‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 64 sur 86 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DARCT, bai A Aman-J.

Dites donc , monsieur, vous savez que nous avons un petit compte à régler ensemble?

ARMAND

Parfaitement, (a Albert.) Ce nVst pas moi , monsieur, qui vous accuse. Et, si éloquentes que soient des... prières et des larmes, croyez que je serais enchanté de vous savoir quelque autre moyen de justification.

ALBERT

Cette justification, monsieur, Dieu n’a pas voulu me l'accorder, puisqu'il a permis que je devinsse aveugle; puisqu'il n'a pas voulu, si je rencontrais un jour le coupable, que je pusse m'écrier en le montrant du doigt : Le voilà! c'est lui! je le reconnais, car je l'ai vu un instant après le vol.

ARMAND, * pan.

Que dit-il?

DCPERRIER.

Tu l’as vu?

ALBERT

Oui, mon père. Au moment où il s'enfuyait par la fenêtre de la caisse, la lune éclairait son visage, et ses traits sont demeurés profondément gravés dans ma mémoire. C'était un jeune homme à peu près de mon âge. Sa vue m'avait vivement impressionné; mais, craignant que peu à peu sou image s'effaçât de ma mémoire, ou peut-être pressentant le malheur qui devait m'atteindre, quelques jours avant de devenir aveugle... j'af fait le portrait de cet homme.

ARMAND, »Tfc rfrei.

Son portrait!

DARCT, qui la r*(trd«.

Qu’a-t-il donc?

DLTBRRtER.

Ce portrait... tu me le montreras.

DARCT.

Si on l’envoyait chercher à votre ancien atelier?

LOUISE

Oui, je puis à l’instant...

ALBERT

C’est inutile, inc disposant à partir pour Lyon, j'avais pris ce polirait, je l’ai là...

Là?...

ARMAND, torriAé.

ALBERT, tru'lint l« poiintl.

Tenez, mon père... (Dnporricr r-l ArnnJ mtrleil b portrait en ninx ru Sarnl— f nu rffroi, lou« deux poutacat ua cri.)

DLPEttfUER.

Grand Dieu!... qu'ai-jc vu? {a Arm»*.) Le reconn; lissez -vous, monsieur?

DARCT.

Mais... mais c’est vous, c’est votre image, monsieur., ,

LOUISE «l GENEVIEVE.

Comment?... que dit-il?

ARMAND

A moi.. . à moi!... allons donc?

Les Mêmes, ARMAND, qui > pim »» rni,

ALBERT

Eh! quoi, mon père, j’élais dans votre maison, près de vous, et mon cœur ne ine l’a pas dit?

ARMAND

Recevez mes compliments, messieurs; jamais, je crois, réconciliation ne fut plu» louchante.

Durai rj er.

Vous, monsieur ?

ARMAND

Moi -meme mon père!

ALBEHT, furprit.

Son père...

DVPCRRIER.

Vous osez...

ARM • ND, nue hIpm.

Je vous appelle du titre que la loi tous impose. Ah! je comprends maintenant les motifs qui pourraient vous faire désirer de l’abdiquer... Mils, par malheur, cela n'est pas en votre pouvoir... {atisc fera*»;.) Et j’ai seul, ici, le droit de porter voire nom.

Dl POIRIER.

Vous le portez dignement, en effet...

ARMAND

Aussi dignement, je pense,que pourrait le faire un homme., que vous avez, vous-même, accusé... d’un vol, je crois.

ALBERT, Won Au foi.

Monsieur I

DUPER HIER

Oui... oui, c'est vous.

ALBERT

Son portrait!... mais il est dune ici celui qui a causé le malocor de toute ma vie, le malheur de Louise et de ma fiUc? ce misérable, cet infâme!

DUPERRtU.

Albert!

DARCT.

Mon ami, au nom du ciel!...

ALBERT

Ah ! ne me retenez pas ! à défaut de mes yeux éteints, h colère et la haine ine guideront... et je veux...

DARCT, à bnperrtor, »*rc força.

Monsieur, je vous déclare qu’il sc perd, monsieur, je vous déclare qu il re tue !

PUrCRRIER.

Albert ! au nom de l'autorité que me donne sur vous mou litre do père, je vous ordonne de sortir...

ALBERT, IT« force.

Mais vous ne comprenez donc pas...

MIPKRRIER, t«*c force.

Encore une fois, je vous l'ordonne, mon fils...

ALBERT, coorbael b liu.

Je vous obéis, mon père, je vous obéis...

DVPSRKiER.

Louise, et vous, docteur, ciuineucz-lc, emmenez le...

L’AVEUGLE

ALBERT

Ohî docteur, fût-ce au péril de ma rie, je veux voir, je veux

Voir! (il tort cnndnit par Loaue cl Oartjf.)

DARCT, Mtliil,

Venez, venez donc.

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