SCÈNE VII
DARCT, bai A Aman-J.
Dites donc , monsieur, vous savez que nous avons un petit compte à régler ensemble?
ARMAND
Parfaitement, (a Albert.) Ce nVst pas moi , monsieur, qui vous accuse. Et, si éloquentes que soient des... prières et des larmes, croyez que je serais enchanté de vous savoir quelque autre moyen de justification.
ALBERT
Cette justification, monsieur, Dieu n’a pas voulu me l'accorder, puisqu'il a permis que je devinsse aveugle; puisqu'il n'a pas voulu, si je rencontrais un jour le coupable, que je pusse m'écrier en le montrant du doigt : Le voilà! c'est lui! je le reconnais, car je l'ai vu un instant après le vol.
ARMAND, * pan.
Que dit-il?
DCPERRIER.
Tu l’as vu?
ALBERT
Oui, mon père. Au moment où il s'enfuyait par la fenêtre de la caisse, la lune éclairait son visage, et ses traits sont demeurés profondément gravés dans ma mémoire. C'était un jeune homme à peu près de mon âge. Sa vue m'avait vivement impressionné; mais, craignant que peu à peu sou image s'effaçât de ma mémoire, ou peut-être pressentant le malheur qui devait m'atteindre, quelques jours avant de devenir aveugle... j'af fait le portrait de cet homme.
ARMAND, »Tfc rfrei.
Son portrait!
DARCT, qui la r*(trd«.
Qu’a-t-il donc?
DLTBRRtER.
Ce portrait... tu me le montreras.
DARCT.
Si on l’envoyait chercher à votre ancien atelier?
LOUISE
Oui, je puis à l’instant...
ALBERT
C’est inutile, inc disposant à partir pour Lyon, j'avais pris ce polirait, je l’ai là...
Là?...
ARMAND, torriAé.
ALBERT, tru'lint l« poiintl.
Tenez, mon père... (Dnporricr r-l ArnnJ mtrleil b portrait en ninx ru Sarnl— f nu rffroi, lou« deux poutacat ua cri.)
DLPEttfUER.
Grand Dieu!... qu'ai-jc vu? {a Arm»*.) Le reconn; lissez -vous, monsieur?
DARCT.
Mais... mais c’est vous, c’est votre image, monsieur., ,
LOUISE «l GENEVIEVE.
Comment?... que dit-il?
ARMAND
A moi.. . à moi!... allons donc?
Les Mêmes, ARMAND, qui > pim »» rni,
ALBERT
Eh! quoi, mon père, j’élais dans votre maison, près de vous, et mon cœur ne ine l’a pas dit?
ARMAND
Recevez mes compliments, messieurs; jamais, je crois, réconciliation ne fut plu» louchante.
Durai rj er.
Vous, monsieur ?
ARMAND
Moi -meme mon père!
ALBEHT, furprit.
Son père...
DVPCRRIER.
Vous osez...
ARM • ND, nue hIpm.
Je vous appelle du titre que la loi tous impose. Ah! je comprends maintenant les motifs qui pourraient vous faire désirer de l’abdiquer... Mils, par malheur, cela n'est pas en votre pouvoir... {atisc fera*»;.) Et j’ai seul, ici, le droit de porter voire nom.
Dl POIRIER.
Vous le portez dignement, en effet...
ARMAND
Aussi dignement, je pense,que pourrait le faire un homme., que vous avez, vous-même, accusé... d’un vol, je crois.
ALBERT, Won Au foi.
Monsieur I
DUPER HIER
Oui... oui, c'est vous.
ALBERT
Son portrait!... mais il est dune ici celui qui a causé le malocor de toute ma vie, le malheur de Louise et de ma fiUc? ce misérable, cet infâme!
DUPERRtU.
Albert!
DARCT.
Mon ami, au nom du ciel!...
ALBERT
Ah ! ne me retenez pas ! à défaut de mes yeux éteints, h colère et la haine ine guideront... et je veux...
DARCT, à bnperrtor, »*rc força.
Monsieur, je vous déclare qu’il sc perd, monsieur, je vous déclare qu il re tue !
PUrCRRIER.
Albert ! au nom de l'autorité que me donne sur vous mou litre do père, je vous ordonne de sortir...
ALBERT, IT« force.
Mais vous ne comprenez donc pas...
MIPKRRIER, t«*c force.
Encore une fois, je vous l'ordonne, mon fils...
ALBERT, coorbael b liu.
Je vous obéis, mon père, je vous obéis...
DVPSRKiER.
Louise, et vous, docteur, ciuineucz-lc, emmenez le...
L’AVEUGLE
ALBERT
Ohî docteur, fût-ce au péril de ma rie, je veux voir, je veux
Voir! (il tort cnndnit par Loaue cl Oartjf.)
DARCT, Mtliil,
Venez, venez donc.