‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 31 sur 232 · SCENE XVÏ · texte numérisé non relu

SCENE XVÏ

Les Mêmes, RAPHAËL, vêtu magnififjuement, MORALES, Valrts.

Raj>ha'él efàre d'un air aisé, et salue de tous côtés; les valets de

Gusman le précèdent.

RAPHAËL

Charmant I divin î,.. En lionnturl mon cher G'ismau, voilà unf" fèJc qui prouve votre bon goût !... Je me crois dans le palais de mon père ]

GUSMAN

Votre Altesse est trop indulgente I

PEDRO , à part.

Quelle assurance I

RAPHAËL , à Eh' ire.

Je vous cîierrliais , chr-/rriîanfe 'Elvire î pourquoi donc vous Irrir éloigne'e de moi? Au point où nous en sommes ! ... au mooicnt deire uiâsl...

pe'dro , vivement.

Jamais, vil imposteur!

RAPHAËL , se retournant.

Qu'est ce que c'est ?

GUSMAN

Ne faites pas attention I... Un fou, un eccrvele.

RAPHAËL

Ab! c'est le jeune homme de tantôt, le petit cousin!... Je conçois sts regrets , sa douleui-.

PEDRO

Vous n'en jouirez pas long-lernps !

PAPHAEL.

Allons , mon clier , j'en conviens , j'ai, des torts envers vous ; je me suis permis d'emprunter votre nom , de vous faire ccouduire^ c'est fort mal.

eUSMAN.

Ali! Seigneur! que de bontés!

RAPHAËL

NoH, j'aime à reconnaître les fautes que l'amour m'a fait commettre. Eîi bien, je dédommagerai le petit cousin, je me charge de toute la fatuille; et si Pedro se rond digut- de ma bii nvcillance, je le pou'iseiai, je le Icrai jiartir pour le Pciou , les Graudes-ïndcî... ISou-.- verrous..

GUSMAW.

Tu l'entends, ingrat! il t'enverrait iuix Grandes IndoS^t PLDRO , avec Tjic'prh. r

Vou-s me faites pi'ii !

RAPHAËL

Go m ait nî donc ? ■ ^

PEDRO

Je vois qu'il serait inutile d'exiger de vru^ la salisfaclion qu'un homnie d'honneur ne me retuserait pas ; il me reste un autre inojen de démasquer un fourbe...

MORALES , bas.

Il parle de !a justice !.. Ne le iaisse pas partir , où nous sommes perdus î RAPHAËL, bas.

Sois tranquille. ( J. Giisman. ) Le jeune homme est violent.. Et s'il ne vous appartenait pas...

l'ÉDBo , mettant la main sur sou êpée. Suis-moi donc, si tu l'oses !

RAPHAËL , fièrement.

Eu tout autre moment, vous verrez, seigneur Pedro , que je ne fu"s jamais un tête à-lêle quel qu'il soit ! ( Souriant. ) Mais, aujourd'hui , vous permettrez de me consacrer entièrement à ma nouvelle famiJe.

PEDRO

C'en est trop, lâche intrigant ! ie titre dont tu te par* s ne saurait arrêter ma juste veiiL^cance; je cours auprès t!es magistrats...

RAPHAËL , à part.

Peste, ceci devient sciicux ? ( Haut, et V arrêtant. ) Non, jeune homme, non, vous ne surlirez pas.

PEDRO

Comment!

RAPHAËL

Je dois vous e'pirgncr une démarche qui vous couvrirait de coiifusion.

GUSMAÎV.

Laiss<z-le aller... il n'aura que ce (pùl me'rite; aprîs l'offense qu'il vous afaitc, je u'cnteads pas qu'il reste uuc minute clicz moi. RAPHAËL, vivemejit.

Je ne le souffrirai pas!., (/est votre ncvou, le fîîs de votre frère... il doit loger ici , ]e l'exige. Voire intétêf, le sien, les soins de ma réputation... Voulez-vous que je deviruue la cause d'mi semblable scandale, et que l'on m'accuse à la »:our d'avoir porté le trouble dans une famille aussi respectable!.. Ah ! Dieux ! un neveu chassé de chez son oncle !.. Allons , ne .soufl^icz pas qu'il sorte j je le veux... Vous ne savez pas combien c'est essentiel pour moi i

pÉdro. '

Je devine ton espoir!.. Tu rcdouies mes plaintes; tu vouflrais ra'cnchaîner dansées lieux... Je cours réclamer l'appui des lois , el lairc châtier ton indigne imposture !

GUSMAN , furieux.

Ah! malheureux, tu oses l'oublier à ce pv^inl!.. ne reparais jamais devant moi!

Ne vous emportez pas î

ELVin.E.

An nom de votre tendresse !..

GUSMAN

Sors , te clis-jc !

ELVTRE , désolée.

Ali ! PcJroî.. que vals-je devenir, si vous m'abandonnez?

p^DRO , troublé.

Mon onrie , je vous en runjnrc par ce que vous av^z de p!iis cli^r, suspend' 7, cet hymen j il y va de votre honneur, du salut de votre fille. GUSMAN, hors de lui.

Non , corbleu!.. et pour mieux prouver ma contîance à S. A., dussîrzvous tous en ci'ever de dépit, dès ce soir, je vais mettre le prince en possession de la dot d'Eivire.

RAPHAËL, bas à Morales.

A meiveillt!.. c'est tout ce qu'il nous faut.

GUSMAN

Cela vous convient-il, mon prince ?

RAPHAËL

J'accepte, et dos demain ncn .'•iî^nerons r" contrat.

PI DRO , tirant scu épéc el voulant se jeter sur lui, Miscrabkl..

EL VIRE, rtcec wt cri.

Pedro!,..

GUSr.IAN.

Ail! mon Dion!., arrêtez!., sortez, Pe'iro, je -vous l'oràonne! ( u4 ses valets.) Vciiiez sur lui: qu'il quitte à i'iusioiit ma maison. S'il parvient jusqu'au prince, je vou^ mets tous à la porte!

./^u mouvement de Pedro , Raphaël a aussi tiré son c'pée ; ils snnf continus par Elvire , Gusman, Morales cl les valets q-i/' les chtourent.

Fin du second acte.

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