comment diable ! c^est que j'ai une faim d'enfer... et le grand air va encore l'augmenter.
M. DE ST.-PH4B
Noos déjeunerons en famille... cela vaut bien mieux... Antoine... vous soignerez le déjeuner en conséquence...
LK VICOMTE
Oui., oui... mais puisque nous commençons tard... Air , yauilei'ille du Bouquet du Roi.
( à Antoine. )
Mon cher que ]e cléjeuner
Ait au moins plus d'un sei-Yice,
Et fais rjt:e le déjeuner
Ne finisse
Qu'au dîner I...
(A M. de St.-Phar.)
Dieux! quelle bonne fortune!
Kéuiiir ainsi chacun Kos deux familles en une , Et les deux repas en un.
Mon cher que le déjeuner...
Ait au moins plus d'un service.
Et fais que le déjeuner Ne finisse 2 I Qu'au dîner !
S < M. DE ST.-PnAR et AKTOIKE.
^ i II faut que le déjeuner W H Ail au moins plus d'un service, 11 faut que le déjeuner
Ne finisse
Qu'au dîner.
( Le Vicomte sort. )