SCÈNE PREMIÈRE
LOUISE, oïdonmi", SUZANNE.
MtAftHB»
Madame, madame, voilà deux lettres pour vous, etje... (s’snèitDi.) Ah! pauvre madame Morel... elle ses! endormie.
(A'apfforhaat Son ouvrage n '-i soulTi ira pas. (Elle m«t
le* ItUm «ur U ta».ît, l« tttti.r *t »» iVimir il» i'aalc* cAirf 4* U ut-lc.)
Je vais le continuer... Oh! comme il est avance depuis hier!... Elle aura encore travaillé tard.
LOUISE, lo'.jonr» CBdorraie.
Juliette... ne quille pas ton père... ne le quitte pas.
stizsaxK
Dans son sommeil, elle pense encore à son mari, à sa fille. Dame, c'est tout ce qui lui reste à aimer dan» le monde... voilà déjà »ix ans que nous avons perdu ce bon monsieur Rousseau. Avant de mourir, le digne homme a pu bénir notre petite Juliette. Il a pu la voir, lui!... tandis que monsieur Albert ne verra jamais ce beau petit auge-là... Monsieur Darvy est toujours en voyage, mademoiselle Geneviève est religieuse, de sorte que mis chers malt tes se trouvent sans famille, sans amis, il ne leur reste plus que moi... Oh ! mais je ne les abandonnerai jamais! oh! IIOII, jamais ! (Eu prltal ell* Im.e loaUef
•M d* K* bobine». )
LOUISE, «VttiHini M tirait.
Ah! (Rcgirdaal auioar d'elle.) SuiamiC !
suzakkb.
Madame !
u toise.
Est-ce que j'ai ddrmi longtemps?
Maarets.
Non, madame.
LOUISE
Je me croyais plus forte, (mm.) Rends-moi mon métier.
SUZANNE, travmllam loujoou.)
Je n'ai plus rien à faire dans la maison... et de broder un peu, ça me repose... (a part.) Et elle aussi.
LonsB.
Où est Albert?
SUZVNWE.
* A la promenade, ici tout près... avec mademoiselle Juliette, qui est toute lière de vous remplacer, et de conduire son petit papa.
LOUISE
Chcre enfant !
MJXARRB.
C'est un vrai trésor! Jolie comme un amour, et intelligente à faire plaisir. Elle apprend tout ce qu’elle veut. Elle vous ménage même une surprise pour l'anniversaire de sa naissance.
LOUISE
Ahî je remercie tous les jours Dieu qui me l'a envoyée; pour moi, ma fille est un bonheur ; pour Albert, C*«t une consolation. Tiens, je ne sens plus ma fatigue.. . c’est jiour Albert, pour Juliette que je travaille... il faut que celle üuudc de dentelle soit livrée ce soir, car... (a**) nous n'avons plus d’argent & la maison (»o»pii»Bt n im icaJ**in a»»i») tu le sais, toi.
SUZAKKB.
Vous me dites ça parer que depuis un an vous ne pouvez pas me payer régulièrement comme autrefois. Vous m'aviez promis de ne plus m'eu parler. Est-ee que vous ne me récompensez pas en bonne amitié? (eh* ! o. u»« i» ««>■.) Tenez, pendant
LOUISE, eein-Bl nu« Irtlrt.
Non, cette lettre est de monsieur Girard.
SDZAltNB.
Oui a léparé notre maison?
LOUISE, liuDt.
« Madame, lorsque j’ai relevé le corps de bâtiment que Mncondie avait détruit, je vous ai promis de vous laisser au temps pour me pffNer; mais j'ai besoin de mou argent, et inon avoué, qui connaît votre gêne, craint d'être obligé de saisir et de faire vendre votre maison...» (eh« •Vita*.)
6UXAKNB.
Miséricorde! vendre notre maison!
Louise.
