SCENE XVI
tes Précédents, CHARLES,
M« • , CHARLES , d'un air consterné.
Monsieur... ( A part. ) Je n'aurai jamais ce courage...
EE COMTE
rjt foi aussi... Asfii n^r/^n 1,^1-^^ aam,,., q„.,is son, tour^fsctlat "^ "''■ - '' """' ^'' °"
,, . CHARLES
j, , PETERS.
lincore une fois?..
^ ., LE COMTE
<iJuoi.' pour éviter ma colère..,.
', , . PETERS
crac.!'.' '''^'^'^"' ^'' ^^'''' ""' î"^"ï^' «^^«vaise affaire....
LE COMTE , à Charles.
LQjament, tu as vu toi-même ?..
ly, CHARLES.
vLhlrrt'"'''' ^^""^''"^' i"^q^^'^^^ rocher qu'on appelle Je pont de Barzova... Arrêtez, s'écrie-f-il, si queL'uu de vous s avat.ce vers moi... je me precp.te... Un .mpruSa f^U t
Eh bien!
. - CHARLES
Disparu dans les flots.
. pe'ters.
Au pont de Barzova... Eh bien, par exemple, faut m'A ait
Ail î diable
CHARLES, il part.
LE COMTE
Hein ! comment I que dis-tu ?
PETERS
Oui, Monsieur, c'est un ruisseau d'eau douce... oii les jours de grand orage... comme aujourd'hui... on en a jusqu'à li cheville... Mais CCS gens-là ont des privilèges; ça se noyerail dans un verre d'eau.
LE COMTE , regardant Charles.
Et mon neveu... a etc f^gioufi...
CHARLES, embarrassé.
Dame!... oui, l\Iousieur.,. peut-être qu'à cet endroit-là.... à moins que je ne me sois trompé de place...
LE C03ITE , froidement.
Et tu l'as vu ?
CHARLES
Monsieur. . . ne peut pas croire. . . que sans ccli. .. certainement...
LE COMTE, à part.
Il n*a rien vu .... je respire... mais Adolphe s'est entendu avec lui... l'a déjà gagné... et, si j'en crois mes pressentiments... c'est là qu'il esl...l Montrant le eabinet.) Morbleu! je l'en ferai sortir. {Haut.) Je ne révoque plus en doute un témoin si fidèle... J^ai donc perdu mou neveu, ma seule cousolation, l'espoir de ma vieillesse... Que n'ai-je pu le voir au moins encore une fois... li lie sait pas, l'ingrat, tons les chagrins qu'il m'a fait souffrir; il ne sait pas que depuis la nouvelle de sa perte, je n'avais pluS rien qui m'attachait au monde; et que, vingt fois , j'ai été tenté de le suivre. ( On entend donner un tour de clef. A part.) I! est là !.. KA^xY s'approche.
Monsieur...
LE COMTE
Oui, mon eu/ant.,.je suis bien malheureux.
NANCY
Oh! oui... vous devez l'être (^^ari.) comme je l'étais tout àl'beure... je n'y tiens plus d'abord , et je m'en vais lui dire...
LE COMTE
Si, au moins, j'avais été sûr de sa tendresse,., mais non... il ne m'a jamais aimé... jamais il n'a pensé qu'il avait en moi un arai^ un second père, et quel instant de ma vie, cependant^ ne fut pas consacré à son bonheur?.. Ce voyage à Vienne... c'était pour lui... celte place de co'oael.., que j'ai sollicitée etque j'ai obtenue, c'était
pour lui... il me croyait irrité. Morbleu! je l'étnis... je devais l'être... E!i bien! si j'avais pu le retrouver... le bonhcnr de ie voir, de l'embrasser, m'aurait tout fait oublier. ..tout, jujqr.'à ma coière... ( La porte s'ouvre.) {A part.) La porte s'ouvre! {Haut.) Je lui atirais dit... Depuis .si-^mois, tu m'as reudu bien mallieureux. Hc bien, c'est moi, moi qui te demande grâce... Rcpreuds ton num, ta liberté; dispose de ta main... de ton cœur... mais lends-moi mon neveu.
SCÈINE X¥IL
Les Mêmes, ADOLPHE.
ADOLPHE, s' élançant.
Mon Oncle , 11 est à vos pieds !
TOUS , s'éloignant.
