SCENE VIIT
GUSMAN ,- ELVIRE , BASQUE , Valets.
Jls entrent de différents côtés.
ELVIRE
Qu'avez-vous donc , mon père ?
BASQUE
Nous voilà tous.
GUSMAIV.
Approclicz, mes enfants; écoutez-moi avec attention, et retenez bicç les ordres que je vais vous donner.
|k ELVIRE.
Eh ! non Dieu ! vous paraissez dans une agitation...
GUSMàN.
Oui, la joie, le saisisissement... Ma chère Elvire, Basque , vous tous , ayee les plus grands égards , le respect le plus profond pour ces deux étrangers.
ELVIBE.
Quels e'trangers ?... nous n'avons ici que mon cousin et son valet.
Son valet !... prenez garde... Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce que vous dites 7 le gouverneur de Son Altesse I
BASQUE
De Son Altesse I
GUSMAN
Oui ; ces étrangers sont .deux seigneurs. Cela te surprend?,.. Deux personnes du plus haut mérite I... On ne s'en douterait pas^ Lciu ?
ELVIRE
Est- il possible?
GUSMAN
Le premier est le fils du vice-roi du Pérou , que j'attendais , comme tu sais, et qui ne s'est arrêté à Madrid que dans le dessein de devenir mon gendre ; l'autre est son gouverneur , don Carlos , un des grands de U cour; un homme fort considérable;, saas doute.
BASQlUE,
Le fils du vice-roi du Pérou I
ELVIRE
Mais quelles preuves avcz-vous ?...
GUSMAN. '
J'en ai mille. D'abord une lettre dv son père, des papiers... une commi.vsioti roy 'le... des titres qui prouvent... l'ordre de Calalrava que j'ai parfaitement recohmi... el puis à sa démarche aisée , je l'ai deviné, je lui trouvais un air trop noble pour être de la famille.
Mais ce malheureux que nous avons renvoyé avec tant de dureté^ est donc voire neveu ?
GUSMAIf.
C'est assez vraisemblable.
ELV^iRE , rtpec joie.
J'en étais sûre !
GUSMAN
Mais je m'en vais retirer sur-le-t.li;unp la parole que j'ai donnée à mon frère : le prince l'exige , et je ne puis balancer.
ELVIRE
Comment, mon père, et Pedro?
GUSMAW.
Oh! Pedro u'e*l point prince, lui, c'est un sot.
ELVIRE
Quoi ! vous vous laisseriez encore abuser?,.. Tenez , mon père , je me défie des seigneurs qui viennent de si loin, et je suis certaine... GUSMAN , effrayé.
Ou ! mon Dieu! taisez- vous donc I... si l'on vous entendait... Voulezvous m'exposera perdre la faveur d'un homme qui n'attend que votre main pour me combler d'honneurs et m'élever aux premières dignités?
ELVIRE , (wec ironie.
En vérité !
GUSMAN
Je suis persuadé qu'd Lie destine une place magnifique ; peut-être celle de grand-trésorier ! el je vous laisse à penser ce que c'est... le trésor du Pérou !
ELVIRE
Tout ce que vous voudrez, mon père; mais prince ou non, je ne l'épouserai pas.
GUSMAïf , se fâchant.
Vous l'épouserez, corLltu I ou j'y p.erdrai mon nom!
ELVIRE
Je ne souffrirai pas que l'on me s^cnfic.
GUSMAN
Vous sacrifier!... Ah ! vous sacrifier csl fort bon, quand il s'agit d'un prince I
ELVIRE
Mais si je ne l'aime pas ?
CUSMAN.
Cda viendra.
ELVIP.E.
Non , mon j)ère, je ne l'airccrai jam;iijî
GrSHAN.
C'est iin pelll inconve'iiieiU qui ne ■r.ii^i.ifie lien pour un m irj-:;c;o avantageux. Eb I paibleu ! sans aller plus loin . . . votre mère ue m'a jamais aime, et cela ueTa pas inquiétée un seul instant de sa vie.
ELVIRE
Je mourrais plulôî !...
GUSMAN , en colère.
Qu est ce que c'est!... qu'est-ce que c'est, mourir!., c'était bon autrefois; mais aujourd'hui, mademoiselle, on se marie et l'on ne meurt plus.
ELVIRE, en pleurs.
Mon père!...
GUSMAN
Point de réflexions, s'il vous plaît : vous m'avez entendu, oliéissez. Courizà votre toiletle, prcntz tous les diamants de volieraère, ne ire'gligez rien euflu pour paraîlie belle, enjouée, spirituelle; et soncir que M vous laisiiz échapper cette conquête, je vous abandonne, je vous renonce pour ma fille : allez.
ELVIFxE.
Ah! je le déleste plus que jamais. {A part..) Tachons d'informer Pedro de ce qui nous menaLC.
EUe sort.