Cet boinme est dans son dioit. Il craint de voir lui échapper le seul gage qui garantit sa créance... Notre gêne, grâce à ton dé vouement, j'ai su jusqu'à ce jour ht cacher à Albert. il en il que j‘«l nu rainer le oétastre causé par ce htil incendie eu moyen aes débris de notre fortune passée. Il ne sait pas que la flamme a dévoré les quelques valeurs que m’avait aissées mon père... Albert noua croit a l'aire enfume non l’étions, et celle pensée hii fait supporter son malheur. Mais cemment lui cacher la saisie et la vente de celte maison? comment l’en f.nre sortir* Il en connaît si bien toute* les parties, qu'il la parcourt sans guide. Ce qu’il ne peut plus voir il l'a vu, il se le rappelle... Ailletirva nuit lui semblera plus profonde... plus triste encore... puis cet incendie, cause de notre ruine, il se le reprochera... Oh! vois-tu... quand il saura qu'on nous chasse do la maison de rnon père, il en mourra ! oui, il en mourra !
flCZAIWE.
Oh! monsieur Albert a 3u courage.
LOUISE*
Où le conduire?... où aller?... le prix de cette malien, vendue ainsi forcément, ne suffira peut-être qu’à payer monsieur Girard... et cette maison était tout ce qui nous restait. -Gomment faire vivre mou mari, comment élever ma fille? le travail de nus jours et de mes nuits nous donnera à peine du pain.
SBEAIOIB.
Oh! d'abord, nous serons deux à travailler... Et puis... soyez tranquille... si on vous chasse de chez vous... eh ben! nous irons chez moi.
LOUISE
Chez toi?
8UZASSE.
Oui dà. Je suis propriétaire, moi; mes parents m’ont laissé, pas une maison, non... mais une clntimière, au hameau de Vignerolles; elle était bien louée dix drus par an. Nous irens là, Madame; vous direz à monsieur A Ibert qu’on ordonne la campagne à mademoiselle Juliette, et il partira tout do suite. Si (<i chaumière est vieille et laide, il n’en pourra rien voir, et il trouvera là tout ce qu’il aime... le grand air, le soleil, les (leur*; enfin ce que le bon Dieu donne aux pauvres,
LOUISE
Excellent cœur !
nttmn
Ne pleurez donc pilla, et Usé! la seconde lettre, ça ne pet)! pas être encore un malheur.
LOUISE, jpn*, ***lr «u*«n U l.tlrm, la rtpIU «ur U Ubie lui I* llte.
Comment celle lettre est-elle parvenue ici?
SUZAITVE.
Par la poste... Vous ne la lisez pas ?
LOUISE
Non.
SUtâfWE.
Je devine, c’est du jeune homme de l'église, n’ast-ce pas?
LOUISE
Oui.
SCZAlfftB.
Voilà un entêté ! Vous lui tournez le dus quand il vous regarde, vous ne lui répondez pas quand il vous parle ; vous évitez de sortir depuis huit jouis pour ne pas le rencontrer, et au lieu de se tenir tranquille, il vous persécute de ses écritures. Je ne vous en avais rien dit, hier 11 avait voulu glisser dan» mon panier une lettre pour vous, et un jaunet pour mol: mais ht lettre et le jaunet. Val tout jeté sur le pavé... Quoiqu'il peut donc bien vous écrire?
LOUISE
Que m’importe? (l‘üc.iIo*« il* n *uu «mo« bo * 4eno.) Albert devrait être rentré; s'il était airivé quelque chose à lui ou à ,< a fille! à sa fille, qu’il ne pourrait pas protéger, le pauvre père!
BUZAX5B.
Il u’y a [HW tte danger, madame.*.. c'est égal, (iiw *• u>*«.) Je va* courir au-devant d'eux pour que vous ne «oyez plu* inquiète. Je va? passer parla maison; d ordinaire, c'est par la grande rue qu'ils reviennent, (rue .*1 par U puma.)