‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 202 sur 232 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

FRONTIN , puis DENISE.

FRONTTIV.

Dieux! quelle pénible alternative; d'un côté, ma place , de 1 autre ma tlmme !.. Ma femme et ma place. . ,

DENiSE.

Ah î vous voilà ! . . Que madame la Comtesse est donc bonne €t avenante... tt que je suis contente d'être à son service... Et puis ce qui me fait encore plus de plaisir, c'est que v'ià tout qui est déclaré , et que par ainsi il n'y a plus besoin de

iiime.

' EDOUARD, à part.

Hein ! qu'est-ce qu'elle dit donc là...

( Fendant tout ce temps, Frontin cherche à lui faire des

Signes).

DENISE

Hé bien , monsieur Froiilin. .. qu'est-ce que vous avez donc?.. Vous ne répondez pas... Vous êtes fâché de ce qu'on vous a forcé d'être mon mari..,

FRONTIN

Votre mari... votre mari... Vous savez bien , mademoiselle Denise, que ce n'est que jusqu'à un certain point.

Comment 1 jusqu'à un certain point... Puisque c'est devant monsieur le Comte et madame la Comtesse , et qu'ils y consentent tous deux.

fRONTlN.

Cest égal , Denise , si l'on vous entendait , on s'étonnerait de votre naïveté... Ce n'est là qu'un hymen provisoire... Enfin ce qu'on appelle un mariage pour rire.

DENISE

Eh bien!., par exemple ! qu'est-ce qui y manque donc.

Air : Tenez moi je suis un bon homme.

De nous qu' dira-t-oïi à la ronde !

V'JA c' que c'est que de se cacher,

Quand on n' fait pas comme toul l' monde.

Ça finit toujours par clocher!

Ce que j' croyais svoir m'échappe. . .

J' m'tnibrouille avec tout's ces trim's là. . .

Et j' veux mourir si l'on m' rattrape,

A me marier encor comm' ça,

FRONTIN

Mais, Denise...

DENISE , pleurant.

Qu'est-ce que va dire ma tante , c'est pour elle , car pour moi ne croyez pas que je vous regrette. Ah ben oui , un mari pour rire... Ou n'est pas en peine d'en trouver.

( Elle fait un pas pour sortir ).

■ Eh bien !.. il ne manquerait plus que cela .. Denise... écoùtez-moi!.. (Haut,, de façon que son maître l'entende). Il faut dire comme elle , car elle serait capable de tout découvrir. ( Haut à Denise ). Certainement , Denise , je ne refuse pas d'être votre mari, et Thonneur que vous me faites... d'autant plus que monseigneur , qui doit me connaître... et s'il ne tenait qu'à moi... Mais mou devoir , la probité qui fait que... Enfin, vous devez me comprendre...

DENISE

Pas tout à fait, mais je crois que <;a veut dire que vous êtes fâche' de m'avoir fait du chagrin... Aussi j'oubhe tout... car je suis trop bonne... Allons^ mousicur, end)rassez-raoi , et que <;a finisse.

FRO^^TIN , à part.

Dieu ! dieu! quel parti prendre...

EDOUARD , à part.

Ali! ra, je ne la reconnais plus?..

DENISE , qui a tendu la joue.

Comment , monsieur , vous refusez de vous raccommoder , quand c'est moi qui ai fait les premiers pas. [pleurant). Allez, c'est affreux , et je vais aller me plaindre à monseigneur. EDOUARD , à part.

Par exemple... c'est trop fort.

DENISE

Et il me fera rendre justice. .. Car il me le disait encore tout à l'heure en me baisant la niain.

FRONTIN , criant.

Hein... comment!..

DENISE , pleurant plus fort.

Mais c'est que lui il est galant... il est aimable...

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