ALBERT, LOUISE
ALBERT
Vous quittez Lyon, mademoiselle?
LOUISE
Dans quelques minutes .. Je voir- qu'hier on m atait dit vrai quand on m'assurai! que vousaviez renoncé aux ait* poursuivre une autre carrière. Celle que vous axez choisie peut tons tonduirc plus vite à la fortune... Je le souhaite sincèrement, monsieur; mais j'avoue que j’ai peine à comprendre que, doué
L’AVKUf.LE.
comme von» l'étiez, vous ayez préféré la richesse à la réputation.
ALBERT
La réputation est lente à acquérir, mademoiselle, et la sollicitude maternelle m’a tracé une roule que j'ai du suivre.
' LOUISE
A regret, n'est-ce pas? si l’art n’enrichit pas, grâce n lui, on peut rêver des triomphes que l’.or ne donnera jamais. Ces triomphes, monsieur Morel, vous v pouviez justement prétendre, et moi, votre élève indigne, j'étais, je vous jure, toute fière de mon mai Ire. Laissez-uioi donc espérer que lorsque vous vous serez créé une honorable indépendance, vous reprendrez vos crayons et vos pinceaux. Nous ne manquons pas de llnimcûrs, et les giands artistes sont rares: les uns font peut-être la prospérité du pays... les autres font certainement sa gloire. Je suis femme... grâce à vous, un peu artiste, et à mes jeux, nu chefd'œuvre aura toujours un bien autre prix qu’un coffre-fort.
ALBERT
Ah! mademoiselle!
lia DOMESTIQUE.
U. Rousseau attend mademoiselle.
G 'est bien. Je pars avec cette conviction que vous n'avez pas dit à l’art mi éternel adieu; moi, monsieur Morel, je vous dis au revoir.