‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 24 sur 86 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SUZANNE, pais LOUISE.

sczAfim.

La lampe «'est éteinte faute d'huile, je Tarais remplie hier au soir, il faut donc que monsieur Albert ait travaille toute la nuit à dessiner, comme si ce n était pas assez de passer la journée entière a peindre?... Voyons donc où en est son tableau. (a*

t» «onlever 1* »*r*« qui r«cw*ro k UbUna. Louke entre.) Ah! c'est VOUS,

mademoiselle?

LOUISE -

Oui. j'apporte des fleurs pour la jardinière de monsieur Albert; il n’est pas à son atelier?

SUZANNE

Non, mademoiselle, il était tout pAle quand il est sorti. Il ne m’a pas même vue quoiqu'il soit passé auprès de moi. Je suis sûre qu'il est encore reste toute la nuit sur pied...

LOUISE

Tu crois... je le ferai gronder par le docteur Darcy.

SUZANNE

11 ne vous écoute donc pas, mademoiselle?

LOUISE

Moi?...

SUZANNE

Dame ! vous lui avez sauvé la vie?

LOUISE

Geneviève a fait plus que moi.

Oh! que non.

LOUISE

Nous nous étions arrêtés, mon père, Geneviève et moi .dans an village & quelques lieues de Nîmes, c'était là aue Tonde de Geneviève devait venir la prendre, et comme il n était pas encore arrivé, mou père déciaa que nous y passerions un jour ou deux à l'attendre. Le soir, nous allions nous séparer, lorsqu’on apporta à l'hôtel un jeune homme qu’on avait trouvé évanoui, mourant, près d'une tombe dans le cimetière du village... On sc mit en quête d'un médecin, il s'eu trouvait un dans liiôtel même, c'était le docteur Darcy que des affaires appelaient à Lyon. U examina le jeune homme et nous dit pour nous rassurer qu'il répondait du malade bien qu'il eût essayé de s'empoisonner... Pour prévenir la famille de ce malheureux, le docteur avait dû s’informer de son nom, de sa demeure... Il avait récemment quitté Lyon et s'appelait Albett... A ce nom, je pâlis, je sentis mes jambes chanceler, j’allais tomber ina-

nimée... (cbMCttni à* u».) Tu sais» je connaissais monsieur Albert...

SUZANNE, Manant.

Oui, mademoiselle, oui.

LOUISE

Pendant ce temps, elle, Geneviève, était déjà au chevet du malade, lui prodiguant ses soins... Depuis, nous avons obtenu de son onqe et de mon père que notre voyage fût différé jusqu'à ce que monsieur Albert fût tout à fait hors de danger. Nous l avons veillé l'une et l’autre; mais j'étais si émue, si tremblante, chaque fois que je m'approchais de ce lit de douleur, mon âme était en proie à de si cruelles angoisses... lorsque je le voyais souffrir, que je ne savais plus que pleurer et prier, tandis que Geneviève, toujours calme, toujours maîtresse d'elle-inûme...

SUZANNE, awa inkaiio».

Parce qu’elle ne le connaissait pas comme vous, elle...

LOUISE

Geneviève suivait mieux aue moi les prescriptions du docteur, et tu vois que c'est à elle bien plus qu’à moi, que monsieur Albert doit d’être sauvé.

SUZANNE. -

Excusez, mademoiselle, mais j’ai mes idées là-dessus...

LOUISE

• Tes idées?...

SUZANNE

Oui. vous ne saviez guère soigner le pauvre malade, c’est possible... mais je crois que vos larmes lui faisaient plus de iticn que les meilleures ordonnances du docteur...

LOUISE, inmblra.

Ah ! mais il faut que j’écrive à Geneviève, je lui ai promis, lorsqu'elle nousa quittés, de lui donner des nouvelles d’Albert, il y a quinze jours que nous sommes arrivés à Nîmes et je n’ai pas encore rempli ma promesse. Vile, donne-moi ce qu il faut pour écrire?...

SUZANNE, p* pi d'an f«l«l Imtcau.

Voilà, mademoiselle.

LOUISE, iiim «t «criwol.

« Ma bonne Geneviève. (i;#»»».»*# |u»k n u part» du bod.) Ma s bonne Geneviève, je commence en vous embrassant comme p je vous aime...

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