Ali î mon Dieu!
PETERS
J'en étais sûr... Par exemp'e, cette fois il n'a pas é(é long à revenir.
LE COMTE
Mon neven , mon clier Adolphe!., car c'est lui , mes amis , n'ayc* pas peur... celte fois, c'est bien lui... )<■ vous en téponds... LQunDOKFF à Adolphe.
Certainement... dès que vous m'assurez que vous êtes vivant... votre parole suffit... mais quel était donc... le pauvre gaiçon dont "j'ai escorté le convoi à Témeswar?
ADOLPHE
C'était moi... qui, secondé par un 'crgpnt de la garnison... n'ai pas trouvé de meilleur moye» pour sortir de la forteresse et rejoindre mon régiment qniclait au feu.
LE COMTE
Bien... mais ce brave soldat laissé pour mort dans les champs de Molw.lz?
ADOLPHE
C'était moi... et cette Tois là c'était de franc jeu... Recueilli par les Prussiens, nos ennemis... et sauvé par eux... je voulus, lors de la paix... revenir incognito en Hongrie... et voyageant sous le nom du m.ijur Scliw.iizcnbach...
pÉters.
Coramenî... ce Monsieiir avec qui j'^i causé dans la rue de Presboiirg...
ADOLPHE
Celait moi...
péters.
VAi bien, alors... celui qui dernièrement à Barzova...
ADOLPHE
Ce n'était pas moi... mais un fnpon de domestique qui avait pris mon nom et mon majorât... pour toucher à ma place certaine leltrede-cbange... et qui , depuis, se sera fait serrer de pi es pojir quelques espiègleries du même genre... Ne pouvant plus porter ce nom, je pris celui de lord Ruthwen...et...
PETERS
De sorte que vous n'étiez pour rien dans tout cela... c'est dommage...
ADOLPHE
Comment, c'est dommage. .
péters.
Oui... c'est dommage, parce que ça n'est plus si drôle...
LE COMTE
Adolpbe... je ne te demande pas alors quel était ce grand hussard qui, pour me délivrer... frappait de si bon cœur sur les dragons prussiens...
ADOLPHE
Ah! mon Oncle.... sans le souvenir de cet heureux événement.... aurais-je osé aujourd'hui.... me présenter à vos yeux....
LE COMTE
Tu vois bien que c'est moi qui suis ton débiteur.... la reconnaissance ne m'effraye pas.... touche-là.... Ne nous quittons plus... mai'ie-toi à ton gré, et embrasse ta femme..,.
ADOLPHE
Ah ! Nancy.... je puis donc enCn être à toi.
NANCY
Ah ! mon Dieu. ... est-ce bien pour tout de bon ?...
LE COMTE
Comment.... c'est elle que tu aimes ?
ADOLPHE
Oui , mon Oncle , oui , mon cher Lourdorff... Nous avons chacun Le Vampire. 5
lafpnime qui nous convient.... et nous serons heureux, je l'espère... Mii'* croyrz-inoi.... pour faire bon ménage.... il n'est rien tel que de mourir^.. On iie connaît jamais sa femme de son vivant...
VAUDEVILLE
Air : Vand. d'Infortune et Gail^^
J'nVus jamais l'ame militaire , El s'il faut aller à la guerre , Voulût-on m'fair' sergent-major ,
JVix , je suis mort ,
Moi, je suis mort j Mais dvès qu'on dans' sous la tonnelle Et drès qu'un bon dîner m'appelle , Ou qu'une fillette m'attend ,
Je suis vivant.
Bien vivant,
Toujours vivant, (bis.)
ASOLPQE.
Ce grand acteur qu'on dit si riche , Que l'on voit si peu sur l'afEche , El dont souvi nt on parle encor ,
Serait-il mort ? (bis.) "Vampire de nouvelle espèce ,, De la province usant la caisse, Dès qu'i e recette l'attend...
11 est vivant , Bien vivant , Toujours vivant.
LOURDORFF.
Ce paisible fonctionnaire , Qui n'a jamais su que se taire...
Et qui «iepuis vingt ans s'endort ,
Sernit-il mort, (bis.) Est-il une place vac;inte ?
Ou bien du mois qiiaiivl vient le trente , Faui-il touche r son traitement ,
Il est vi\ ant , Bien vivant ,
Toujoius vivant.