‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 228 sur 232 · DU PRÉ , JULIETTE · texte numérisé non relu

DU PRÉ , JULIETTE

duprÉ , à part.

Voilà donc ma prétendue,., elle est ma foi charmante...

JULIETTE, à part.

Oh I le vilain homme.

DUPRÉ , à part.

Elle a surtout l'air de me voir avec un plaisir.

JULIETTE, pleurant presque de dépit.

C'est affreux... Monsieur, de venir mettre le trouble dans une maison!., ces jeunes gens ne sont pas des voleurs... je vous en avertis...

DDPRt.

Eh ! Mademoisel'e, vous ne savez pas ce dont ils sont capa« Lies... ils m'ont volé , juoi, qui vous parle...

JULIETTE

C'est impossible!

DUPRÉ , la regardant.

Air : f^audeville du Pie'ge.

Si vous saviez ce qu'ils m'ont pris, "Nous n'oseriez plus les défendre j C'est un objet du plus grand piix, E.t (Qu'ils ne peuvent jlus me rendre :.

Totir excuser on trait si noir Nulle cliance ne m'est offerte...

Car ils m'ont même ôlé IVspoir De jamais réparer ma perte.

JULIETTE

Pourquoi donc, Monsieur... d'abord je ne crois pas un mot de ce que vous dites... mais c'est égal... on peut vous rendre ce que vous prétendez avoir perdu... en leur donnant du temps... et alors...

DUPRK, souriant.

Alors... alors... ce ne sera plus la niéuie chose... et je ne pourrai plus l'accepter.

JULIETTE, avec dépit.

Vous voyez bien que c'ei.t mauvaise volonté... envie de nuire... mais vous n'en êtes pas où vous croyez... j'ai du caractère aussi, moi... quand je m'y mets... je vais trouver mon père... je prouverai leur innocence... je dirai à tout le monde.,.

DUPRK.

Que vous aimez le jeune Alphonse...

JULIETTE, étourdie* Comment! Monsieur?.,.

DUPRÉ

Que vous avez totjs deux abusé de la crédulité de votre père... pour écoiiduire un galant homme qui n'a d'autre tort que de ne vous avoir pas connu plutôt.

JULIETTE , confondue .

Je ne dis plus rien. Monsieur , je ne dis plus rien... quoi vous savez !...

DUPRÉ, souriant.

Je suis un peu sorcier... j'ai vu du premier coup-d'œil que monsieur Diipré.

JULIETTE

M'était odieux! c'est la vérité...

DUPRÉ

Tandis que monsieur Alphonse que vous n'avez aperçu qu'uneseule fois à la danse... vous avez eu le temps d'étudier ses mœurs... son caractère... {Juliette baissa les jeux.) EU

bien , je puis lui rendre la liberlé... mais il faul faire quelque chose pour moi.

JULiKTTE, 'vivement.

Comment I

Air : Que veut-il dire ?

Que -veut-il dire?

II m e regarJeen souriant.

Expliquez-vous 5 mais quel délire!

It presse ma main teiidreinent.

Que veul-il dire ?

DBPRii , à denii-voix.

Un mot de vous peut le sauver.

JULIETTE , trcs-e'mue.

Même air.

Que faut-il dire?

Je n'ai rien à vous refuser. •

(A pari. ) Comment ! il hésite... il soupire.

( Haut. ) Parlez

( Du pré lui baise la main. ) Quoi , monsieur , un baiser ?

( ylvec impatience. ) Que veul-il dire ?

DUPRÉ, vivement.

Eli bien, charmante Juliette... je vous adore...

JULIETTE, enrayée.

Sans me connaître Monsieur.

DUPRÉ ,Jinement.

Oh ! je vous ai vue une fois... vous savez bien qu'il n'en faut pas d'avantage pour apprécier les qualités , le caractère...

JULIETTE, avec colère.

C'est une horreur!... c'est une iiidiynilé!... abuserde la position d'un malheureux jeune homme... mais je le délivrerai... moi... oui... moi... Monsieur, je trouverai quelque nioven... DUPBÉ , s' approchant de la table.

Nous verrons Mademoiselle, en attendant je vais expédier l'ordre de le transférer...

JULIETTE, tremblante.

Ahl mon dieu !...

DUPRÉ, à part 3 écrivant vite.

J'en sais assez maintenaivl... écrivons à monsieur Velouté.

ÛERTRUDE , en deJiors.

Par ici , monsieur Bonnard, par ici.

DUPRÉ, écrivant- Monsieur Bonnard ?

JULIETTE, avec joie.

L'oncle d'Alphonse... ali ! le %'oilà sauvé.,, courons prévenir nos prisonniers de celle bonne nouvelle. ( Menaçant Dupré. ) Ah I nous verrons , Monsieur. ( Elle sort. )

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